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Transition numérique: L’État veut évaluer la performance digitale de ses administrations

L’objectif est de favoriser l’auto-évaluation, d’améliorer l’efficacité administrative, d’identifier les besoins d’accompagnement des structures les moins avancées et d’aligner les mécanismes d’évaluation sur les standards internationaux.

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Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration prépare le lancement d’un référentiel national destiné à mesurer la maturité digitale des administrations publiques.

L’annonce a été faite mercredi par la ministre Amal El Fallah Seghrouchni lors d’une réunion de la Commission de la justice, de la législation, des droits de l’Homme et des libertés à la Chambre des représentants.

Ce nouvel outil vise à accélérer la transformation numérique des services publics à travers une plateforme permettant aux administrations d’évaluer régulièrement leur niveau de performance digitale.

L’objectif est de favoriser l’auto-évaluation, d’améliorer l’efficacité administrative, d’identifier les besoins d’accompagnement des structures les moins avancées et d’aligner les mécanismes d’évaluation sur les standards internationaux.

Dans le même élan, le ministère a lancé une deuxième évaluation du niveau de maturité des registres de données administratives. Cette initiative doit renforcer l’échange d’informations entre administrations, simplifier les procédures, améliorer la gouvernance des données et garantir une gestion plus sécurisée et fiable des informations publiques.

Faisant le point sur l’avancement de la numérisation des services publics, la ministre a mis en avant le renforcement des plateformes nationales communes, notamment le portail des procédures administratives « Idarati », le référentiel national des services publics numériques ainsi que la plateforme « Mon identité numérique ».

Le référentiel recense désormais plus de 600 services publics accessibles en ligne, dont une centaine destinés aux administrations.

Amal El Fallah Seghrouchni a également souligné les résultats enregistrés par le portail de l’emploi public dans sa nouvelle version lancée en 2025. Entre 2019 et 2025, la plateforme a comptabilisé plus de 833.000 candidatures en ligne, couvrant 115 administrations publiques et 1.348 concours ayant adopté la dématérialisation des candidatures.

S’agissant de la simplification des procédures administratives, le ministère s’appuie sur la méthodologie du « Parcours de l’usager », qui a permis de réduire le nombre d’étapes, de documents requis et de déplacements nécessaires pour accomplir certaines démarches. Cette approche contribue également à raccourcir les délais de traitement et à diminuer les coûts supportés par les usagers.

La stratégie « Maroc numérique 2030 » fixe des objectifs ambitieux : simplifier 40 % des procédures administratives, réduire de moitié les délais de traitement, accélérer le remplacement des procédures papier par des services numériques et porter le taux de satisfaction des usagers à 80 %.

Pour atteindre ces objectifs, un guide méthodologique a été élaboré afin de généraliser les démarches de simplification. Selon la ministre, les projets pilotes menés jusqu’à présent ont permis de réduire en moyenne de 45 % le nombre de documents exigés. L’ambition est désormais de passer d’une simplification théorique à une mise en œuvre concrète à travers des plateformes numériques performantes.

Parmi les résultats déjà obtenus, la ministre a cité l’exemple de l’inscription à l’examen du baccalauréat libre, dont la durée est passée de deux jours à moins de vingt minutes grâce à la suppression de cinq documents et de six démarches administratives.

Sur le plan réglementaire, le ministère poursuit le renforcement du cadre juridique de l’administration numérique. Plusieurs textes sont en préparation, dont un projet de décret visant à généraliser l’identité nationale numérique et à encadrer les modalités d’identification des usagers sur les plateformes administratives.

Un autre projet de décret porte sur les données publiques ouvertes et doit préciser les règles relatives à leur organisation, leur diffusion et leur gouvernance.

Cette réunion parlementaire était consacrée à l’examen des suites données aux recommandations du rapport 2024 du Médiateur du Royaume. Celui-ci appelle notamment à accélérer la transition numérique des administrations afin de réduire les contacts directs avec les usagers, de renforcer la transparence et de lutter contre la corruption.

Le rapport recommande également d’améliorer les délais de traitement des demandes et des réclamations tout en garantissant la continuité et la qualité du service public, notamment au profit des populations les plus vulnérables.