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Politique et réseaux sociaux : La HACA étudie la dynamique digitale des partis

Une nouvelle étude du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle passe au crible les pratiques numériques des partis politiques. Plus de 5.000 publications et vidéos issues de Facebook, TikTok, YouTube et X ont été étudiées et analysées.

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Une nouvelle étude a été publiée par le groupe de travail «Régulation et médias numériques» que préside Narjis Rerhaye au sein du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle. Intitulée «Les réseaux sociaux et la communication politique : entre opportunité d’influence et risques de désinformation», cette nouvelle publication étudie l’impact des plateformes numériques sur la vie démocratique au Maroc, la désinformation, la polarisation algorithmique et la dynamique digitale des partis politiques représentés au Parlement.

L’étude passe en revue les mobilisations citoyennes d’ici et d’ailleurs, qui ont fait des réseaux sociaux des places publiques. Une analyse des plateformes sociales en tant qu’espace d’expression mais aussi comme terrain fertile pour la désinformation, la manipulation algorithmique et la polarisation politique est également proposée. Le portrait d’un Maroc connecté est dressé, les mécanismes de la désinformation sont reconstitués.

«La thématique des réseaux sociaux et démocratie au Maroc s’impose à nous au regard du développement vertigineux des nouvelles technologies. Des défis majeurs liés à la qualité du débat démocratique se posent. Dans le même temps, la désinformation et la manipulation algorithmique représentent une véritable menace, autant de points noirs qui risquent d’affaiblir le débat démocratique ou fausser la perception de réalités politiques», explique Rerhaye, qui met en garde contre «une démocratie sous algorithmes » . «L’opacité des algorithmes et la concentration du pouvoir entre les mains des grandes plateformes posent un problème de transparence et de contrôle citoyen. La régulation de la transparence, l’éducation au numérique et la diversification des sources d’information constituent des pistes de réponse indispensables», fait valoir la membre du CSCA.

La dernière partie de l’étude est consacrée à la présence numérique des partis politiques dans 4 réseaux sociaux, à savoir Facebook, X, YouTube et TikTok, ainsi que leurs sites web respectifs. Une collecte de la data a été effectuée de janvier à mai 2026 avec pour principal objectif de procéder à une lecture de la dynamique digitale des partis politiques marocains représentés au Parlement à l’issue des élections législatives du 8 septembre 2021.

Il s’agit de douze partis politiques constituant l’échantillon de ce travail. Le périmètre de l’étude a été volontairement délimité de janvier à mai 2026 afin de mener une analyse dans un contexte loin de l’effervescence électorale en évitant que cette conjoncture et son intensité n’influent sur les données, les résultats et les conclusions de l’étude.

Concernant Facebook, 2.651 publications postées sur les pages officielles de 12 partis représentés au Parlement ont été examinées, 925 vidéos publiées sur les comptes de 6 partis utilisant TikTok ont été répertoriées, 507 vidéos publiées par 5 partis présents sur YouTube ont été analysées et 1.012 posts publiés par 4 partis répertoriés sur X ont été étudiés.

Une analyse subsidiaire a concerné les sites web des formations politiques objet de l’étude.

De manière générale, Facebook demeure un espace central d’échanges et de proximité citoyenne, TikTok s’impose comme un vecteur de visibilité virale auprès des jeunes générations, YouTube offre un potentiel narratif et explicatif encore insuffisamment exploité, X se distingue par sa réactivité et sa capacité à relayer rapidement des messages dans l’espace médiatique, tandis que les sites web conservent une fonction institutionnelle et de référence officielle, sans réelle attractivité citoyenne.

À l’échelle nationale, l’impact des réseaux sociaux sur les individus dépendra de la capacité des institutions, de la société civile et des citoyens à promouvoir une culture numérique responsable, à réguler les abus et à renforcer l’éducation au numérique. « Le défi marocain est donc d’instaurer sa propre grammaire de régulation/modération, un modèle qui saurait conjuguer le respect des constantes nationales avec les impératifs d’ouverture, d’innovation et de protection des droits individuels », conclut Rerhaye, la présidente du groupe de travail « Régulation et médias numériques ».