SUIVEZ-NOUS

Au Royaume

Sahara : Les effets d’entraînement de la décision de la cour d’appel britannique

Les implications de la décision de la cour d’appel de Londres sont multiples. Les réactions de Rachid Benali, président de la COMADER, et de Taj Eddine El Housseini, professeur des relations internationales.

Publié le


Mis à jour le

La décision de la Cour de Londres, déboutant de facto et de jure le Polisario, tout en confortant l’Accord d’Association Maroc-UK, aura plus d’implications. D’abord, sur le plan des échanges économiques entre Londres et Rabat, mais aussi d’un point de vue juridique étant entendu qu’il s’agit d’une jurisprudence de référence.

Contacté pour réagir à cette décision, le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement Rural (COMADER), relève qu’il s’agit d’une reconnaissance de la souveraineté du Royaume. Pleine et entière.

 

«Plus d’ambiguïté, place à la visibilité»

Plus encore, Rachid Benali considère cette décision comme un tournant des plus positifs pour les relations économiques entre le Maroc et le Royaume Uni. En effet, si ces relations trouvent leur ancrage dans l’Histoire, il n’en demeure pas moins que «ce moment constitue une pierre importante dans le sens de leur pérennisation», nous dit-il. D’autant plus qu’il est question d’un tournant qui donne davantage de visibilité aux opérateurs économiques des deux parties. Et, par conséquent, ouvre de nouvelles perspectives pour aller de l’avant.

Par ailleurs, estime Rachid Benali, ce n’est pas uniquement sur le rayon des exportations et des importations que cette décision aura son impact positif, mais aussi au niveau des investissements. Car, outre les produits agricoles, le partenariat stratégique entre les deux Royaumes a cette caractéristique qu’il est multidimensionnel. Et notre interlocuteur de relever le secteur de la pêche où la coopération bilatérale devra connaître une nouvelle impulsion, sans oublier les domaines de l’énergie et autres. Pour notre interlocuteur, cette décision sonne la fin de l’ambiguïté, puisqu’on ne parlera plus des provinces du nord ou du sud, mais des provinces du Royaume du Maroc. Du coup, le partenariat entre Rabat et Londres gagnerait en consolidation, mais aussi en ce qui concerne la capitalisation des énormes potentialités dont il regorge.

 

«Il y aura un après cette décision»

Pour Taj Eddine El Housseini, professeur des relations internationales, il s’agira, dorénavant, d’un avant et d’un après de la décision de la cour d’appel britannique. Partant de la nature stratégique des relations entre Rabat et Londres, basée sur l’accord d’association de 2019 intervenu dans la foulée du Brexit, l’expert estime que cette décision est d’une «importance extrême». Et ce, non seulement dans le cadre des relations bilatérales, mais «au-delà». Des relations, nous dit le professeur, qui sont dans une dynamique de consolidation et qui, à la faveur de cette décision, sont promises à des perspectives plus prometteuses. Déjà que le cadre stratégique encadre et les échanges et les investissements qui vont se développant entre les deux pays. Or, cette décision devra participer à leur raffermissement et les chantiers déjà ouverts en tracent les horizons.

L’expert en relations internationales va plus loin dans son analyse en évoquant les fondements sur lesquels s’est basée la décision de la Cour, étalée sur 37 pages, constitutifs des principes du «caractère souverain» de l’Accord d’Association. C’est que cet accord implique deux Etats souverains qui agissent en plein dans un cadre souverain qui en est la manifestation. Autrement, les agissements des lobbies algériens sous le parapluie (d’une prétendue association) prennent l’eau. Détail de taille, cette décision, une jurisprudence faisant office de référence, ne manquera pas d’avoir ses effets d’entraînement sur toute la sphère du Commonwealth (56 Etats pour rappel), relève notre interlocuteur. Raison pour laquelle, Pr. El Housseini souligne que cette décision aura «un après». Plus encore, elle pourra constituer un argument de taille dans les plaidoyers du Royaume dans les instances internationales, notamment au niveau de la 4ème commission.

Or, compte tenu de la force juridique de la jurisprudence britannique, l’argumentaire du Maroc ne saura que plus consolidé, alors que celui de ses ennemis perdra davantage de plumes, souligne notre interlocuteur.