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Au Royaume

Sahara: les bastions tombent les uns après les autres

C’est un autre membre de l’Axe Alger-Pretoria que le Maroc vient de gagner, ou presque, à sa cause. Rabat et Luanda signent un nouveau rapprochement à la veille de la 3e réunion du Processus des États africains atlantiques. Mécanisme dont l’Angola ne fait pas encore partie, mais ne tardera pas à intégrer.

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Avec l’Angola, le Maroc est en train de rééditer son expérience réussie avec le Nigéria. Les deux expériences témoignent du bienfondé de la nouvelle politique africaine du Maroc.

Déjà, lorsque le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a assisté, le 15 septembre 2022, à la cérémonie d’investiture du président João Lourenço, réélu pour un deuxième mandat, les observateurs étaient unanimes quant à un rapprochement plus étroit entre les deux pays. Aujourd’hui, c’est un nouveau pas franchi sur cette voie.

Ce pays de l’Afrique australe d’un peu moins de 35 millions d’habitants, l’un des grands pays producteurs d’hydrocarbures dans la région, intéresse le Maroc à plus d’un égard. C’est l’un des derniers bastions du Polisario, qui réaffirme aujourd’hui, officiellement, sa «volonté continue de travailler ensemble tant au niveau bilatéral qu’au niveau de l’Union africaine afin de trouver les meilleures voies et solutions durables pour garantir la paix et la sécurité en Afrique».

Dans un communiqué conjoint publié, mardi 11 juillet à Rabat, à l’issue des travaux de la 3è session de la Commission mixte de coopération maroco-angolaise, coprésidée par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, le chef de la diplomatie angolaise a affirmé que son pays «encourage les efforts du Secrétaire général de l’ONU et de son Envoyé personnel, M. Staffan de Mistura, pour trouver une solution politique juste, durable, mutuellement acceptable par les parties et fondée sur le compromis».
Cette commission mixte a connu la signature de plusieurs instruments de coopération dans différents domaines. Fait partie du lot, un mémorandum d’entente de coopération dans les domaines des mines et des hydrocarbures. L’objectif est de créer un cadre de coopération permettant de mettre en œuvre des «actions de coopération aboutissant à la réalisation de projets d’intérêt commun dans les domaines des mines et des hydrocarbures».
Certes, ce pays connaît depuis quelques années une réelle émergence, ce qui représente pour le Maroc une réelle opportunité stratégique en termes d’économie et de coopération Sud-Sud. Nasser Bourita parle d’un «partenariat agissant». Ce nouveau pas sur la voie du rapprochement entre les deux États est également une opportunité politique aussi bien pour le Maroc que pour ses alliés. La Chine étant, soit dit en passant, très impliquée dans ce pays, avec une dette qui s’élève à plus de 20 milliards de dollars.

Afrique atlantique, bientôt au complet ?
Notons qu’avec la Namibie, l’Angola fait partie des deux seuls pays de la rive atlantique qui n’ont pas intégré le Processus des États africains atlantiques. Manifestement, ce ne sera plus le cas. Toujours est-il, juste après la clôture des travaux de cette commission mixte, démarre la troisième réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques (PEAA), réunie mercredi 12 juillet à Rabat, avec la participation de 21 pays africains riverains de l’Atlantique.

Une quinzaine de ces pays sont représentés au niveau ministériel. La finalité de cette nouvelle réunion est de consolider l’élan politique de ce partenariat africain innovant. Cette initiative vise, aussi, à faire de l’espace africain atlantique «une zone de paix, de stabilité et de prospérité partagée», comme le souligne le ministère des Affaires étrangères, tout en précisant que cette troisième édition fait suite à deux réunions ministérielles tenues respectivement à Rabat et à New York, en 2022.
La première réunion ministérielle, tenue à Rabat le 8 juin 2022, s’est soldée, rappelons-le, par la «Déclaration de Rabat I», qui a souligné l’engagement politique des pays africains atlantiques pour mettre en œuvre leur partenariat visant à raffermir les liens de coopération et d’intégration entre les pays africains riverains de l’océan Atlantique, en vue de consolider la paix, la stabilité et la prospérité partagée dans la région. La deuxième édition de la réunion ministérielle, qui a eu lieu à New York le 23 septembre 2022, a lancé les travaux sur le Programme d’action, qui constitue une feuille de route pour permettre aux pays membres de cette initiative de réaliser leurs objectifs communs autour de trois priorités stratégiques : Dialogue politique et de sécurité, l’Économie bleue, la connectivité maritime et l’énergie et la Protection et la conservation de l’environnement marin.
Une semaine africaine, pour ainsi dire, pour la diplomatie marocaine, sachant que lundi 10 juillet s’est tenue également à Dakhla – le choix du lieu n’est pas anodin-, la 7e session de la Commission mixte de coopération Maroc-Guinée. Réunion qui constitue un témoignage de la nouvelle dynamique que les deux pays entendent imprimer à leurs relations.

Sur le volet parlementaire, cette fois, une autre «Déclaration de Rabat», signée par les présidents des commissions des Affaires étrangères des Parlements africains, a proposé la création du Forum les réunissant. Au long des interventions, lors d’un colloque de deux jours, tenu à Rabat, les législateurs africains n’ont cessé de mettre l’emphase sur le nexus terrorisme/séparatisme/criminalité qui menacent plusieurs régions du continent.


Rome, Berlin… Bourita en terres conquises
Entre Rabat et Berlin, les relations sont au beau fixe. Après une brouille de près d’une année entre les deux pays, l’Allemagne a reconsidéré sa position sur la question du Sahara. Ce qui ouvre la voie à une dynamique remarquée des rapports économiques, mais aussi politiques entre les deux États. Lors d’une récente visite du ministre des Affaires étrangères en Allemagne, les deux pays se sont félicités de leurs relations étroites et amicales, ainsi que de la dynamique positive qui caractérise la relation bilatérale depuis l’adoption de la déclaration conjointe, en août 2022, qui constitue une feuille de route pour le renforcement de ces relations dans tous les domaines. Les deux pays vont d’ailleurs lancer, l’année prochaine, le Dialogue stratégique multidimensionnel, tel que prévu dans cette déclaration.
Pour l’Italie, pays dans lequel s’est également rendu le chef de la diplomatie, le Maroc est un partenaire stratégique pour la sécurité de la Méditerranée, avec lequel il est essentiel de travailler pour la stabilité et la prospérité de la région.
«Le Maroc est un pays essentiel dans notre voisinage méridional, qui peut toujours compter sur l’Italie en tant que pays ami au sein de l’Union européenne», a souligné le chef de la diplomatie italienne.
Le vice-Premier ministre italien, Antonio Tajani, également titulaire du portefeuille des Affaires étrangères, a, dans ce sens, souligné «la ferme volonté» de son gouvernement d’approfondir les relations bilatérales, en concrétisant pleinement l’ambitieux plan d’action pour la mise en œuvre du Partenariat stratégique multidimensionnel.