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Sahara : Israël s’apprête à sauter le pas

Miri Regev est le troisième membre d’un gouvernement israélien à aborder la question du Sahara. Mais cette fois, elle promet une décision claire et sans ambages «très prochainement».

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«Les relations avec le Maroc sont de la plus haute importance pour Israël et je suis certaine que le gouvernement prendra position sur ce dossier très prochainement». La déclaration a été faite par la ministre israélienne des Transports, Miri Regev, qui vient d’achever une visite officielle de trois jours au Maroc.

Interrogée sur la position d’Israël sur la question du Sahara par la chaîne d’information continue i24, la ministre, dont le père est natif de Larache et le grand-père enterré à Casablanca, affirme que «c’est un sujet dont nous comprenons l’importance pour les Marocains, c’est un sujet qui est débattu actuellement au niveau du ministère des Affaires étrangères.
Je pense que très prochainement la position d’Israël sera entendue clairement et ouvertement».

Et d’insister : «Je suis sûre que très prochainement l’État d’Israël prendra et annoncera sa décision». Miri Regev a par ailleurs tenu à souligner que «le peuple d’Israël, le Premier ministre et son gouvernement considèrent le Maroc comme un État que nous voulons préserver et avec qui nous voulons renforcer nos relations».

Cela d’autant que d’après la ministre, «la série d’accords bilatéraux signés, relatifs aux domaines maritime, terrestre et aérien, permettront de renforcer la coopération entre Israël et le Maroc». Ces accords, est-il précisé, incluent la mise en place de groupes de travail communs pour tout ce qui concerne les transports intelligents, les voitures autonomes, les véhicules électriques et les drones, autant de domaines dans lesquels le Maroc peut profiter de l’expertise israélienne. Miri Regev a affirmé clairement que «les Accords d’Abraham vont aussi permettre au Maroc d’être un pont entre Israël et les pays africains dans tous les domaines de développement possibles».

Groupe d’amitié
Alors que la ministre des Transports finit sa visite, dont une partie privée, c’est le président du Parlement (la Knesset), Amir Ohana, qui devrait entamer un déplacement officiel au Royaume. La presse israélienne parle du 7 juin, sans préciser la date exacte, et que le président de la Knesset répond à une invitation du président de la première Chambre. En tout cas, pour les médias hébreux, ce sera «la première visite officielle dans ce pays du Maghreb du président de la Knesset, qui est lui-même d’origine marocaine».

À en croire les mêmes sources, un «groupe d’amitié parlementaire Maroc-Israël» a même vu le jour à la Chambre des représentants, mais aucune annonce officielle n’a été faite sur sa création. Depuis l’élection du gouvernement Netanyahu, les relations «politiques» entre les deux pays s’accélèrent. Les rapports économiques et le partenariat stratégique de défense ayant déjà atteint un stade très avancé. Il est clair que le nouveau gouvernement insiste pour donner un nouvel élan aux relations entre les deux pays, manifesté par la promotion des représentations diplomatiques au niveau d’ambassades.

Ce pas en avant ardemment souhaité par Israël est manifestement conditionné, côté marocain, par une position franche et sans ambiguïté d’Israël sur la marocanité du Sahara. C’est du moins un point de vue largement répandu. Il faut dire que c’est le développement logique des relations entre les deux États.

En août 2022, lorsque l’ancien chef du bureau de liaison à Rabat, David Govrin, lançait les travaux de construction du siège de la nouvelle ambassade d’Israël à Rabat, il avait annoncé qu’il était prévu que «Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, se rende en Israël ces prochaines semaines suite à une invitation d’Issawi Frej, ministre israélien de la Coopération régionale. Il devrait ainsi inaugurer l’ambassade marocaine dans le pays». Cette visite n’a jamais eu lieu.

Entretemps, David Govrin a quitté Rabat et Alona Fisher a occupé le poste pendant quelque temps, jusqu’à fin avril. Tout récemment, Israël a un nouveau représentant diplomatique au Maroc. Il s’agit de Shai Cohen, qui a pris ses fonctions en toute discrétion. Sa première apparition date de l’ouverture du Salon international de l’agriculture, à Meknès, début mai.

Il a pris officiellement ses fonctions en tant que chef du bureau de liaison de l’État hébreu à Rabat. Le gouvernement israélien a préféré rester discret sur cette nomination, manifestement en attendant son officialisation mais en tant qu’ambassadeur. Titre qu’il porte déjà…

Cela dit, après les élections du 1er novembre et la nomination d’un nouveau gouvernement, le 22 décembre, c’est la deuxième visite d’un membre du cabinet, après celle du ministre de l’Économie, Nir Barkat, qui s’est rendu au Royaume début mai. Bientôt, ce sera au tour du ministre des Affaires étrangères qui participera au prochain Sommet du Néguev.


Un pas en avant, un autre en arrière

Lors d’une visite au Maroc en juin de l’année dernière, Ayelet Shaked, alors ministre de l’Intérieur, avait déclaré devant la presse marocaine qu’Israël reconnaît la souveraineté marocaine sur le Sahara. Mais le ministère israélien des Affaires étrangères avait rapidement atténué la portée des propos de sa collègue de l’Intérieur, mais tout en assurant que «le plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara est un développement positif». Plusieurs semaines plus tard, le ministre de la Justice de l’époque, Gideon Sa’ar, également en visite au Maroc, avait lui aussi publiquement affirmé que le Sahara fait partie du territoire marocain. Là encore, le ministère des Affaires étrangères intervient, prenant ses distances avec cette déclaration et réitérant une position plus nuancée, mais tout en soutenant le plan d’autonomie. Il est clair que cette question gênait le gouvernement Bennet-Lapid formé par le national-conservateur Naftali Bennett et le centriste Yaïr Lapid. Aujourd’hui, la donne a changé. Le gouvernement Netanyahu (une coalition de partis de droite et d’extrême droite), aujourd’hui au pouvoir, est plus enclin à prendre des positions tranchées. Cela d’autant que le Premier ministre avait toujours eu pour projet de visiter le Maroc.