SUIVEZ-NOUS

Au Royaume

Hôpitaux, CHU et cliniques…, le boom sanitaire des provinces du Sud

Longtemps confrontées à une offre de soins limitée, ces provinces connaissent aujourd’hui un tournant sanitaire. Ces dernières années, d’importants projets ont été lancés par l’État pour doter ces régions d’infrastructures de santé modernes adaptées aux besoins des populations locales.

Publié le


Mis à jour le

L’inauguration du Centre hospitalier de Laâyoune est prévue pour la fin de l’année. D’une capacité de 500 lits, le CHU de Laâyoune sera un véritable pôle médical qui servira la population des régions du sud du Royaume.

Il sera aussi, selon le ministère de la Santé, une destination pour les professionnels de la santé en provenance des pays de l’Afrique subsaharienne dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

Ce projet qui s’étend sur une superficie de 180.000 m2, dont 95.000 m² couverts, mobilise une enveloppe budgétaire estimée à 1,2 milliard de dirhams.

S’inscrivant dans le cadre du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud du Royaume, le CHU de Laâyoune devrait améliorer et diversifier l’offre sanitaire dans les régions du Sud.

Rappelons qu’à Laâyoune, le réseau hospitalier existant comprend également le Centre hospitalier Ben El Mehdi, qui est le plus grand établissement sanitaire actuel avec 245 lits et 29 spécialités, l’Hôpital des spécialités Hassan II avec 144 lits, un hôpital militaire, plusieurs centres médicaux et d’accouchement, ainsi qu’une unité de dépistage de la tuberculose et des maladies sexuellement transmissibles (MST).

Outre ce CHU, d’autres projets importants sont en cours dans ces régions sahariennes: le Centre hospitalier régional avec une capacité prévue de 450 lits dans la région de Dakhla-Oued Eddahab. Un investissement de 600 MDH est en cours d’étude.

Le Centre hospitalier provincial de Tarfaya de 60 lits, dont le coût s’élève à 140 MDH, est également en cours de construction.

Pour renforcer la capacité hospitalière, les travaux de réhabilitation et d’extension du Centre hospitalier régional Moulay Hassan à Laâyoune, qui compte 70 lits, et de construction du Centre de santé urbain «Taâwoun» à Laâyoune se poursuivent.

De même pour les travaux de construction de l’Hôpital régional de Tarfaya sur une superficie totale de 90.000m² avec une capacité de 70 lits.

Accessibilité des soins
Ces principaux projets concrétisent l’ambition du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud qui vise le renforcement de l’accès aux soins de base, la couverture sanitaire, des équipements médicaux et des ressources humaines.

Outre les investissements publics, le secteur privé est aussi de la partie. Le groupe Akdital a inauguré, en novembre 2024, la Clinique Internationale de Dakhla. Multidisciplinaire, cet établissement dispose de 113 lits, huit blocs opératoires et 28 lits en réanimation.

Inaugurée en novembre dernier, la clinique a coûté 269 millions de dirhams et a créé 160 emplois.

Cette structure a permis l’amélioration de l’offre des soins, puisqu’en mai dernier, elle a réalisé la première opération de téléchirurgie au Maroc : une prostatectomie radicale robot-assistée à distance depuis le Centre International d’oncologie de Casablanca et la Polyclinique Internationale Laâyoune.

Globalement, l’élaboration d’une carte sanitaire dans les régions du Sud doit améliorer la proximité des services de soins, notamment dans les lieux de vie et dans les bassins d’activité (villages de pêches, unités industrielles et unités mobiles dans les souks).

Historiquement, et depuis la Marche Verte, l’on a assisté à trois étapes majeures d’implantation des infrastructures sanitaires. Ainsi, entre les années 1980 et 2000, les investissements ont concerné les structures de base.

Aujourd’hui, l’on compte près de 90 centres de santé de proximité dans les trois régions, notamment Guelmim-Oued Noun (51), Laâyoune-Sakia El Hamra (28) et Dakhla-Oued Eddahab (10).

Et plusieurs centres sanitaires de proximité sont actuellement en cours de réalisation dans les différentes régions du Sud. Entre 2000 et 2015, les pouvoirs publics ont engagé des programmes en vue de moderniser les centres existants grâce à la rénovation et l’équipement en matériel médical.

Aujourd’hui, la mise à niveau des équipements, des soins et de ressources humaines a pour objectif de combiner qualité, efficience et innovation pour développer une offre de soins répondant aux besoins locaux, nationaux et régionaux, en direction des pays africains.

Les actions menées au cours de ces dernières années se sont traduites par une amélioration des indicateurs de santé alignés sur la moyenne nationale. Ainsi, selon le Haut-Commissariat au plan, la région de Laâyoune-Sakia El Hamra se distingue par son espérance de vie qui est la plus élevée du Royaume (77,7 ans) et son taux de mortalité natale le plus faible (1,1% contre 1,7%) au niveau national.