Evénement
MRE, un tournant historique se dessine…
Rien ne sera plus comme avant quant à la gestion des affaires de la diaspora marocaine. Le discours royal du 6 novembre a été on ne peut plus clair. Le gouvernement passe à l’action.
C’est une nouvelle transformation dans le mode de gestion des affaires de la communauté marocaine établie à l’étranger qui se dessine. Le discours royal, adressé à la Nation à l’occasion du 49e anniversaire de la Marche Verte, en a dessiné les contours et des instructions ont été données à l’Exécutif pour les transformer en mesures. Une «transformation historique» qui consiste, notamment, en la restructuration des instances concernées.
Au lendemain de ce discours, soit le jeudi 7 novembre, le chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, préside une réunion au cours de laquelle il a été procédé à l’examen des mécanismes nécessaires à la mise en œuvre de la vision royale, dont l’objectif est d’«opérer un nouveau virage» dans le domaine de la gestion des affaires de la diaspora. Et ce, à travers la restructuration du cadre institutionnel du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), ainsi que la création de la «Fondation Mohammedia des Marocains résidant à l’étranger».
Lors de cette même réunion, le chef de l’Exécutif a affirmé que «le gouvernement veillera à la mise en œuvre de cette vision royale ambitieuse avec le sérieux et la célérité requise, à travers une série de mesures susceptibles de garantir la coordination et la convergence des attributions des institutions chargées des affaires des Marocains du monde et de répondre aux nouveaux besoins de la communauté marocaine à l’étranger», indique un communiqué du cabinet du chef du gouvernement.
La même source relève, en outre, que les participants à ladite réunion ont discuté des initiatives qui seront de nature à renforcer l’attachement culturel et spirituel des Marocains du monde avec leur patrie. Aussi, il était question de la simplification et de la digitalisation des procédures administratives et judiciaires. Des dimensions d’importance cardinale devant constituer des leviers majeurs pour leur faciliter la vie, ainsi que leur relation avec les différentes administrations auxquelles ils ont affaire.
Aussi, il est question de mesures visant l’accompagnement des compétences et des talents marocains résidant à l’étranger, tout en soutenant les différentes initiatives tendant à encourager leur investissement au sein du Royaume. Sur ce dernier volet, les Marocains du monde n’ont eu de cesse d’exprimer leur désir d’investir dans leur pays d’origine, mais soulèvent les questions de lenteurs et de complications procédurales. Avec les mesures à prendre ainsi que l’apport de la Nouvelle charte de l’investissement, l’on devrait s’attendre à plus.
En attendant la feuille de route sur laquelle planche l’Exécutif, on aurait saisi que le gouvernement compte tracer la voie pour traduire dans les faits les orientations contenues dans le discours du Souverain. Notamment, avec une ligne directrice qui consiste en la restructuration des institutions concernées, de telle sorte «à prévenir le chevauchement de leurs attributions respectives et l’éparpillement des intervenants et afin d’assurer leur adaptation aux nouveaux besoins de cette communauté», souligne le discours royal.
Nouveaux horizons
En vue d’atteindre cet objectif, les orientations royales concernent deux entités clés du cadre institutionnel relatif à la gestion des affaires des Marocains du monde. La première est le CCME qui, «en tant qu’institution constitutionnelle autonome, doit assumer pleinement son rôle de cadre de réflexion et de force de proposition et refléter la représentativité des différentes composantes de cette communauté».
La seconde est la «Fondation Mohammedia des Marocains résidant à l’étranger» qui, une fois créée, «deviendra le bras opérationnel de la politique publique en la matière». Cette Fondation «sera chargée d’agréger les attributions actuellement dispersées entre une multitude d’acteurs, de coordonner l’élaboration et la mise en œuvre de la Stratégie nationale dédiée aux Marocains résidant à l’étranger». Aussi, elle «assurera la gestion du «Mécanisme national de mobilisation des compétences des Marocains résidant à l’étranger».
De même que cette institution est attendue pour donner une forte impulsion à l’encadrement linguistique, culturel et religieux des membres de la communauté marocaine établie à l’étranger. C’est donc un nouveau paradigme qui se trace et qui ne manquera pas à la fois de répondre aux attentes des Marocains du monde, mais aussi constituera un levier déterminant pour leur implication dans la dynamique de développement que connaît le Royaume.
En particulier, en matière de mobilisation d’investissements. D’ailleurs, les réactions de différentes franges de la diaspora, qui ont accueilli avec un grand enthousiasme la teneur du discours royal, en disent long sur leur adhésion à se mettre davantage au service de l’économie nationale. D’autant plus que les Marocains du monde, qui ne contribuent qu’à hauteur de 10% au volume des investissements nationaux privés, se voient ainsi s’ouvrir de nouvelles perspectives.
Des acquis et des attentes
Au cours des dernières années, on a assisté à plusieurs initiatives tendant à accompagner les Marocains du monde, soit dans leur pays de résidence ou encore lorsqu’ils regagnent la mère patrie.
Si sur ce dernier volet la Fondation Mohammed V pour la solidarité a consenti des efforts considérables, à travers l’«Opération Marhaba», il n’en demeure pas moins que des attentes sont exprimées sur d’autres plans.
Certes, les services consulaires poursuivent leur processus de modernisation, mais il reste beaucoup encore à faire. Or, la nouvelle vision prônée par le Roi Mohammed VI aura, à coup sûr, des effets porteurs pour cette communauté et sur tous les plans.
La donne va changer, au grand bonheur decette diaspora. Et l’engagement du gouvernement est sans faille pour faire plus et mieux. Des jours meilleurs se profilent à l’horizon.