Evénement
Économie sociale et solidaire : Gros coup d’accélérateur
Pilier fondamental de l’État social, l’économie sociale et solidaire connaît un dynamisme sans précédent à la faveur d’une politique volontariste et ambitieuse menée par le gouvernement. Avec des effets tangibles sur les communautés et l’emploi.
Mardi 20 janvier, au Forum économique mondial de Davos, Aziz Akhannouch a exposé devant les dirigeants mondiaux le modèle de développement du Maroc, fondé sur deux piliers indissociables et complémentaires : État social et transformation économique.
«On ne bâtit pas un destin géopolitique sur une société fragilisée», a notamment affirmé le chef du gouvernement. Une formule forte, qui résume en quelques mots toute l’action gouvernementale de ces dernières années.
Une formule qui fait écho à l’intervention, la veille, de ce même Aziz Akhannouch au Parlement, autour de l’économie sociale et solidaire (ESS), un secteur qui, dans son essence, combine ces deux piliers que sont le social et l’économie.
Secteur vital pour le Maroc, constituant un levier essentiel du développement durable des territoires, l’ESS a en effet été au centre du premier grand oral de l’année du chef du gouvernement devant les députés.
L’exposé présenté à cette occasion traduit toute l’importance accordée par l’Exécutif à ce secteur aux enjeux stratégiques. Il montre aussi tout le travail réalisé pour le dynamiser et en faire la promotion.
Fort de la sollicitude royale, le secteur a connu un vrai coup d’accélérateur ces dernières années. Un lourd travail en amont a été réalisé afin de revoir les bases de développement de l’écosystème de l’ESS et l’ériger en troisième secteur à part entière, aux côtés des secteurs public et privé.
Sur le terrain, l’action du gouvernement a produit des effets palpables. «En peu de temps, nous avons réussi à créer une dynamique tangible de croissance dans ce secteur», s’est félicité Akhannouch. Les chiffres confirment en effet une progression sans précédent des différents indicateurs du secteur.
Ce dernier compte actuellement environ 63.545 coopératives, dont 22.914 créées entre 2021 et 2025. Elles regroupent plus de 878.000 adhérents, dont 34% de femmes, ainsi que 7.891 coopératives féminines. Un effort budgétaire à la hauteur des enjeux a été consenti.
Une enveloppe de 368 millions de dirhams a été allouée pour la mise en œuvre d’une stratégie nationale qui vise à soutenir les coopératives et les entreprises sociales et renforcer les programmes de formation et d’accompagnement.
Des programmes à fort impact
L’action du gouvernement en faveur de l’ESS s’est concrètement déclinée en un ensemble de programmes et de mesures prioritaires, ayant un impact direct sur l’écosystème. Le gouvernement a ainsi pris l’initiative de finaliser le programme national «Moazara», qui a permis la réhabilitation de 325 coopératives, ainsi que la création de 100 coopératives de nouvelle génération.
Le programme «Tahfiz niswa» pour renforcer l’autonomisation économique des femmes soutient, quant à lui, les initiatives féminines pour créer des coopératives structurées et durables répondant aux besoins locaux.
Parallèlement aux opérations de soutien et de financement, le gouvernement a poursuivi la mise en œuvre du programme «Mourafaka», qui vise à soutenir les coopératives nouvellement créées, à raison de 500 coopératives par an, selon trois axes ayant trait au diagnostic stratégique, à la formation collective et au soutien individuel.
Le Chef de l’Exécutif a également fait état du parachèvement du programme «Génération Solidarité», qui a contribué au financement de plus de 128 projets coopératifs au profit des jeunes.
Par ailleurs, dans le cadre d’une politique d’encouragement à l’innovation, une banque de projets coopératifs a été créée et des concours ont été organisés, attirant 579 projets, dont plus de 200 idées ont été retenues comme viables. Bref, le soutien aux coopératives n’a jamais été aussi important.
Promotion des produits locaux
À côté de ce soutien financier et technique, la promotion des produits locaux constitue un axe déterminant du développement de l’ESS. Raison pour laquelle, durant la période 2021-2025, pas moins de 20 salons régionaux ont été organisés, permettant l’exposition de plus de 3.600 structures de l’ESS, avec une représentation féminine atteignant 54%.
Parallèlement à ces manifestations, plus de 14.000 collaborateurs et collaboratrices ont bénéficié de sessions de formation et d’ateliers organisés. Le chiffre d’affaires total réalisé grâce à la commercialisation des produits des exposants s’est élevé à environ 200 millions de dirhams.
Pour améliorer les revenus, une expérience inédite est en cours, notamment à Oujda, Fès et Azilal, visant à créer des structures régionales modèles pour l’ESS, avec la mise en place de plateformes permanentes d’exposition et de commercialisation au profit des coopératives.
Dans le même temps, des programmes de certification et des labels de qualité ont été mis en place, avec plus de 77 marques collectives, afin de renforcer la confiance dans ces produits locaux et améliorer leur commercialisation.
Agriculture solidaire
Impacté par plusieurs années de sécheresse, le monde rural est au cœur des préoccupations. Le gouvernement s’est appuyé sur les opportunités offertes par la stratégie Génération Green pour favoriser l’intégration des jeunes, créer des emplois rémunérateurs et soutenir la mise en place de projets agricoles en milieu rural.
Akhannouch a révélé dans ce sens que 183 projets s’inscrivant dans le cadre de la nouvelle génération de l’agriculture solidaire ont été élaborés et approuvés entre 2021 et 2025 au profit de 108.000 bénéficiaires. Ces projets d’un coût global de près de 3,458 milliards de dirhams ont bénéficié notamment à 32.500 jeunes et 19.300 femmes.
Le chef du gouvernement n’a pas manqué de souligner à cet égard le rôle de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (Andzoa) en matière de soutien à l’ESS, ainsi que sa contribution notable à la création d’emplois.
Le programme de 246 millions de dirhams déployés par l’agence a permis le financement de 976 projets, qui ont profité à 427 coopératives, 469 TPME, ainsi qu’à 80 associations. À la clé: la création de près de 10.000 emplois. Un chiffre qui résume à lui seul la pertinence de cette stratégie.
Artisanat : Le grand décollage
Avec ses 2,6 millions d’artisans, le secteur est à la fois un pilier de l’économie marocaine et une vitrine de son identité culturelle.
Il connaît aujourd’hui un dynamisme croissant : ces exportations ont totalisé 1,1 milliard de dirhams en 2024, soit une augmentation de 40% par rapport à 2019 et un taux de croissance annuel moyen de 7,4% entre 2021 et 2024. 2025 s’annonce encore meilleure, avec des exportations qui culminent déjà à 1,23 milliard de dirhams à fin novembre.
Des indicateurs qui confirment la capacité des produits de l’artisanat marocain à s’intégrer dans les marchés internationaux et à renforcer la présence du label Maroc à l’échelle mondiale.
Surtout, le secteur a connu une transformation qualitative en matière d’organisation et de protection sociale, avec la mise en œuvre du Registre national de l’artisanat, qui compte désormais près de 440.000 artisans.
À cela s’ajoute le lancement du chantier de la Carte professionnelle de l’artisan, qui sera généralisé au niveau des différentes Chambres professionnelles.
L’effort de promotion est conséquent. Pas moins de 70 salons locaux, régionaux et nationaux ont été organisés en 2024, qui ont attiré plus de 2,5 millions de visiteurs et généré un chiffre d’affaires de près de 52,5 millions de dirhams.
