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Evénement

Échanges de biens et services : Les choix payants du Maroc

Les chiffres présentés par le chef du gouvernement devant le Parlement le démontrent : l’action de l’Exécutif a permis une amélioration sensible des équilibres relatifs aux échanges extérieurs. La balance des paiements et le taux de couverture en tête.

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Malgré les crises successives et les perturbations des chaînes de valeur, les efforts du gouvernent pour rehausser le niveau des exportations de biens et services portent leurs fruits, en témoignent les chiffres présentés par le chef du gouvernement lors de la séance mensuelle des questions de politique générale à la Chambre des représentants, consacrée à la thématique du commerce extérieur.

Deux indicateurs clés en particulier, mis en exergue par Aziz Akhannouch, traduisent la trajectoire positive du commerce extérieur marocain, caractérisé depuis des décennies par un déficit commercial structurel.

Le premier a trait à la couverture des importations de biens et services, dont le taux s’est considérablement amélioré, passant de 80,8% au cours de la période janvier-septembre 2019, à un niveau quasi historique de près de 83% au cours des neufs premiers mois de l’année 2024. Il s’agit tout simplement de la meilleure performance enregistrée depuis… 2003.

Si l’on neutralise les échanges de services, le niveau de couverture des biens est toujours orienté positivement, passant de 57,8% entre janvier et septembre 2019, à environ 60% au cours de la même période en 2024.

Le deuxième indicateur parlant mis en avant par le chef du gouvernement devant les parlementaires concerne le déficit du compte courant. Ce dernier, à l’image du déficit budgétaire, s’est considérablement réduit ces dernières années sous l’impulsion du gouvernement de rétablir les équilibres macroéconomiques, atteignant un niveau «historiquement» bas.

En 2023, le déficit du compte courant s’est en effet replié à un niveau quasi inédit de -0,6% du PIB, pour un montant d’environ 9 milliards de dirhams.

En 2019, ce même déficit culminait à -3,4% du PIB, soit 43 milliards de dirhams. «Ce taux est le plus faible enregistré depuis 2007», s’est félicité le chef du gouvernement.

Il faut dire que l’ensemble des indicateurs des échanges extérieurs sont bien orientés :

exportations en hausse continue, tirées par les métiers mondiaux du Maroc (automobile et aéronautique en particulier), importations plutôt maitrisées (voir encadré), transferts MRE et recettes voyages à des niveaux record, des IDE qui redécollent, sans oublier la contribution de plus en plus évidente des activités d’externalisation de services.

À ce sujet, Aziz Akhannouch a fait état des «résultats sans précédent» obtenus dans ce secteur, le volume des exportations ayant atteint 18 milliards de dirhams en 2023, soit une augmentation de 14% par rapport à 2022. Des chiffres qui placent le Royaume au deuxième rang africain dans ce domaine.

Les activités d’externalisation de services devraient d’ailleurs se renforcer à l’avenir, dans le sillage de la nouvelle stratégie numérique 2030. De quoi dynamiser davantage les exportations de services, l’excédent de la balance des services et, par ricochet, le niveau de couverture des importations de biens et services.

Vision et stratégie
Aujourd’hui, le Maroc occupe une place de plus en plus visible dans les chaînes de valeur mondiales, et ce n’est pas le fruit du hasard. Cette position est la résultante, avant tout, d’une vision royale : celle d’un pays ouvert sur le monde, où il fait bon entreprendre et commercer. Une ouverture matérialisée par la cinquantaine d’accords de libre-échange conclus par le Royaume et qualifiée par Aziz Akhannouch de «choix stratégique irréversible» et auquel le gouvernement accorde une attention toute particulière.

L’action de l’actuel Exécutif a en effet été marquée par la mise en place d’une série de réformes et de stratégies nationales qui ont largement contribué à faciliter les investissements étrangers, à libéraliser les échanges commerciaux et à «renforcer la position du Maroc en tant que hub régional de l’industrie et de l’exportation pour plusieurs firmes nationales et internationales».

En parallèle à ces réformes, le gouvernement s’est attelé à renforcer ses relations avec ses partenaires commerciaux traditionnels tout en s’ouvrant sur de nouveaux marchés, pour diversifier ses débouchés et limiter sa dépendance.
Depuis son investiture, le gouvernement a aussi dû faire face aux conséquences de la crise économique mondiale, en réduisant les répercussions des crises géopolitiques et leurs effets sur les approvisionnements vitaux et les chaînes d’approvisionnement mondiales, a indiqué le chef du gouvernement.

L’Exécutif a été plus que jamais appelé à renforcer la résilience du pays et sa capacité à surmonter les difficultés, tout en tirant profit des opportunités de la stabilité politique et macroéconomique dont jouit le Royaume pour conforter son positionnement sur les plans continental et international.

Une orientation payante qui a permis au Maroc d’être parmi les principaux bénéficiaires du mouvement de relocalisation en cours à l’échelle internationale, notamment dans le secteur industriel, comme l’a montré un rapport de la Banque mondiale sur le «Nearshoring» datant de novembre 2023.

Et Akhannouch de résumer : «Le Royaume est devenu un chantier économique et commercial ouvert aux niveaux régional et international, ce qui a permis d’orienter notre pays vers des projets stratégiques dont la base est la construction d’une économie compétitive, faisant du Royaume un pôle attractif pour les investissements étrangers et un pont essentiel entre tous les continents et tous les pays».

 


La reprise économique stimule les importations
Au cours des neuf premiers mois de l’année, les exportations de biens du Maroc atteignent 331 milliards de dirhams, en hausse de 5,1% en variation annuelle.

Dans le même temps, les importations ont continué à être maitrisées à des niveaux «raisonnables», atteignant 554, à 1MMDH, en progression de 4,8%. Si l’on constate une diminution des importations énergétiques (-6% à 85,7 MMDH) et des produits bruts (-3,5% à 23,9 MMDH), l’on observe aussi une hausse de celles des produits finis de consommation (+6,6% à 128 MMDH), des produits semi-finis (+8,5% à 120 MMDH) et des produits d’équipement (+11,5% à 128 MMDH). Rien d’alarmant, au contraire.

Comme souligné par le chef du gouvernement, «l’augmentation de certaines composantes des importations marocaines est due à la reprise de l’économie nationale et à l’amélioration des indicateurs des secteurs productifs, outre une hausse de la demande pour divers produits de consommation et de produits semi-finis».

Ainsi, la hausse des importations des produits d’équipement (machines, etc.) traduit la dynamique d’investissement en cours au Maroc. De même, la nette amélioration de la demande intérieure, entamée depuis la mi -2023, se reflète dans la hausse des importations de produits finis.