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Cybersécurité : Le Maroc, un acteur clé au front

Face aux menaces, le Royaume s’est doté d’une stratégie nationale de cybersécurité, d’un cadre juridique robuste, mais aussi de capacités opérationnelles capables de faire face aux risques.

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Dans un monde de plus en plus interconnecté, la cybersécurité s’impose au fronton des préoccupations des États. Le Maroc, comme tous les autres pays de la planète, n’est pas à l’abri de cyberattaques. La multiplication des incidents, qui se comptent par dizaines ces dernières années, en est la démonstration.

D’où les efforts consentis tendant à la sécurisation du cyberespace national. Notamment, en termes de gouvernance. D’ailleurs, pas plus tard que début septembre, l’on a assisté à la nomination du général de brigade Abdellah Boutrig à la tête de la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI).

Une nomination qui intervient, en fait, «dans le cadre du renforcement du dispositif visant à doter le Royaume de systèmes de cybersécurité les plus performants», particulièrement au vu du rôle primordial que cette institution, relevant de l’Administration de la défense nationale, joue dans le cadre «du chantier de la transformation numérique du Royaume».

La coopération face aux risques

La tenue, du 15 au 19 septembre à Rabat, du Regional Cyber Week entre justement dans ce cadre tout en tendant vers le renforcement de la coopération internationale.

D’ailleurs, intervenant dans le cadre d’un panel organisé à l’occasion, le nouveau directeur général de la DGSSI a souligné que «dans un monde interconnecté, la protection des infrastructures critiques n’est plus une option», mais «un impératif stratégique», d’autant plus que les systèmes informatiques liés aux secteurs de l’énergie, du transport, de la santé et de la communication sont désormais «au cœur de nos économies et de nos sociétés».

Or, soulignera Boutrig, la moindre vulnérabilité expose ces systèmes à des risques aux répercussions profondes autant sur «la continuité des services» que sur «la confiance des citoyens et des partenaires internationaux». Et avec les nouvelles innovations technologiques, telles que l’intelligence artificielle et le Cloud, l’on assiste à une transformation du paradigme dans le domaine de la cybersécurité «en offrant des outils puissants pour détecter et neutraliser les menaces» d’éventuelles cyberattaques.

En effet, conscient des enjeux que constitue la cybersécurité et de son rôle primordial dans la protection du cyberespace national, le Maroc s’est doté d’une stratégie holistique «pour un cyberespace national fiable, sûr et résilient à même de soutenir la transformation digitale du Royaume, de promouvoir la prospérité économique et d’assurer le bien-être des citoyens».

C’est ce qu’a, en effet, rappelé Abdeltif Loudiyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la défense nationale, lors de l’ouverture de ce conclave, lorsqu’il évoquera que l’investissement dans la cybersécurité «permet non seulement de se protéger contre les risques, mais aussi de réaliser des gains tangibles en termes d’amélioration du climat des affaires, d’attraction des investisseurs, de croissance de la consommation et de renforcement de la compétitivité des entreprises».

Plus encore, le développement de la cybersécurité est également de nature à renforcer la confiance numérique et des citoyens et des entreprises tout en soutenant la transition vers une «économie numérique sûre et durable». Le tout avec en toile de fond le renforcement des infrastructures du pays et le développement «d’une offre de services numériques publics qui contribuent à l’amélioration de la performance administrative tout en facilitant l’accès aux services pour les citoyens et les entreprises».

Avec, en plus, la nécessité de renforcer les moyens humains et technologiques, notamment des établissements publics, pour une meilleure résilience face aux «malveillances de certains milieux».

Toujours est-il qu’il ne s’agit guère d’une affaire locale. Et c’est à ce titre que les intervenants du panel, qui s’est appesanti sur le «renforcement de la résilience grâce à la collaboration et à la sécurité des infrastructures», ont tenu à souligner que «la cybersécurité ne peut se bâtir sans une coopération internationale solide, capable d’anticiper les menaces, de partager les bonnes pratiques et de répondre rapidement aux crises».

À ce propos, le général de brigade a d’ailleurs relevé que «la collaboration est un élément essentiel à la création d’un écosystème numérique sûr qui dépasse les frontières nationales et s’inscrit dans un effort collectif pour protéger le continent africain et nos partenaires».

D’autant plus qu’en déployant sa stratégie de cybersécurité, le Maroc inscrit sa démarche dans une dimension transfrontalière, particulièrement dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Or, l’organisation du Regional Cyber Week entre justement dans ce cadre où le Royaume se positionne comme une source d’inspiration pour les pays de l’Afrique subsaharienne et est disposé à partager son expertise et son know-how avec eux. Et ce, que ce soit au niveau opérationnel ou encore en matière de gouvernance.


Encadrer le cloud
Dans le cadre du renforcement du dispositif de lutte contre les menaces de cyberattaques, le Maroc s’est doté récemment d’un référentiel national pour qualifier les prestataires du cloud. Selon les observateurs, il s’agit, en fait, «d’une initiative stratégique» dont l’objectif est de protéger les données sensibles et de participer au renforcement de la confiance dans l’écosystème numérique.

Ledit référentiel «établit les critères organisationnels, techniques, juridiques et de gouvernance que doivent remplir les prestataires souhaitant obtenir la qualification délivrée par l’autorité nationale.

Ce référentiel, aligné sur les bonnes pratiques internationales, traite notamment «des politiques de sécurité de l’information, de la gestion des identités et des accès, de la protection cryptographique des données, de la sécurité physique et environnementale, de la continuité d’activité, de la gestion des incidents de sécurité, du respect des réglementations applicables, ainsi que de la relation avec les tiers», lit-on dans un arrêté du chef du gouvernement publié au BO fin août dernier.