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Aéronautique : Le groupe Safran bétonne son ancrage industriel au Maroc

Quatre mois seulement après l’annonce de l’implantation d’une nouvelle ligne de production de moteurs d’avion à Casablanca, le groupe français a acté officiellement le lancement de son projet d’une usine de production des trains d’atterrissage à Nouaceur. Zoom sur l’ancrage industriel de Safran au Maroc.

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Le Maroc est en train de bâtir lentement mais sûrement un large écosystème d’industrie aéronautique, à l’instar de celui de l’automobile (aujourd’hui premier poste des exportations nationales devant les phosphates et ses produits dérivés).

Pour preuve, près de quatre mois après le lancement des travaux de construction du complexe de maintenance et de réparation des moteurs de nouvelle génération LEAP (octobre 2025) et l’annonce de l’implantation d’une nouvelle ligne de production de moteurs d’avion (LEAP-1A), le groupe français Safran a acté, lors d’une cérémonie présidée par SM le Roi, le 13 février 2026 à Casablanca, le lancement de son projet de réalisation d’une usine de production des trains d’atterrissage à Nouaceur.

En clair, ces nouveaux projets du leader mondial numéro 1 des fabricants de moteurs d’avion court et moyen-courriers permettent au Royaume de franchir un nouveau cap industriel et technologique.

Faut-il le rappeler, jusque-là, l’industrie aéronautique nationale ne produit que des nacelles de moteur. À cette donne s’ajoute le fait que ce sont les métiers de l’assemblage de sous-ensembles aéronautiques et les systèmes électriques embarqués (c’est-à-dire les activités de câblage) qui tirent les exportations, lesquelles ont culminé à 29 MMDH en 2025, soit une progression annuelle de 10%.

C’est dire donc le caractère hautement névralgique des nouveaux projets précités pour l’écosystème aéronautique grandissant du pays, dont l’objectif est de monter plus haut dans la chaîne de valeur.

Un projet de 280 millions d’euros
Mobilisant un effort d’investissement de 280 millions d’euros, avec à la clé la création de 500 emplois à terme, le projet de construction de l’usine de production des trains d’atterrissage du 3e acteur aéronautique mondial (hors avionneurs) dotera le Royaume d’un segment industriel très pointu.

À ce titre, il y a lieu de préciser que celui-ci intègre l’usinage de précision, l’assemblage de haute technicité, les essais, la certification et la maintenance avancée. Faisant partie de l’un des plus grands centres de fabrication de systèmes d’atterrissage au monde de Safran Landing Systems, la future unité industrielle de Nouaceur (alimentée à 100% en énergie décarbonée), dédiée à l’Airbus A320, sera bâtie sur un foncier de plus de 7 hectares.

Pensée pour abriter des procédés de haute technologie et des expertises clés, l’usine revêt une portée stratégique pour le groupe français, car elle permettra d’accompagner la montée en cadence de la production de la famille Airbus A320 et de préparer la prochaine génération d’avions court et moyen-courriers.

Cette grande ambition confirme indubitablement l’importance du Maroc pour Safran, visiblement déterminé à poursuivre avec le pays l’épopée technologique avec la production de systèmes particulièrement critiques à bord des avions, les trains d’atterrissage.

Par ailleurs, le nouveau projet sera un catalyseur pour l’essor d’un schéma industriel résilient et agile (et surtout à routes industrielles courtes pour Safran), puisque l’usine sera située à proximité géographique des sites d’assemblage actuels du groupe aéronautique et des lignes d’assemblage européennes d’Airbus.

Concernant le tissu aéronautique local, précisons que la future unité de production de trains d’atterrissage du géant aéronautique, présent au Maroc depuis 26 ans, jouera un rôle pivot au sein de l’écosystème marocain. En cela, il devrait entraîner dans son sillage de nouveaux fournisseurs, ce qui sera propice à l’augmentation du nombre d’entreprises aéronautiques (150) opérant sur le territoire national.

Une maîtrise des technologies complexes
La fabrication des systèmes de trains d’atterrissage au Maroc vient consolider la stature du pays en tant que l’une des destinations émergentes les plus dynamiques de l’industrie aéronautique.

Elle atteste également de la maîtrise par le Royaume de technologies complexes et d’une avancée majeure vers la consolidation de l’intégration industrielle dans les chaînes de valeur mondiales de l’aéronautique.

Pour rappel, le Royaume a réussi la prouesse d’intégrer des programmes aéronautiques clés pour ne citer que ceux de l’Airbus A320, le Boeing 737, le A350 ou encore le A330.

Mieux encore, concernant certaines pièces, la plateforme aéronautique nationale, qui s’appuie sur plus de 25.000 talents bien formés, est mono-source. À titre illustratif, citons les pièces du cockpit du A320, fabriquées exclusivement par l’usine d’Airbus Atlantic Maroc Composites, l’une des deux usines marocaines de l’avionneur européen.

Cette configuration reflète largement la grande confiance que le Maroc inspire auprès des grands donneurs d’ordre internationaux, extrêmement regardants quand il s’agit de savoir-faire technologique, des délais de livraison, des normes ou encore des certifications rigoureuses.

Ceci dit, après plus de deux décennies de progrès, facilité par une conjonction de facteurs favorables (coûts de production avantageux, appui étatique, main-d’œuvre qualifiée, stratégie dédiée…), le Royaume est devenu un bastion incontournable pour l’aéronautique mondiale. D’ailleurs, selon le département de l’Industrie, chaque avion qui vole dans le monde contient, au moins, une pièce fabriquée au Maroc.

Sur un autre registre, les multiples projets à haut contenu technologique, lancés par Safran (dont l’usine de production de moteurs d’avion d’une capacité de 350 unités par an), couplés aux investissements chiffrés à plusieurs milliards de dirhams, réalisés par des ténors mondiaux au cours des trois dernières années (Pratt& Whitney, Collins Aerospace, Embraer…), placent le secteur aéronautique dans une bonne posture pour atteindre les objectifs fixés pour 2030.

Pour rappel, le ministre de l’Industrie, Ryad Mezzour, s’attend au cours des quatre prochaines années au doublement des revenus à 60 MMDH et des emplois autour de 50.000 postes de travail.


Plus de 4.800 collaborateurs au Maroc
Présent dans le Royaume depuis 1999, le groupe Safran, qui revendique aujourd’hui la création de plus 4.800 postes de travail – sachant que les nouveaux projets lancés induiront à terme plusieurs centaines d’emplois –, incarne localement une trajectoire de développement similaire à celle du secteur aéronautique national.

Ce dernier a monté en gamme progressivement au cours des vingt dernières années. À ses débuts au Maroc, l’activité de Safran se limitait uniquement à l’entretien des moteurs d’avion de la RAM. Peu de temps après, le groupe français a étendu son activité dans le Royaume vers la production de harnais électriques.

Ce n’est qu’en 2006 que Safran Nacelles Morocco a entamé la production de matériaux composites et l’assemblage de nacelles et de ses sous-ensembles.

L’année 2015 marque le début de la production par Safran Electronics & Defense Morocco d’équipements électromécaniques pour plusieurs constructeurs aéronautiques (Airbus, Boeing, Honeywell, Agusta…).

Il y a lieu d’ajouter que le géant aéronautique dispose également d’un site situé dans la zone industrielle de Tiflet. Il est spécialisé dans le montage, le réglage et les tests d’équipements électroniques et mécaniques pour les systèmes de gestion du carburant.