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Économie : Digital, cannabis et défense

Rétrospective des moments clés illustrant les avancées de l’économie marocaine en 2024 : Les travaux de la plus grande station de dessalement de l’eau sont lancés, à Casablanca en juin. Un mégaprojet stratégique à la hauteur du stress hydrique auquel le Maroc fait face. L’année est également marquée par le lancement de l’épopée de l’hydrogène vert, mais aussi le coup d’envoi pour une industrie de défense signée Maroc.

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11 MARS
L’épopée de l’hydrogène vert
La circulaire du chef du gouvernement annonce le début effectif de l’aventure de l’hydrogène vert au Maroc. Le document vient expliciter l’«Offre Maroc», ses objectifs, les conditions d’éligibilité des projets, ainsi que le processus et les acteurs de sa mise en œuvre.

Un million d’hectares de terres ont été affectés à des projets dans le cadre de la mise en place de l’écosystème intégré H2 vert. Fin août, soit six mois après la diffusion de la circulaire, Masen avait déjà reçu près de 40 demandes de projets dans les différentes régions du Royaume, principalement dans les provinces du Sud, mais aussi dans l’Oriental.

C’est dans la région de Guelmim-Oued Noun où la plus grande superficie dédiée au développement de cette activité a été mobilisée. C’est d’ailleurs dans cette région qu’il a été annoncé la création de la première plateforme technologique et industrielle visant le développement de la chaîne de valeur de l’hydrogène vert et ses dérivés, la «GON H2 Valley».

C’est aussi cette région qui abrite le premier projet intégré dans le domaine, le projet «Chbika», objet du contrat préliminaire de réservation du foncier, signé le 28 octobre entre le Maroc et un groupement d’entreprises.

Ce projet vise à construire 1 GW de capacités solaires et éoliennes pour produire le H2 vert par électrolyse d’eau de mer dessalée et sa transformation en 200.000 tonnes par an d’ammoniac vert à destination de l’UE, exporté depuis un port dédié. Il vient de faire l’objet d’une réunion de suivi, la deuxième du genre, présidée par le ministre délégué chargé de l’Investissement.

10 JUIN
C’est parti pour la station de dessalement de Casablanca
Mégaprojet stratégique à la hauteur du stress hydrique auquel fait face le Royaume, la station de Casablanca sort de terre, suite au coup d’envoi princier.

Pièce maîtresse du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation, la future station, qui permettra de répondre à la demande croissante en eau du Grand Casablanca, de Settat, Berrechid et Bir Jdid, soit une population de 7,5 millions d’habitants, aura à terme une capacité annuelle de 300 millions de m3, ce qui fera d’elle la plus grande d’Afrique.

Réalisée en deux tranches, dont la première sera achevée en 2026, elle nécessite un investissement global de 6,5 milliards de dirhams, mobilisés grâce à un partenariat public-privé.

En plus de sa dimension, la station sera aussi un bijou de technologie, alimenté aux énergies renouvelables. Globalement, l’eau de mer dessalée deviendra l’une des principales sources d’eau potable dans les grands centres urbains du pays. À ce jour, 16 stations ont été achevées (dont celles d’OCP à Jorf, Safi et Laâyoune ou encore celle d’Agadir), tandis que 5 autres stations sont en construction, en plus de la programmation de la construction de nombreuses autres.

Parmi elles, la station de Rabat, qui sera réalisée par Veolia, d’une capacité de 300 millions de m3 par an. L’opérationnalisation de tous ces projets portera la capacité de dessalement du Royaume de 145 millions à 1,7 milliard de m3 d’ici 2030.

25 SEPTEMBRE
Maroc Digital 2030 : Le Royaume passe en mode connecté
La ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’Administration a présenté la nouvelle stratégie «Maroc Digital 2030». Cette feuille de route ambitieuse entend positionner le Maroc comme un hub digital de référence, en Afrique et au-delà.

À l’horizon 2030, cette stratégie vise la création de 240.000 emplois directs dans le numérique et une contribution de 100milliards de dirhams au PIB. Dotée d’un budget de 11 milliards de dirhams sur la période 2024-2026, elle est structurée autour de deux axes principaux : simplifier et moderniser les services publics, tout en soutenant la croissance de l’économie numérique.

Les start-up sont au cœur de cette transformation : Maroc Digital 2030 cible l’émergence de 3.000 jeunes entreprises innovantes et des levées de fonds dépassant 7 milliards de dirhams, contre260 millions en 2022.

Pour garantir le succès de cette stratégie, plusieurs conventions ont été signées, incluant notamment un programme dédié aux PME Tech, le renforcement de la formation professionnelle digitale et un contrat-programme pour développer l’offshoring.

27 SEPTEMBRE
Coup d’envoi pour l’industrie de défense
Le Maroc et la société Tata Advanced Systems Limited (TASL), filiale du conglomérat international Tata Group, ont conclu un partenariat stratégique visant la production locale de véhicules de combat terrestre WhAP 8×8, à l’usine baptisée Tata Advanced Systems Maroc (TASM), avec un taux d’intégration de démarrage de 35% (50% à terme).

Une première concrétisation des directives royales visant la modernisation et le renforcement des capacités opérationnelles des FAR et promouvant ainsi l’autonomie et la souveraineté nationales, notamment en matériel de mobilité de défense. Avec ce projet, le Royaume ambitionne de devenir, à terme, un pôle régional pour la production de matériel de mobilité de défense.

En effet, ce projet place le Maroc au centre de l’attention en tant que pôle de développement en matière de défense et ouvre des perspectives prometteuses pour les investisseurs d’autres pays intéressés. Quelques mois plus tôt, en mai, la société israélienne BlueBird Aero Systems avait annoncé le démarrage prochain d’une unité de production de drones militaires dans le Royaume.

D’autres pays ont manifesté leur intérêt pour contribuer à l’industrie militaire naissante au Maroc. Le Brésil, la Tchéquie, l’Azerbaïdjan, mais aussi la France et les États-Unis, entre autres pays, pourraient faire partie de l’aventure. Au cours de l’année, rappelons-le, le Conseil de gouvernement a adopté un décret portant création de deux zones d’accélération industrielles dédiées.

19 DÉCEMBRE
Médicament marocain à base de cannabis
Pharma 5 dévoile son premier médicament à base de cannabis 100% marocain. Une solution buvable destinée au traitement des épilepsies. Cette première atteste de la dynamique que connaît la filière depuis l’adoption, en 2021, de la
loi 13-21, légalisant la culture du cannabis à vocation médicale et industrielle.

L’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis compte doter la filière d’un plan stratégique sur 10 ans. En attendant, une zone économique dédiée aux activités de transformation de cannabis a été créée à la commune d’Issaguen, dans la province d’Al-Hoceima, mobilisant une enveloppe budgétaire d’environ 45 millions de dirhams.

Elle sera dédiée aux activités liées à la transformation et à la valorisation du cannabis, pour en tirer des produits destinés aux usages médical, cosmétique et industriel. On notera aussi qu’un protocole d’accord a été signé avec la société Somacan concernant la réalisation d’une unité de transformation de cannabis à usage pharmaceutique dans le parc industriel d’Ain Cheggag (province de Sefrou). Un investissement de 60 millions de dirhams qui vise la création de 100 emplois directs.

Aussi, l’Anrac a accordé, au cours de 2024, 3.000 autorisations pour la transformation, la commercialisation, l’exportation et l’importation des semences et le transport.