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Sanlam-Allianz : Vers l’émergence d’un acteur majeur

Annoncé pour juillet 2026, le rapprochement entre les deux compagnies devrait permettre la création d’un nouvel acteur de poids dans le paysage marocain des assurances. En interne, les préparatifs vont bon train pour réussir l’intégration.

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Le secteur marocain des assurances s’apprête à vivre un événement majeur avec la fusion de Sanlam Maroc et Allianz Maroc, une opération susceptible de bousculer l’environnement concurrentiel du secteur. Annoncé il y a deux ans déjà, le dossier a connu un coup d’accélérateur le 13 mars dernier, suite à l’annonce par les deux compagnies des termes du projet de fusion par voie d’absorption par Sanlam Maroc d’Allianz Maroc. On apprend ainsi que la valeur des fonds propres d’Allianz Maroc a été fixée à 2,605 milliards de dirhams.

Sur cette base, une parité d’échange de 2 actions Allianz Maroc pour 5 actions Sanlam Maroc a été fixée. L’opération s’accompagnera d’une augmentation de capital réservée aux actionnaires de la société absorbée. La fusion-absorption devrait prendre effet au début du mois de juillet 2026. À compter de cette date, la société Allianz Maroc sera dissoute de plein droit.

«La réalisation de ce projet reste soumise à la concrétisation d’un certain nombre de conditions suspensives (feu vert de l’ACAPS et de l’AMMC, mais aussi des deux assemblées générales, Ndlr). Cela fait deux ans qu’on en parle, mais ça commence à sentir bon. Les choses avancent», a déclaré Yahia Chraïbi, directeur général de Sanlam, lors de la conférence de presse de présentations des résultats annuels de la compagnie.

Il est vrai que la concrétisation de cette fusion n’a pas été une sinécure. Elle s’inscrit, pour rappel, dans le cadre du rapprochement stratégique initié en 2023 par les leaders panafricains Allianz et Sanlam pour la création de la joint-venture SanlamAllianz, une structure qui regroupe les entités des deux compagnies dans les pays africains de présence, soit au total 29 pays, dont le Maroc.
Dans le Royaume justement, la joint-venture SanlamAllianz a été autorisée en juin 2023, avec toutefois une condition stricte du Conseil de la concurrence : la mise en place d’un «hold separate» entre Allianz Maroc et Sanlam Maroc, pour éviter des distorsions de concurrence dans la branche de l’assurance-vie.

Cette mesure obligeait les deux compagnies à rester concurrentes et séparées jusqu’à ce que des engagements structurels soient satisfaits. Parmi ceux-ci, la cession par Allianz Maroc de plusieurs points de vente, dans 16 villes, à Wafa Assurance. Un engagement qui a conduit l’autorité de la concurrence à lever le «hold separate», donnant les coudées franches aux deux entités pour faire avancer le dossier. Et surtout, préparer les équipes…

Les synergies déjà identifiées
«En interne, nous nous préparons depuis des mois à cette intégration éventuelle», confirme Chraïbi. Des synergies sont d’ores et déjà identifiées, tant en termes de coût que de business. Le top management de Sanlam Maroc assure qu’un focus particulier est mis sur la maitrise des charges, comme en témoigne la baisse tendancielle des frais généraux. «Nous faisons très peu de remplacements quand il y a des départs, ce qui nous a permis de bien contenir la masse salariale depuis quelque temps. La même chose se passe chez Allianz Maroc. L’objectif étant d’anticiper une partie des synergies avant même la finalisation de l’opération», a précisé le patron de Sanlam Maroc.

Sur le plan commercial, les synergies liées au réseau de distribution sont également mises en avant. «Nous avons déjà le réseau le plus grand avec 550 points de vente, et nous devrions passer à 750 avec la fusion. Cela va nous permettre d’améliorer encore plus la proximité que l’on a avec nos clients. Nous savons à quel point c’est important pour notre secteur, notamment dans la branche automobile».

Déjà leader dans le segment non-Vie et en particulier dans les branches auto et santé, Sanlam Maroc voit désormais encore plus grand. «Sur le plan stratégique, l’opération, si elle se concrétise, va nous permettre de renforcer notre position sur le marché, de devenir un acteur de référence au Maroc. Dans les assurances, dans n’importe quel marché, la taille est importante», souligne Chraïbi.

Une part de marché d’environ 13%
En absorbant Allianz Maroc, Sanlam Maroc viendrait se positionner au troisième rang des compagnies du secteur, au lieu de la cinquième place actuellement, modifiant les rapports de force entre les acteurs. En effet, en ajoutant les 2,16 MMDH de primes émises en 2025 par Allianz Maroc et les 6,2 MMDH de Sanlam, le nouvel ensemble devrait peser près de 8,3 MMDH de primes, soit une part de marché de 13%, dépassant Axa Assurance, AtlantaSanad, et sera au coude-à-coude avec la Mutuelle Taamine Chaabi (dont les primes sont exclusivement émises sur la branche Vie).

Sur la branche non-Vie, la compagnie, qui dispose d’une part de marché de 16%, pourrait creuser l’écart avec ses concurrents et cibler une part de marché proche de 20% après la fusion.
Sur la branche Vie, l’intégration d’Allianz Maroc devrait permettre de relancer cette activité, impactée par la fin du partenariat exclusif noué avec Crédit du Maroc dans la bancassurance.
En baisse de 31% en 2025, et représentant désormais moins de 9% du total des primes émises, la branchie Vie de Sanlam pourrait connaitre un nouvel élan en intégrant Allianz Maroc, dont l’activité sur cette branche est dynamique, avec des primes en hausse de 11%, à 432 MDH.

La combinaison des expertises des deux groupes est également perçue comme un levier de différenciation. Surtout dans un contexte où l’accès aux compétences devient un enjeu majeur, selon les dires de Chraïbi.

Ainsi, résume-t-on chez Sanlam Maroc, la fusion doit déboucher sur la constitution d’un acteur unique de l’assurance et de la réassurance, plus efficient et mieux capitalisé, combinant des expertises et des ressources complémentaires.

À noter enfin que la politique de dividendes devrait rester inchangée. Selon le top management de Sanlam Maroc, «le groupe maintient un taux de distribution compris entre 65 et 75% du résultat. Nous conservons cette fourchette comme référence, tout en restant ponctuellement ouverts à des niveaux de distribution plus élevés».
Ce fut le cas pour l’exercice 2025, puisque Sanlam Maroc propose un taux de distribution de 90% à ses actionnaires, grâce à des niveaux de trésorerie et de fonds propres jugés confortables.