Argent
Résultats semestriels : L’effet Maroc Telecom !
Alors que les revenus des sociétés de la cote casablancaise ressortent en hausse de 4,3%, au terme du premier semestre 2023, le bénéfice global a chuté de 2,6% en raison notamment de la provision constituée par Maroc Telecom de 6 milliards de dirhams.
La première moitié de l’exercice en cours s’est soldée par des réalisations au beau fixe pour les sociétés cotées. Elles ont réalisé un chiffre d’affaires de 151 milliards de dirhams, en progression de 4,3% par rapport à la même période de l’année 2023. Le bénéfice global a totalisé 16,8 milliards de dirhams, en recul de 2,6%. Sauf qu’il a été grevé par l’importante provision que l’opérateur Maroc Telecom a réalisée, de 6 milliards de DH, dans le cadre de son litige avec inwi. Retraité de cet élément non récurrent, le résultat net part du groupe aurait pointé à près de 21 milliards de dirhams, en progression de 21%, selon BMCE Capital Global Research.
Les revenus agrégés de la cote casablancaise sont portés notamment par le secteur de la santé dont le chiffre d’affaires s’est amélioré de 26%. Les trois opérateurs ont certes contribué à cette performance, mais Akdital est celle qui a volé la vedette, enregistrant un volume d’affaires de 1,2 milliard de dirhams, en croissance de 51%. Elle a en effet profité de la bonne performance des entités historiques et de la dynamique des nouvelles ouvertures de 2022 et 2023, notamment les cliniques de Tanger, d’Agadir, de Salé, de Safi, de Fès, de Mohammédia et de Béni Mellal.Marsa Maroc a également tiré les revenus globaux, avec un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dirhams, en progression de 17%, tiré notamment par une croissance de 14,5% du trafic manutentionné à 31,3 MT.
Le dynamisme commercial des banques mais aussi du secteur immobilier a dopé les revenus de la cote avec une amélioration du chiffre d’affaires de 13,2% et 12,3% respectivement à 45,7 milliards de dirhams et 3 milliards de dirhams.
Résultat opérationnel en quasi-stagnation
Alors que l’activité des sociétés cotées s’est affichée en augmentation, le résultat d’exploitation, lui, est ressorti en stagnation (-0,2%). Des évolutions disparates sont enregistrées dans les différents secteurs de la cote. Total Energies Marketing Maroc, par exemple, a connu une hausse fulgurante de son REX, bondissant de 3,5 fois, à 604 MDH, grâce essentiellement à «la baisse des cours de pétrole et de stocks moins importants qu’au premier semestre de l’année précédente» selon BKGR. Marsa Maroc, elle, a réalisé un résultat opérationnel de 1,1 milliard de dirhams, en appréciation de 40%, au moment où Addoha l’a doublée (+116%) à 319 MDH.
Les opérateurs du secteur du BTP ne sont pas en reste. TGCC a propulsé son résultat d’exploitation de 92% à 409 MDH et Jet Contractors l’a quadruplé (+228%) à 197 MDH.
Cette bonne orientation a été fortement atténuée par la contre-performance du résultat technique des compagnies d’assurance, qui s’est replié de 4,9% à 1,2 milliard de dirhams. Selon BKGR, il est impacté par la mauvaise tenue de celui de Wafa Assurance avec une baisse de 16,3% – suite à l’alourdissement de près de 16% des charges de sinistres – liée vraisemblablement à une politique de provisionnement plus prudente.
Les sociétés de crédit ont également tiré le résultat opérationnel global vers le bas, puisqu’elles ont enregistré une baisse du résultat d’exploitation de 4% : -40,3% pour Maroc Leasing et 8,8% pour Eqdom. Seule Maghrebail s’en est sortie avec une hausse de 17,3%.
IAM a fortement enfoncé les bénéfices
Au final, la capacité bénéficiaire des sociétés cotées est ressortie à 16,9 milliards de dirhams, en recul de 2,6%. Cette réduction est due exclusivement à la chute du résultat net de Maroc Telecom, qui est passé dans le rouge, atteignant un déficit de 1,1 milliard de dirhams. Rappelons la provision effectuée par Maroc Telecom suite au différend qui l’a opposé à Wana Corporate de 6 milliards de dirhams. Autrement, le résultat net global serait en hausse de 21%, à 21 milliards de dirhams.
Ce sont les banques qui auraient contribué le plus aux bénéfices de la cote, avec un RNPG global de 10,6 milliards de dirhams, en augmentation de 26,1%. «63% de la contribution positive découle de la bonne performance commerciale et opérationnelle des banques, ayant permis de compenser l’aggravation du coût du risque», estiment les analystes de BKGR.
Plusieurs autres secteurs y ont fortement participé également, à l’instar de l’immobilier, qui a hissé ses bénéfices à 333 MDH, soit une hausse de 72,5%, ou encore celui du gaz qui a totalisé des bénéfices de 767 MDH, en progression de 68,6%. La capacité bénéficiaire des compagnies d’assurance, elle, s’est appréciée de 57% à 1,1 milliard de dirhams, celle des sociétés agroalimentaires de 27,6% à 689 MDH. Pour ce dernier, il y a lieu de noter la grande contribution de Mutandis qui a réalisé un RNPG en croissance de 177% à 107 MDH et de Lesieur Cristal avec 79 MDH, en progression de 243%.
Cinq sociétés sont toujours dans le rouge
À côté de Maroc Telecom qui a enregistré un déficit de 1,1 milliard de dirhams à fin juin, d’autres sociétés sont toujours en territoire négatif. Il s’agit de la SNEP, qui a creusé son déficit à -32,1 MDH contre 20,5 MDH à la même période de 2023, en raison aussi bien de la baisse des ventes que des prix du PVC, de la société des réalisations mécaniques dont le résultat net s’est enfoncé dans le rouge avec -11 MDH, malgré une hausse du CA de 12%, ou encore de Stroc Industrie qui a enregistré un déficit de 7 MDH au lieu de -11 MDH à fin juin 2023. À côté de celles-ci, Résidences Dar Saada a réalisé un résultat net déficitaire également de 17 MDH, alors qu’une année auparavant elle avait affiché un déficit de 8 MDH.
