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PLF 2025 : Le pack «Pouvoir d’achat» de l’Exécutif
Produits de base, électricité, produits alimentaires, impôts sur le revenu, salaires…, le gouvernement met le paquet sur le soutien au pouvoir d’achat, à travers une panoplie de mesures impactantes. Tour d’horizon.
L’inflation a beau revenir à des niveaux normatifs (l’indice des prix à la consommation s’est établi à +0,8% en septembre en variation annuelle), mais le gouvernement ne lève pas le pied pour autant dans son soutien au pouvoir d’achat des Marocains.
Dans un contexte international toujours instable, marqué par une volatilité déconcertante des cours mondiaux, le gouvernement Akhannouch poursuit plus que jamais sa lutte contre la vie chère.
La panoplie de mesures prévues dans ce sens dans le projet de Loi de finances 2025 est là pour en témoigner. Ces mesures s’inscrivent dans la continuité de celles déjà déployées visant notamment l’atténuation des incidences socioéconomiques de l’inflation, la lutte contre les effets de la sécheresse, auxquelles s’ajoutent les engagements pris par le gouvernement dans le cadre du dialogue social portant sur les salaires, le SMIG ou encore l’impôt sur le revenu. Au total, c’est un véritable pack «Pouvoir d’achat» que l’Exécutif a concocté.
Salaires, SMIG, IR… : Les revenus en hausse
Soutenir le pouvoir d’achat, c’est avant tout améliorer les revenus des travailleurs. Et c’est précisément ce à quoi s’est attelé le gouvernement depuis le début de son mandat, en concluant plusieurs accords avec les partenaires économiques et sociaux dans le cadre du dialogue social.
Ainsi, du côté du secteur privé, la hausse du SMIG de 10% sera opérationnelle dès le 1er janvier 2025 pour une première tranche de +5% (la seconde tranche sera appliquée le 1er janvier 2026). Quant au salaire minimum agricole garanti (SMAG), une première hausse de 5% sera appliquée le 1er avril 2025 (puis une seconde tranche de 5% en avril 2026).
La révision de l’impôt sur le revenu (IR) est également l’une des mesures phares de ce PLF. Le nouveau barème proposé par le gouvernement dans le PLF 2025 constitue une véritable aubaine pour les travailleurs du secteur privé, notamment pour les petits salaires et les classes moyennes. Ainsi, à compter du 1er janvier, la première tranche du barème relative au revenu net exonéré passera de 30.000 à 40.000 dirhams, ce qui va permettre d’exonérer les revenus salariaux inférieurs à 6.000 dirhams par mois. Les autres tranches du barème ont été révisées, avec une réduction progressive des taux d’imposition pouvant atteindre jusqu’à 50%.
Quant au taux marginal, il passera de 38 à 37%.
Pour ce qui est du secteur public, la deuxième tranche de l’augmentation mensuelle nette de 1.000 dirhams sera appliquée le 1er juillet 2025 aux fonctionnaires, après que la première tranche de cette augmentation a été appliquée en juillet 2024, conformément à l’accord social du 29 avril 2024.
Par ailleurs, l’ensemble du personnel de l’Éducation nationale bénéficiera, dès le 1er janvier 2025, de la seconde tranche de l’augmentation mensuelle nette de 1.500 dirhams, conformément à l’accord social de janvier 2023. En ce qui concerne le secteur de la santé, l’augmentation de 500 et 200 DH au profit respectivement des infirmiers et des cadres administratifs sera appliquée le 1er juillet 2025. Ces montants viendront s’ajouter aux 1.000 dirhams d’augmentation des salaires pour les fonctionnaires évoqués plus haut.
Au total, le gouvernement veillera à honorer ses engagements dans le cadre du dialogue social, avec un budget de 20 MMDH consacré à cet effet dans le PLF 2025, ce qui portera le total des engagements à environ 45 MMDH d’ici 2026.
Gaz, sucre et blé : 16 MMDH pour soutenir les prix
En 2025, la Caisse de compensation va continuer à jouer son rôle de stabilisateur des prix du butane, du sucre et de la farine nationale de blé tendre, trois produits de base très largement consommés par les Marocains. Le gouvernement a, en effet, budgétisé une enveloppe de 16,5 milliards de dirhams pour subventionner ces produits de base dans le cadre du PLF 2025, soit un montant quasi identique à celui budgétisé dans le PLF 2024. De quoi répondre au double impératif de contenir la montée des prix de ces produits, d’une part, et d’en assurer un approvisionnement régulier sur le marché local, d’autre part.
Il faut noter que malgré le démarrage en mai 2024 de la décompensation progressive du gaz butane, marquée par une hausse de 10 dirhams pour la bonbonne de 12 kg, la charge de compensation reste élevée pour l’État. Entre janvier et août 2024, le soutien moyen du gouvernement pour chaque bouteille s’est élevé à 63 dirhams, pour un total dépassant les 10 milliards de dirhams.
Électricité : 4 MMDH supplémentaires pour l’ONEE
Stabiliser les prix de l’électricité et éviter une hausse des tarifs pour les consommateurs demeurent une priorité du gouvernement. Cet engagement a été réitéré pour 2025, au prix, une fois de plus, d’un gros effort budgétaire. Ainsi, l’État a prévu de débourser cette année pas moins de 4 milliards de dirhams à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) en vue de couvrir l’augmentation des coûts de production de l’électricité et d’éviter que cette hausse ne se répercute sur les prix payés par les ménages.
Cette dotation budgétaire est prévue par le protocole d’accord signé entre le gouvernement et l’Office, et qui a déjà occasionné le versement à l’ONEE de 5 milliards de dirhams en 2022, de 4 milliards de dirhams en 2023 et de 4 milliards en 2024.
Viandes rouges : Coup de pouce à l’import
Le gouvernement reste tout aussi mobilisé sur le front de la lutte contre la hausse des prix des produits alimentaires. En effet, suite à la succession des années de sécheresse aiguës qu’a connues le pays, l’Exécutif a mis en place, pour la campagne agricole 2024-2025, un ensemble de mesures urgentes pour la préservation de l’approvisionnement, continu et suffisant, du marché national en produits agricoles, et ce ,à des prix abordables. L’une des principales mesures concerne le prix des viandes rouges, qui a enregistré des hausses conséquentes.
Ainsi, le gouvernement a mis en place l’exonération de la TVA à l’importation et la suspension des droits d’importation appliqués aux bovins, ovins, caprins et autres camélidés. Concrètement, le Budget général de l’État prendra en charge la TVA à l’importation applicable aux bovins domestiques dans la limite de 120.000 têtes et aux ovins domestiques dans la limite de 100.000 têtes.
Cette mesure concerne également la TVA à l’importation applicable aux viandes et abats des animaux des espèces bovine, ovine, caprine et camélidés, dans la limite de 20.000 tonnes. De quoi ramener à des niveaux raisonnables les prix des viandes rouges qui ont atteint des niveaux record sur les marchés.
