Argent
Marché actions : Une dynamique haussière sans relâche
La Bourse de Casablanca est ancrée dans un mouvement de fond haussier qui s’inscrit dans la durée. Portées par une croissance économique favorable, les réalisations de la cote sont prévues en nette amélioration à fin 2025. Les niveaux de valorisation restent toujours intéressants.
Le marché actions vit une période faste qui dure depuis près de 2 ans. Tous les indicateurs sont au vert, que ce soit l’indice global du marché, les volumes échangés, la capitalisation boursière ou les réalisations des sociétés cotées… Depuis le début de l’année, le Masi, volant d’un record à l’autre, a enregistré une croissance de 26%, pour dépasser les 18.000 points.
Les volumes, pour leur part, affichent une moyenne quotidienne de près de 500 MDH, soit plus du double par rapport à l’année dernière. La capitalisation boursière, elle, après avoir connu un recul à cause d’un mouvement de prise de bénéfices de la part des particuliers notamment, a amorcé une nouvelle hausse, atteignant 971 milliards de dirhams.
L’équipe Analyse et recherche de BMCE Capital s’attend à une poursuite de ce cycle haussier. Il devra s’inscrire dans la durée tant que les voyants sont toujours au vert. Selon Khadija El Moussily, Head of Equity de BKGR, «la tendance devra se poursuivre cette année et sera soutenue par différents éléments, à commencer par l’amélioration du contexte macroéconomique qui lui-même sera porté par la bonne tenue des activités non agricoles, ainsi que par la dynamique de la demande interne».
En effet, les différentes institutions économiques mondiales et nationales prévoient une embellie de l’économie en 2025, avec des scénarii de croissance de 3,8% pour le HCP et l’OCE et de 3,6% pour la Banque mondiale, alors que l’économie mondiale devra croître de 2,5%.
Banques, BTP, santé…, les stars
Dans ce contexte, plusieurs secteurs se démarquent aussi bien au niveau de leurs réalisations que sur le plan du comportement de leurs cours en Bourse, à commencer par les bancaires.
En effet, «le secteur continue d’afficher de bonnes réalisations, consécutivement à la dynamique d’investissement à laquelle on assiste, mais aussi grâce à un environnement de taux bas», ajoute El Moussily, qui reste favorable et qui oriente l’épargne vers des placements plus rentables, dont le marché actions.
En plus de ce secteur, ceux du BTP et de l’immobilier devraient également bien se porter et présentent des perspectives prometteuses, avec l’accélération des chantiers liés à l’organisation de la CAN 2025 et de la Coupe du monde 2030.
«Le secteur de la santé devrait se distinguer sous l’effet de la bonne tenue des entités historiques mais aussi de l’impact des récentes ouvertures hospitalières», précise El Moussily. Mis à part ces valeurs, d’autres devraient particulièrement se démarquer à l’instar de Managem qui, elle, devrait tirer profit de l’évolution positive des métaux de base et des métaux précieux également.
Dans ces conditions, BKGR prévoit une progression de la capacité bénéficiaire de 29% en 2025, pour atteindre plus de 47 MMDH. Elle intègre la non-récurrence de l’amende de Maroc Telecom. Retraitée de cet élément exceptionnel, la masse bénéficiaire serait en hausse de 11%. Pour rappel, au premier trimestre de cette année, les revenus cumulés des sociétés cotées se sont élevés à 81,1 milliards de dirhams, en progression de 7,2% comparativement à fin mars de l’année dernière.
Une valorisation toujours intéressante
L’augmentation de la masse bénéficiaire de la cote, accompagnée d’une progression remarquable des cours, implique que le marché actions réussit à maintenir des niveaux de valorisation intéressants. En effet, le PE était de 20x en 2024 et s’affiche à 21,6 x en 2025, un niveau jugé attractif, très «correct» par rapport à la moyenne des dernières années, et qui donc devrait continuer à séduire les investisseurs, tous types confondus.
S’il y a un autre élément à rajouter à la donne, c’est bien l’environnement bas des taux obligataires, qui ne devrait pas changer de sitôt. En effet, le Trésor se trouve depuis quelques mois dans une situation confortable, avec des besoins annoncés de 3 MMDH en mars et 6 MMDH en avril comme fourchettes supérieures.
En juin, l’argentier de l’État a annoncé un besoin compris entre 14,5 et 15 MMDH au titre du mois de juin, il en a déjà levé 10 MMDH, de manière confortable sans qu’il y ait un changement notable au niveau des taux. Depuis le début de l’année, la baisse des taux va de 33 pbs pour le 13 semaines à 1,95%, à 52 pbs pour le 2 ans à 2,10%, ou encore de 56,3 pbs à 3,03%.
La situation ne devrait pas s’inverser, les investisseurs scrutent la prochaine réunion de la banque centrale, s’attendant à une nouvelle baisse du taux directeur. Ce scénario devrait arranger davantage le Trésor, notamment pour réduire le coût de son financement, sachant que les tombées pour les deux prochains mois s’élèvent à 15 MMDH.
Davantage de liquidité en perspective
Un des points positifs à rajouter à la donne, c’est bien tous les nouveaux produits qui alimenteront le marché et contribueront à améliorer la liquidité de la place, à l’instar du contrat à terme «Future sur Masi20».
«Avec ce type de produit, le Maroc ne sera plus qualifié de marché mono directionnel, puisque les investisseurs pourront jouer les paris à la hausse, comme à la baisse», explique Majd Guebbas, directeur général de BMCE Capital Bourse.
Il ajoute : «Les investisseurs étrangers, connus pour être friands de ce type d’instruments, s’intéresseront davantage au marché boursier marocain et contribueront donc à apporter plus de liquidités».
Quid des OPCVM cotés ou ETF ?
La loi sur les OPCVM, qui est en cours de promulgation, devra apporter un souffle nouveau et supplémentaire au marché actions, puisqu’elle devra donner naissance aux ETF. Ces fonds qui seront cotés à l’image d’une action permettront de traquer un indice, un secteur ou une stratégie.
Les investisseurs ne seront donc plus acculés à acheter toutes les valeurs d’un indice, mais plutôt un ETF qui est plus simple et surtout moins coûteux en termes d’exposition. Il faut savoir qu’«à l’échelle mondiale, la gestion passive supplante la gestion active en termes d’actifs sous gestion.
Ces ETF donc devraient faire doubler la taille des actifs investis sur le marché actions», estime Guebbas. C’est en tout cas ce qui a été observé sur les marchés étrangers lors du lancement des ETF.
