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Les relais de croissance de Sothema

Nouvelles molécules, expansion à l’international, croissance externe dans les dispositifs médicaux, généralisation de la couverture médicale… Le laboratoire pharmaceutique marocain a le terrain balisé pour booster ses revenus à moyen terme.

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Un chiffre d’affaires consolidé de 1,18 milliard de dirhams à fin juin 2023, en croissance de 3%, un EBITDA consolidé de 254 millions de dirhams, en recul de 12,4%, et un résultat net consolidé de 152 millions de dirhams, en légère baisse de 2,6%. Sothema aura connu de meilleurs semestres que le premier de l’année 2023. Des résultats somme toute attendus par le management, au vu essentiellement du contexte économique difficile dans lequel a évolué le secteur pharmaceutique, marqué notamment par une hausse des coûts des intrants, et des problèmes d’approvisionnement en matières premières. Des difficultés qui se sont atténuées depuis, à en croire le management de l’entreprise qui s’attend à un bien meilleur second semestre en termes de ventes.

Au-delà de ces considérations conjoncturelles, le leader marocain du secteur pharmaceutique, avec une part de marché de 10% en 2022, se prépare à passer à un nouveau palier de croissance, en s’appuyant sur différents leviers. Le premier, véritable nerf de la guerre de l’industrie, concerne l’élargissement du portefeuille de produits commercialisés, en misant sur la diversification et l’innovation, avec la volonté d’améliorer le «time to market», une notion bien connue des professionnels du marketing et qui correspond à la durée entre le développement d’un produit et son lancement sur le marché.

Le laboratoire présidé par Lamia Tazi, qui a déjà lancé avec succès 5 nouveaux produits cette année qui ont généré un chiffre d’affaires supplémentaire de 10 millions de dirhams, ambitionne d’introduire sur le marché pas moins de cinquante nouvelles molécules au cours des trois prochaines années, dont une dizaine seront commercialisées dès 2024. Selon le laboratoire pharmaceutique, ces molécules «incluent des innovations chimiques et biologiques, des génériques, des biosimilaires, des compléments alimentaires et des dispositifs médicaux», renforçant son arsenal thérapeutique et étendant sa portée à de nouvelles aires thérapeutiques. De quoi, assure le management de l’entreprise, «améliorer la prise en charge de diverses pathologies, tout en boostant la croissance des revenus et la rentabilité de Sothema à moyen et long termes.»

Focus sur l’international
L’extension de l’empreinte à l’international de Sothema est l’autre cheval de bataille du laboratoire. Déjà présent en Afrique, via sa filiale sénégalaise West Afric Pharma lancée en 2013, et via des bureaux de représentation en Afrique de l’Ouest, au Moyen-Orient et en Europe, le groupe pharmaceutique marocain réalise des performances à l’international en constante croissance. En 2022, les ventes à l’export ont affiché une hausse de presque 10%, soit un total de 163 millions de dirhams. Au premier semestre de 2023, deux nouveaux bureaux ont été ouverts dans des marchés prometteurs, l’un en Arabie saoudite, l’autre en Côte d’Ivoire. Des ouvertures qui, d’après Sothema, génèrent une «hausse des exportations des médicaments comme les biosimilaires, les héparines, l’insuline ainsi qu’une variété de génériques».

Mais cette stratégie d’internationalisation ne devrait pas se limiter à des médicaments exportés ou des services de sous-traitance. Elle devra surtout se traduire par l’implantation de nouvelles filiales, avec à la clé l’implémentation de nouvelles unités pharmaceutiques. Et c’est vers l’Afrique de l’Est que le laboratoire a jeté son dévolu. «La prochaine étape est l’Afrique de l’Est. Nous avons commencé à prospecter il y a deux ans et nous avons des opportunités pour construire quelque chose de nouveau», a récemment confirmé Lamia Tazi à Reuters, en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Marrakech. La future usine devrait se concentrer sur des «produits à haute valeur ajoutée», liés à l’oncologie et au diabète, entre autres. L’opération pourrait être bouclée d’ici la fin de l’année. Selon Reuters, une fois l’accord de partenariat conclu, Sothema devrait procéder à une levée de fonds.

Cap sur les dispositifs médicaux
En entrant, en août 2022, dans le tour de table de la société marocaine Promedic, Sothema a investi dans le très prometteur marché des dispositifs médicaux (poches, seringues, cathéters, tubulures médicales, etc.), avec en ligne de mire la mise en place d’une unité de production locale des dispositifs médicaux au pôle industriel de Had Soualem, sur une superficie de 6.520m². Les enjeux sont de taille : selon les chiffres de l’Association marocaine des professionnels des dispositifs médicaux (AMPDM), le secteur est estimé à 3 milliards de dirhams, dont 70% sur appels d’offres publics, tandis que la croissance annuelle de ce marché varie entre 7 et 10%. À ce jour, seulement 10% des dispositifs médicaux utilisés au Maroc sont fabriqués localement.

Pour le laboratoire pharmaceutique, ce marché est appelé à une hausse sensible du volume d’affaires, dans un contexte de politique de substitution aux importations et de promotion du made in Morocco prôné par le ministère de l’Industrie et du commerce, d’une part, et d’autre part, d’augmentation des budgets consacrés à la santé dans le sillage des grandes réformes menées par le gouvernement dans ce domaine.

C’est dans cette même logique que la société a pris une participation, fin 2022, dans Ziwig, start-up européenne active dans le diagnostic médical, un autre domaine en friche au Maroc et où Sothema affiche ses ambitions. Dans les dix prochaines années, plus de la moitié de la croissance de la société proviendra de ses participations externes.

Enfin, la croissance organique de Sothema, et de toute l’industrie pharmaceutique nationale, devrait bénéficier des retombées de la couverture sociale universelle. L’élargissement de la couverture médicale à 22 millions d’assurés étant susceptible de doper la consommation des médicaments à l’échelle nationale. Si à ce jour l’effet de cette généralisation ne s’est pas encore fait sentir sur les ventes de médicaments, reste que la hausse de la demande est inévitable pour une série de produits, comme les sérums, les anticoagulants ainsi que les traitements des maladies cardiologiques, oncologiques ou psychiatriques. Soit autant de domaines où Sothema occupe une position déjà solide sur le marché.