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Argent

Les champions de la cote… et les autres

À la fin du mois de juin de cette année, la performance du marché actions a été tirée, entre autres, par les secteurs immobilier et
des mines. En face, les télécoms et les services informatiques ont été malmenés. Trois secteurs sur les 23 cotés ont fini le semestre sur une note négative.

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Le marché actions aura évolué au premier semestre de cette année, dans des conditions très favorables. L’inflation est revenue à des niveaux normatifs, l’économie nationale montre des signes d’amélioration progressifs et les perspectives d’évolution demeurent favorables. La croissance économique a même été revue à la hausse, lors du conseil de Bank Al-Maghrib, à 2,8% en 2024.
Avec une performance globale de 10% à fin juin, les secteurs de la cote ont, en totalité presque, réalisé des évolutions favorables. Seuls trois secteurs sur les 23 cotés ont affiché des baisses, les autres ont tous connu des croissances intéressantes.

L’immobilier l’emporte
La plus forte performance est attribuée au secteur immobilier, avec une progression sectorielle de 121,6%. Si Addoha a clôturé le trimestre sur une progression du cours de 111% à 30,28 DH, les autres valeurs du secteur ont fait mieux avec 113% pour Alliances à 246 DH et 264% pour Residences Dar Saada à 79 DH. Il faut dire qu’elles ont toutes bénéficié de l’anticipation des investisseurs d’une bonne orientation des indicateurs au vu de la mise en place du mécanisme novateur d’aide à l’acquisition de logement. Le point commun entre ces trois compagnies est l’allègement de l’endettement et sa maîtrise, qui constituaient un obstacle à leur développement. Cela, en plus d’indicateurs au beau fixe.

Par valeur, l’explosion du cours de RDS s’explique par l’appréciation des indicateurs d’activité au premier trimestre, avec une hausse fulgurante des préventes, de 21 fois son niveau de l’année précédente, à 10.828 unités. La société a tiré profit de son positionnement sur le programme de relogement des ménages de la ville de Casablanca. D’ailleurs, elle a été adjudicataire d’un appel d’offres lancé en vue de reloger des bidonvillois pour un lot de près de 7.000 logements dans la ville blanche. Alliances, de son côté, continue de jouir des résultats de son plan stratégique 2022-2025 avec une orientation vers les lotissements, vers d’autres villes et avec un foncier appartenant au groupe. D’autant que la société a décidé de distribuer un dividende de 3 DH par action, après une suspension de trois années.

Enfin, Addoha a orienté sa politique vers une reconfiguration de ses projets initialement dédiés au social, pour les transformer en projets de moyen et de haut standing, et s’est également davantage tournée vers l’international.

Les mines, le bon cru
Le secteur minier a réalisé la deuxième plus forte progression semestrielle. Son indice boursier a ainsi augmenté de 43,4%, grâce essentiellement à Managem avec une hausse du cours de 42% à 2.500 DH, et ce, malgré un recul de ses résultats sur l’exercice 2023 et début 2024. En fait, les investisseurs et analystes tablent sur un rétablissement des cours des métaux, conjugué à la reprise de la mine d’or au Soudan, la mise en service des projets Boto et Tizert ainsi que la poursuite attendue de l’activité des métaux liés à la transition énergétique, comme le veut le nouveau virage que le groupe a emprunté.

La SMI, elle, a fini le semestre sur un cours de 2.350 DH, en croissance de 77,6%. La société devrait profiter des mêmes conditions que sa maison mère, à savoir «la poursuite de la tendance haussière des cours des métaux, notamment l’argent, et du retour à un niveau de production normatif, matérialisé par la hausse de la contribution de la carrière et la poursuite du travail sur son exploitation en vue d’augmenter la part de la production d’argent», selon BMCE Capital Global Research. D’autres facteurs plaident en faveur de la minière, à l’instar de la hausse de la demande industrielle d’argent en raison des investissements massifs dans les photovoltaïques, les réseaux électriques et les réseaux 5G, et la hausse continue de la demande globale du métal dans la fabrication de panneaux solaires.

La CMT, de son côté, a connu une hausse du cours de 18,3% à 1.290 DH, grâce essentiellement au développement de son activité avec l’obtention de six nouveaux permis de recherche pour toutes substances, portant ainsi le portefeuille diversifié à 34 permis miniers sur le territoire marocain, ainsi qu’à l’amélioration des réserves-ressources et à la mise en production imminente du nouveau puits d’Ighrem Aousser.

IAM perd du terrain
En revanche, Maroc Telecom, seule valeur cotée du secteur des télécommunications, a tiré la performance du Masi vers le bas, puisqu’elle a affiché une baisse de 9,5% de son cours en Bourse à 90,5 DH. Cela est dû notamment au litige qui l’oppose à Wana dont le premier verdict a abouti à une amende de 6,3 milliards de dirhams, auquel l’opérateur a fait appel et qui est provisionné à hauteur de 500 MDH seulement.  Au-delà, le groupe télécom continue de faire face à la contraction des parts de marché au Maroc, notamment sur le segment mobile, et à l’apparition de concurrents sur le paiement mobile en Afrique offrant des prix plus intéressants.

L’informatique à la traîne
La deuxième déception de la cote est représentée par le secteur informatique dont l’indice boursier a cédé 8,2%. Toutes les sociétés ne sont pas logées à la même enseigne. Le cours de Disty Technologies a progressé de 35% (258,5 DH), celui d’IBM a augmenté de 61% (33,4 DH), de Microdata de 8,3% (649,5 DH) et de Disway de 7,2% (697 DH). A contrario, la performance a reculé à cause de M2M qui a enregistré un repli de 27% (452 DH), de HPS avec une baisse de 16% (520 DH) et d’Involys de 4,5% (84 DH). Si Disty Techonolgies a réussi à propulser ses bénéfices de plus de 350% à 18,8 MDH, grâce à la croissance de son activité et à la nouvelle politique de change adoptée par la société, M2M a plongé dans un déficit de près de 22 MDH, suite à un contrôle fiscal, ayant abouti au règlement définitif d’un montant de 9,9 MDH. HPS, par contre a fait les frais des effets de la parité des changes qui a eu raison de son résultat net, ressortant en recul de 14,6% à 100 MDH, malgré une bonne orientation de son activité et sa conformité à son plan de développement.