SUIVEZ-NOUS

Argent

Les banques participatives proches du seuil de la rentabilité

À fin juin, le PNB des banques et fenêtres participatives a augmenté de 25%. À elle seule, Umnia Bank accapare une part de marché de 28%. Le résultat net global est toujours déficitaire, mais en forte amélioration. Al Akhdar Bank est la première banque à dégager un excédent.

Publié le


Mis à jour le

Le secteur des banques participatives maintient son rythme de croissance terminant le premier semestre de cette année sur des progressions à deux chiffres même. C’est une croissance de 20% qui a été enregistrée au niveau de l’encours des financements, pour un montant de 26 milliards de dirhams.

Umnia Bank et Bank Assafa, à elles seules, dominent 50% de part de marché avec des financements respectifs de 6,4 et 6,1 milliards de dirhams. En y rajoutant Bank Al Yousr et Dar Al Amane, la part de marché monte à 75%.
Dans ces conditions – et pour ne rien changer –, les financements immobiliers Mourabaha représentent plus de 80% de l’encours participatif global avec 21 milliards de dirhams, contre 12% des financements à l’équipement (3,2 milliards) et moins de 6% pour les financements à la consommation et à la trésorerie (1,6 milliard).

Si Umnia Bank et Bank Assafa sont au coude-à-coude sur la Mourabaha avec 5,2 milliards et 5,6 milliards de dirhams respectivement, ces deux banques devancent de loin les autres qui, elles, enregistrent un encours de 3,5 milliards de dirhams pour Dar Al Amane par exemple, 2,6 milliards de dirhams pour Al Akhdar Bank ou encore 2 milliards de dirhams pour Bank Al Yousr.

Rapport déséquilibré
Les financements ont toujours été le fort des banques participatives, souvent considérées comme des sociétés de financement, plutôt qu’en tant que banques à part entière. Le secteur n’arrive toujours pas à réussir le pari de séduire les déposants. En effet, les dépôts à vue ont atteint 7,7 milliards de dirhams seulement à fin juin, en croissance de 28%.

Une amélioration plus importante que celle des financements accordés, mais qui n’est toujours pas suffisante pour améliorer le taux d’emploi des ressources qui ressort toujours à un niveau très élevé. Cela dit, elles représentent 26,5% des ressources du secteur bancaire participatif, contre un poids de 8,6% pour les dépôts d’investissements qui ont connu, quant à eux, une évolution appréciable de 32% pour atteindre 2,5 milliards de dirhams.
Même après plus de 5 ans d’activité pour les pionnières du secteur, les banques participatives continuent de faire appel aux ressources de leur banque mère ou des autres établissements bancaires confrères, à travers la Wakala Bil Istithmar. L’encours a totalisé à fin juin 8,8 milliards de dirhams, en hausse de 6% sur une année glissante.
En dépit de toutes ces difficultés, vraisemblablement chroniques, le secteur s’en tire à bon compte. Le Produit net bancaire s’est apprécié de 25% à la fin du semestre dernier, pour atteindre ainsi 376 MDH. Il est tiré notamment par les réalisations d’Umnia Bank avec 104 MDH, représentant ainsi un poids de 28%. Elle est suivie par Bank Assafa avec 88 MDH et Bank Al Yousr avec 56,4 MDH. Les trois drainant une part de 66% du chiffre d’affaires global du secteur.
De plus, le secteur a fortement amélioré sa rentabilité au terme des six premiers mois de l’année. Bien que le résultat net de la plupart des banques reste toujours dans le rouge, il n’en reste pas moins que ce déficit ressort amélioré d’une année à l’autre. Au total, le résultat net des banques participatives a totalisé -28,3 MDH contre -75,5 MDH, soit une appréciation de plus de 47 MDH.
En revanche, les fenêtres participatives, elles, ont toujours été rentables compte tenu du business model, selon lequel les charges d’exploitation sont supportées par la maison mère. Arreda par exemple a réussi à hisser son bénéfice à 10,8 MDH, marquant une hausse de 71%. Dar Al Amane, elle, a dégagé un résultat net de 17,7 MDH, en repli de 10,6%.

Le bout du tunnel… enfin
Ce qui est marquant en ce semestre, c’est la sortie du territoire négatif d’Al Akhdar Bank. C’est la première banque participative et la seule aussi qui a dégagé un bénéfice de 913 KDH contre un résultat de -2,6 MDH une année auparavant. Les autres banques ne devraient pas tarder à lui emboiter le pas. D’ailleurs, les spécialistes de ce secteur prévoient que Bank Assafa, Umnia Bank et Bank Al Yousr réalisent des résultats excédentaires au terme de cette année. «Les banques participatives ont commencé à résorber leurs pertes à partir de juin 2020, en passant d’une perte de 183 MDH à une perte de 65 MDH en juin 2022», avait noté un rapport du cabinet Fineopolis & Al Maali, qui avait tablé sur l’atteinte du seuil de rentabilité vers la fin du premier semestre 2023. Ce qui devra permettre au secteur d’envisager plus sereinement des stratégies de croissance et d’entreprendre des actions allant dans le sens du développement de ses activités, notamment sur le plan de l’extension du réseau.


Takaful : Plus de 80% du stock couvert
Bien que plusieurs produits d’assurance puissent être commercialisés dans le cadre de l’assurance Takaful, comme la vie et le décès, l’investissement Takaful et les opérations d’assurances contre les risques d’accidents corporels, contre l’incendie et les éléments naturels, contre le bris de glace et contre les dégâts des eaux, les banques participatives se sont attelées d’abord à couvrir les clients ayant déjà obtenu un financement Mourabaha alors que le Takaful n’était pas encore disponible. Actuellement, le stock couvert dépasse 85%. Les primes totales émises dépassent 29 MDH, selon la fédération marocaine de l’assurance. Sur le marché, l’assurance incendie est également demandée, même si elle ne capte pas une part importante du chiffre d’affaires.