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Immobilières cotées : Les raisons d’un rallye boursier

Les actions du secteur immobilier ont connu une hausse spectaculaire depuis le début de l’année, sur des volumes conséquents, traduisant un regain d’intérêt certain des investisseurs pour ces valeurs boudées pendant des années.

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Les valeurs immobilières cotées ont le vent en poupe, et cela faisait bien longtemps qu’elles n’avaient pas été autant à la fête. Sur un trend résolument haussier, l’indice sectoriel «Masi participation et promotion immobilières», qui regroupe les trois valeurs cotées du secteur, à savoir Addoha, Alliances et Résidences Dar Saada (RDS), affiche une progression spectaculaire: plus de 147% depuis le début de l’année et jusqu’au 26 septembre, avec des volumes conséquents à l’appui ! Il s’agit de la plus forte hausse parmi tous les secteurs de la cote.

Ce mouvement haussier s’est même accéléré depuis trois semaines, à la faveur de la publication des résultats du deuxième trimestre, en particulier ceux des deux mastodontes du secteur, Addoha et Alliances. L’action Addoha est d’ailleurs en forte hausse de 176,5% en year-to-date à 17,37 DH, tandis que celle d’Alliances gagne 122% sur la même période, à 115,5 DH. Même le titre RDS profite de cette embellie boursière du secteur, avec une progression de 27,22% depuis le début de l’année.

Est-ce à dire que les investisseurs sont de retour sur le secteur ? Pour les professionnels sondés, ce rallye traduit bien un regain d’intérêt de la part des investisseurs pour les actions immobilières, après des années de désaffection, car échaudés par les difficultés structurelles du secteur et les problèmes de trésorerie et d’endettement rencontrés par les grands groupes immobiliers.

Un regain d’intérêt que confirme Farid Mezouar, spécialiste des marchés financiers et co-fondateur de FL Markets. «Selon les sollicitations de nos clients, les investisseurs particuliers semblent très intéressés par le secteur, qui a été malmené en Bourse par le passé. Aussi, je pense deviner que les OPCVM réintègrent le secteur dans leur horizon d’investissement grâce à l’amélioration des performances et la maîtrise relative dans l’endettement», indique-t-il.

Des indicateurs en amélioration

Les bons résultats entrevus au premier trimestre pour Addoha et Alliances, qui se sont confirmés à fin juin, ont été bien accueillis par le marché. Une embellie qui explique, en partie, la hausse des cours, d’autant que, comme le souligne notre interlocuteur, «le terrain était préparé avec des ratios de valorisation patrimoniale très faibles».

Addoha a ainsi présenté des indicateurs au vert, que ce soit en termes de commercialisation, de préventes ou de production. Le groupe affiche un chiffre d’affaires consolidé de plus de 1,4 milliard de dirhams au terme du premier semestre de 2023, en progression de 72% par rapport à la même période de l’année dernière.

Pour le seul deuxième trimestre, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 833 millions de dirhams, en nette amélioration de 172% par rapport au deuxième trimestre de 2022. La reprise de la production, que ce soit au Maroc ou en Afrique de l’Ouest, s’est confirmée, tandis que les préventes affichent des progressions à deux chiffres, en particulier dans le haut standing (+80%).
Ce qui permet de dégager un chiffre d’affaires sécurisé de près de 8 milliards de dirhams au 30 juin.

«Souvent, Addoha est le marqueur du secteur immobilier, vu l’historique de la valeur en Bourse. Ainsi, les cours boursiers ont été stimulés par la confirmation de la reprise commerciale du groupe tandis que l’endettement net s’est stabilisé», explique notre expert.
Alliances, qui s’est engagé dans un nouveau plan stratégique à l’horizon 2025, n’est pas en reste. Le groupe a lui aussi publié des indicateurs d’activité prometteurs au terme du premier semestre, en phase avec son business plan: le chiffre d’affaires consolidé a dépassé le milliard de dirhams, en progression de 21%. Sur le seul deuxième trimestre, le chiffre d’affaires ressort à 480 millions de dirhams, en hausse de 35% en comparaison avec le second trimestre de 2022. L’endettement net du groupe est lui en baisse de 4%, se situant à 2,2 milliards de dirhams à fin juin (au lieu de 10 milliards en 2016).

Le niveau des préventes est également bien orienté, avec 1.829 unités au premier semestre, soit 7% de plus que l’année dernière à la même période.

De perspectives prometteuses

S’il est encore prématuré pour dire si cette tendance est durable, il reste que les raisons d’espérer sont là. «En plus de sa reprise, Addoha offre désormais un profil panafricain avec une contribution de 40% au chiffre d’affaires sécurisé de la part des filiales en Afrique de l’Ouest», souligne Mezouar.

Pour Alliances, qui s’appuyait jusque-là sur sa filiale Alliances Darna, spécialisée dans le développement de logements économiques et moyen standing, et sur le lotissement, la perspective d’un retour marqué sur le haut standing est également appréciée pour sa capacité à assurer un retour sur investissement plus rapide.
Par ailleurs, affirme notre interlocuteur, «la situation financière est stable au niveau de la dette publiée et communiquée de la part des promoteurs». Pour ce qui est de la croissance du chiffre d’affaires, la tendance devra «se confirmer à un niveau annuel pour lisser toute saisonnalité».

Au final, pour que le regain d’appétit pour les immobilières cotées soit durable, certaines conditions sont requises. L’une d’entre elles est la qualité de la communication financière de ces entreprises. Pour Farid Mezouar, «une communication financière fluide et régulière peut habituer les investisseurs professionnels au suivi de ces valeurs qui offrent une exposition différente et complémentaire à celle des foncières. Pour Addoha, l’installation durable en Afrique apparait comme “un plus” qui peut intéresser même les investisseurs étrangers.»