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Établissements de paiement : transfert de fonds plus payant

Si le montant moyen de transfert en cash to cash tourne autour de 2.000 dirhams, il est de 500 dirhams par transaction sur les m-wallets. Avec environ 20 acteurs sur le marché, WafaCash et CashPlus restent historiquement les acteurs de référence.

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Les transferts de fonds au Maroc, qu’ils soient intra-muros ou provenant de l’étranger, sont en progression continue. à elle seule, «cette activité est dominée par une demi-douzaine de sociétés dont Wafacash, CashPlus, Al Barid Cash ou encore MEA Finance et Damane Cash avec un montant de transfert moyen autour de 2.000 DH par transaction en cash to cash», nous informe Hazim Sebbata, président de l’Association professionnelle des établissements de paiement.

 

Services complémentaires

Cela dit, l’ambition du Maroc de permettre l’accès aux services financiers à tous, la mise en place de la stratégie d’inclusion financière ainsi que tous les efforts fournis de part et d’autre afin d’intégrer cette catégorie défavorisée de la population dans le circuit formel ont été des facteurs importants dans l’implémentation de cette stratégie. C’est ainsi qu’ont été créés des établissements de paiement. à côté de nouveaux, les sociétés de transfert d’argent ont diversifié leur activité et migré vers un statut d’établissement de paiement, après avoir obtenu l’agrément de Bank Al-Maghrib.

C’est donc toute la manière de faire qui a été chamboulée, avec une nouvelle offre de produits lancée. Elle a donc été accompagnée de nouveaux dispositifs commerciaux, marketing, conformité…, en plus d’un véritable changement de paradigme dans le sens où la plupart des activités étaient à tendance transactionnelle alors que, dorénavant, c’est l’approche centrée client qui est privilégiée. «Actuellement, les établissements de paiement sont au nombre de 18, exerçant l’activité de transfert d’argent ou non, comptant au total un peu plus de 8 millions de m-wallets», ajoute M. Sebbata. Cela dit, comme n’a de cesse de le marteler Abdellatif Jouahri, autant la stratégie a été bien implémentée sur ce plan, autant le nombre de transactions laisse à désirer et le montant également; il tourne en moyenne autour de 500 DH par transaction.

En plus de ces activités, les établissements de paiement proposent d’autres services, comme le paiement de factures, d’impôts, de vente de billets et vouchers… Si CashPlus met à la disposition de ses clients des services e-gov comme l’inscription, le dépôt des dossiers et le paiement des remboursements CNSS et Tayssir, WafaCash, elle, propose des crédits à la consommation pour des montants qui peuvent aller jusqu’à 350.000 DH, en reposant sur une autre filiale du groupe Attijariwafa, qui est Wafasalaf, ou encore en partenariat avec l’association de micro-crédit Al Amana.

En plus de cela, WafaCash distribue également les produits de micro-assurance, pour la catégorie de population dite vulnérable et donc exclue du système traditionnel, à un prix de 55 DH/an. Le groupe BCP s’est également lancé dans l’assurance inclusive, à travers son établissement de paiement M2T, à travers son réseau physique constitué de points de proximité Chaabi Cash et Tasshilat.
Il faut dire que ces deux établissements (WafaCash et CashPlus) sont les «pure players» du secteur avec une capillarité dense, cumulant à eux deux plus de 10.000 points de vente. Le secteur, dans son ensemble, compte plus de 19.000 points d’accès, dont plusieurs sont intégrés dans le réseau bancaire.

 

Paiement des factures : 74% des opérations
Malgré la diversification de leur activité, le transfert d’argent reste le premier pourvoyeur de revenus pour les établissements de paiement dont l’activité initiale tournait autour du transfert. Cela dit, «les offres de services qui s’y sont ajoutées représentent les nouveaux relais de croissance et ne manqueront pas d’inverser la donne», apprend-on auprès de CashPlus. En revanche, si l’on met de côté l’activité transfert de fonds et l’on ne prend que celle liée à l’établissement de paiement, l’essentiel des transactions qui, notons-le, ont dépassé les 5 millions, concerne le paiement des factures, avec une part de 74%, suivi par les transferts Mobile to Mobile avec 19% et les paiements des commerçants avec une part de 7%.

En valeur, le même classement prévaut. Les paiements de factures ont représenté la part la plus importante dans les transactions (58%). Ils ont été suivis par les transferts (40%), par les retraits GAB (1%) et les paiements des commerçants (1%). Si les têtes pensantes de ce pays ont décidé de mettre en place ces acteurs financiers, c’est pour assurer une inclusion financière générale certes, mais, aussi pour réduire la circulation du cash. Or, il n’en est strictement rien du tout. A fin février, plus de 360 MMDH de cash sont en circulation au Maroc, soit
36,8 MMDH de plus en une année, ou une hausse de 11,5%. Jamais les échanges de la monnaie fiduciaire n’ont connu un fléchissement au Maroc ! Heureusement que le lancement de ces établissements financiers n’a pas été dans le seul objectif de limiter les transactions en pièces et billets de banque.

 

 

Un business assez compliqué à lancer

Ouvrir une agence de transfert de fonds n’est pas chose aisée. Plusieurs critères sont à respecter, en fonction des sociétés. Ce qui est sûr, c’est que leur mise en place est accessible à toute personne physique ou morale. Encore faut-il disposer du fonds de roulement requis, de la capacité à gérer un réseau d’agences, puis d’organisation et de gestion d’un business nécessaire à lancer cette affaire. Une assistance et un accompagnement sont généralement dispensés pour les franchisés depuis la création de leurs dossiers juridiques jusqu’à l’ouverture effective de leur agence, en passant par le choix et l’aménagement du local ainsi que la formation du personnel. Néanmoins, certains établissements de paiement, notamment WafaCash, préfèrent s’allier à des personnes morales, dont l’activité ne fait plus de doute depuis un certain temps, pour délivrer l’autorisation d’exploitation. En face, elle impose plusieurs conditions, à l’instar de l’obligation d’ouvrir 10 agences à la fois sur une durée déterminée, sur des territoires différents, condition que n’exigent pas forcément les autres établissements. Il faut savoir aussi que la caution imposée dépend du type d’activité à lancer et ça peut aller de 1 MDH pour le seul transfert d’argent à 10 MDH pour le pack qui englobe le transfert national et international, le micro-crédit, l’assurance, les wallets…