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E-commerce : Entre succès et défis à relever
L’ascension du commerce électronique ne fléchit pas, comme l’atteste l’augmentation continue des opérations une année après l’autre. Cependant, des obstacles sont à franchir en vue de libérer le plein potentiel du secteur.
L’e-commerce électronique poursuit son ascension au Maroc. Les opérations sont en croissance à deux chiffres depuis quelques années et les plateformes du e-commerce se multiplient de jour en jour. Preuve que l’adoption de cette nouvelle manière de réaliser des transactions se démocratise de plus en plus, pour ne pas dire se généralise.
À fin décembre de l’année dernière, les transactions réalisées sur les TPE et e-commerce ont totalisé 182 millions d’opérations, pour un montant de près de 80 milliards de dirhams, en hausse de 22% chacune, par rapport à 2022.
Même l’activité des cartes marocaines à l’étranger, que ce soit pour les paiements ou les retraits, est en progression continue.
À fin 2023, les Marocains ont effectué 23,4 millions d’opérations, en augmentation de 39,5%, soit l’équivalent de 12,7 milliards de dirhams, avec une amélioration de 41%.
Par ailleurs, l’encours des cartes émises ne cesse d’augmenter, atteignant 20,2 millions, en augmentation de 6,2%. En revanche, le parc des GAB est en fléchissement, puisqu’il n’a crû que de 1% depuis 2002, à 8.242, contre un accroissement d’au moins 3% depuis 2020.
Explosion des achats en ligne
L’e-commerce marocain poursuit son progrès d’année en année. Selon le portail spécialisé IndiceRh, trois principales raisons expliquent le succès du e-commerce dans le pays, à commencer par l’adoption massive du numérique par les consommateurs marocains. En effet, le Royaume compte près de 23 millions d’internautes marocains, soit près de deux tiers de la population. Ce qui favorise l’explosion des achats en ligne. D’autre part, le développement des infrastructures de communication et des technologies mobiles a permis de faciliter l’accès à Internet pour un nombre grandissant de personnes. Avec des services de télécommunications de plus en plus performants et accessibles, il est désormais beaucoup plus facile pour les consommateurs de se connecter et de réaliser des transactions en ligne.
Enfin, la montée en puissance des acteurs du e-commerce local a contribué à populariser l’achat en ligne auprès de la population marocaine.
Ce secteur est donc promis à de beaux jours, surtout avec les progrès continus de la technologie et le nombre croissant de consommateurs qui se tournent vers les plateformes en ligne pour leurs achats.
D’autant que de plus en plus d’entreprises, y compris les petites et moyennes, devront adopter ce type de commerce pour atteindre de nouveaux clients et élargir leur marché.
Les pouvoirs publics, conscients de cette nouvelle orientation des consommateurs et des entrepreneurs, ont décidé de relever la dotation e-commerce pour ces deux types de personnes. Elle est donc fixée à 15.000 DH pour les personnes physiques et à 1 million de dirhams pour les jeunes entreprises actives dans le domaine des nouvelles technologies.
De plus, l’intégration de l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et augmentée et la blockchain peuvent également offrir de nouvelles possibilités et de nouveaux avantages au commerce digital
Sécurité, rapidité, fiabilité…
Plusieurs facteurs plaident ainsi pour que ce boom du e-commerce se poursuive durant les prochaines années. Néanmoins, certains défis persistent et doivent être relevés afin de garantir la pérennité de cette croissance. Parmi eux, la confiance des consommateurs vis-à-vis du e-commerce et de certains problèmes inhérents, tels que la sécurité des transactions ou la qualité des produits vendus en ligne. La logistique, notamment le transport des produits, reste de son côté un enjeu majeur pour les acteurs du e-commerce. Par ailleurs, il faut souligner que la rapidité, la fiabilité et le respect des délais de livraison sont cruciaux pour satisfaire une clientèle exigeante. Sans oublier, le développement d’un cadre législatif et réglementaire adapté au commerce électronique. Les pouvoirs publics devraient, en effet, mettre en place des mesures permettant d’encadrer les opérations de vente en ligne et de protéger à la fois les consommateurs et les commerçants.
Actuellement, le secteur continue à représenter une faible part dans le PIB, estimé à 2% seulement. Néanmoins, la plateforme «EcommerceDB» s’attend à un bel avenir de ce secteur, avec des revenus qui devraient se hisser à 31,7 milliards de dirhams à l’horizon 2027.
L’exécutif accompagne le développement du numérique
Le secteur continue à faire ses preuves certes, encouragé par les initiatives gouvernementales, dont la plus récente est le lancement prochain de la stratégie Maroc Digital 2030 par le chef de gouvernement. Cette feuille de route, rappelons-le, repose sur deux axes majeurs. Le premier porte sur la digitalisation des services publics alors que le second est destiné à insuffler une nouvelle dynamique à l’économie numérique, afin de mettre au point des solutions numériques marocaines et de créer de la valeur ajoutée et des postes d’emploi. Cela dit, le défi majeur qui se pose en matière d’accompagnement de la mise en œuvre de cette stratégie consiste à former, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif, les jeunes talents et compétences. Pour cela, le Maroc a conclu un accord pour tripler le nombre de lauréats dans le domaine de la digitalisation à l’horizon 2027.

