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Coopération internationale : Les mécanismes appelés à se réinventer

L’efficacité de la réponse du Maroc aux différentes crises lui a valu l’organisation des Assemblées annuelles du Groupe Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Cela dit, le monde traverse différentes difficultés et le rôle des institutions monétaires internationales est appelé à prendre en compte la fragilité des populations.

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La résilience du Maroc est donnée en exemple durant cette semaine pendant laquelle sont organisées les Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Kristalina Georgieva, DG du FMI, Christine Lagarde, présidente de la BCE, Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale, et bien d’autres n’ont pas manqué, à chaque intervention, de saluer la gestion du Maroc des conséquences des crises qu’il a connues, sa capacité à se relever et sa résilience. L’allusion est faite à la crise pandémique certes, mais aussi à l’impact du séisme du 8 septembre qui a frappé la région d’Al Haouz et suite auquel la réponse du Maroc était des plus rapides.

Cette célérité et efficacité dans la gestion post-crise, le Maroc les a acquises depuis bien longtemps. D’ailleurs, depuis plus de deux décennies, le Royaume s’est engagé dans plusieurs réformes touchant tous les domaines : santé, protection sociale, éducation, énergies renouvelables, ressources naturelles… Des avancées et des réalisations qui ont montré sa capacité à assurer une transformation pérenne de son économie, mais aussi la préservation de ses équilibres macroéconomiques. Ce qui lui a valu l’organisation de ce grand évènement.

À cette occasion, un livre retraçant tout le parcours du Maroc a été publié. Intitulé «Le Maroc en quête d’une croissance plus forte et plus inclusive», cet ouvrage «illustre la volonté du Royaume d’atteindre des objectifs ambitieux en matière de développement économique et social», a souligné Aziz Akhannouch, chef de gouvernement, à l’ouverture de ces assemblées.

C’est ainsi que le Maroc s’est engagé dans un trend tirant sa croissance vers le haut, à travers, entre autres, la diversification de son économie. «Il ne faut pas que les crises viennent contrecarrer les réformes économiques engagées par le pays», a ajouté Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des finances. Ce qui ne devrait vraisemblablement pas être le cas, puisque Abdellatif Jouahri a assuré que le Maroc a encore des marges intéressantes avec la Banque mondiale, la BAD et les autres partenaires financiers, surtout qu’il n’a jamais fait défaut par rapport à une échéance de dette.

Un soutien plus orienté vers l’humain
Cependant, la succession des crises, les conflits géopolitiques, les contraintes liées à la sécheresse et de manière plus globale, les changements climatiques et le renchérissement du coût de la vie représentent les problèmes du siècle. Les pays, surtout ceux en voie de développement, ont besoin, plus que jamais, du soutien des instances financières internationales pour faire face aux chocs externes et améliorer leur croissance.

Dans cette perspective, «les banques multilatérales de développement sont appelées à accompagner les pays en développement pour relever les défis auxquels doit faire face l’économie mondiale et répondre à leurs besoins spécifiques» a lancé Akhannouch. Appel qui est corroboré par Jouahri : «Nous comptons beaucoup sur vous. L’enjeu aujourd’hui est encore plus crucial et on vous demande encore plus». C’est dire que le monde a besoin que l’attention soit plus portée sur l’humain. «Il faut vaincre la pauvreté, l’analphabétisme, la montée de la fragmentation géopolitique, du souverainisme…».

Ce n’est qu’en redéfinissant les axes d’intervention des institutions financières mondiales que les pays en développement devraient et pourraient s’en sortir. C’est justement ce que suggère Leila Benali, ministre de la Transition énergétique : «Les mécanismes de coopération monétaire internationale actuels doivent se réinventer pour s’orienter davantage vers les personnes les plus vulnérables». Une meilleure gestion des ressources financières est donc de mise, de manière à ce qu’elle soit plus globale et inclusive. «Les outils de financement du passé ne fonctionnent plus pour répondre aux défis d’aujourd’hui», a insisté Benali.

C’est dans ce sens que la Banque européenne d’investissement (BEI) entend contribuer à faire évoluer le système financier mondial, afin de mieux répondre aux crises, à l’urgence climatique, à la pauvreté et aux inégalités en matière de santé. «Il s’agit de discuter des réponses communes à apporter aux défis, tels que la mobilisation du secteur privé en faveur de l’action climatique et de l’accélération de l’Agenda 2030 pour le développement durable», a conclu, de son côté, Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI.


Le Maroc, un exemple à suivre

Toutes les avancées et tous les progrès du Maroc, tant sur le plan économique que social, ont été mis en exergue dans l’ouvrage élaboré par le FMI. Ce dernier relate les facteurs qui ont permis au pays d’atteindre cette résilience et l’ensemble des réformes engagées quelques années auparavant, autant pour ouvrir le pays au commerce international que pour renforcer l’indépendance de la banque centrale, ou encore moderniser la gouvernance dans les secteurs public et privé. Ce livre sert d’exemple, tout comme le nom du pays qui le porte. D’ailleurs, ils sont plusieurs à affirmer que l’économie marocaine représente une source d’inspiration pour d’autres pays de la région.