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Budget

PLF 2025 : La «remontada» budgétaire se poursuit

Le gouvernement a réussi à rétablir les équilibres budgétaires qui s’étaient détériorés ces dernières années après la succession de violents chocs exogènes. Une trajectoire qui se poursuivra en 2025 pour ramener le déficit budgétaire à 3,5% du PIB.

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Depuis 2020, les finances publiques ont été soumises à de fortes pressions en raison d’un contexte national et international très compliqué : Covid-19, tensions géopolitiques, catastrophes naturelles…, autant de chocs qui ont occasionné d’énormes dépenses exceptionnelles et mis à rude épreuve les équilibres macroéconomiques du pays.

Le choc de la pandémie a été particulièrement ressenti: au terme de l’année 2020, le déficit budgétaire s’était considérablement dégradé pour atteindre 7,1% du PIB, après 3,3% en 2019 !

En cause, l’effet conjugué de l’augmentation des dépenses exceptionnelles pour faire face aux répercussions de la crise sanitaire et de la baisse importante des recettes dans le sillage de la contraction de l’activité économique.

Dès lors, il devenait impératif pour le gouvernement de rétablir ses marges de manœuvre budgétaires, sans pour autant hypothéquer la relance de l’activité économique et le déploiement de grands chantiers de réformes budgétivores, notamment celui de la généralisation de la protestation sociale.

Un exercice d’équilibriste que l’Exécutif a mené avec brio, de l’avis même des plus grandes instances internationales, dont le FMI et l’agence de notation Standard& Poor’s.

Le Maroc a en effet pu réaliser une véritable «remontada budgétaire», et ce, malgré l’augmentation des dépenses publiques de 32% entre 2019 et 2023, portées à la fois par l’effort d’investissement, le soutien du pouvoir d’achat des ménages, la gestion des différentes crises et le déploiement du projet de l’État social.

Les résultats parlent d’eux-mêmes : le déficit budgétaire est passé de 5,5% du PIB en 2021 à 5,4% en 2022, puis à 4,3% en 2023. Cette trajectoire baissière s’est poursuivie en 2024, le déficit budgétaire étant attendu à 4% du PIB, autour de 58 milliards de dirhams. Il en est de même pour la dette du Trésor. Après avoir culminé à 72% du PIB en 2020, l’endettement du Trésor est revenu à 69,5% du PIB en 2023.

Forte mobilisation des recettes fiscales
Pour 2025, le processus de renforcement de la soutenabilité des finances publiques amorcé au cours des trois dernières années va se poursuivre, sans rogner sur l’effort d’investissement.

Le gouvernement cible un déficit budgétaire de 3,5% en 2025 et 3% en 2026. La dette du Trésor sera, quant à elle, maintenue au-dessous de 70% du PIB.
Pour atteindre ces objectifs, l’Exécutif s’appuiera sur deux piliers : la consolidation des recettes, d’une part, et une meilleure rationalisation des dépenses, d’autre part.

Sur le premier point, il est remarquable de constater la forte dynamique de mobilisation des recettes, initiée depuis le démarrage de la grande réforme fiscale. Entre 2021 et 2023, ce sont plus de 95 milliards de recettes ordinaires (fiscales et non fiscales) supplémentaires qui ont été mobilisées pour le Budget de l’État.

Une dynamique qui devrait se maintenir au cours des prochaines années, si l’on en croit les projections du gouvernement présentées dans le projet de Loi de finances.

Les recettes ordinaires prévues au titre du PLF 2025 devraient atteindre 395,1 milliards de dirhams (hors TVA des collectivités territoriales), enregistrant une hausse de 16,5% par rapport à 2024.

La quasi-totalité des impôts et taxes affiche des hausses à deux chiffres : +21% pour l’impôt sur les sociétés, +15,37% pour l’impôt sur le revenu, +22% pour la TVA à l’intérieur. Pour la TIC sur les produits énergétiques et celle sur le tabac, elles sont attendues en amélioration de 16,9 et 9,6%.
Les recettes non fiscales sont également amenées à contribuer davantage aux ressources de l’État. Elles devraient atteindre 71,6 milliards de dirhams, en hausse de 9,6% par rapport à 2024.

Ces recettes incluent celles en provenance des établissements qui devraient se situer à 22,6 milliards de dirhams, ainsi que celles en provenance des mécanismes de financements innovants et qui devraient s’établir à 35 milliards de dirhams en 2025. Le PLF prévoit même des cessions de participations de l’État qui devraient se situer à 6 milliards de dirhams.

Amélioration du taux de couverture des dépenses
Côté dépenses, le PLF a inscrit un montant de 453,3 MMDH au Budget général de l’État, en hausse de 12,9%, tiré principalement par la hausse de la masse salariale des fonctionnaires (+11,4% à 180 MMDH), dans le sillage des engagements de l’État issus du dialogue social.

Pour les dépenses d’investissement, le PLF 2025 prévoit des émissions d’un montant de 105,4 milliards de dirhams, en augmentation de 5% par rapport aux prévisions de la LF 2024.
La maîtrise des dépenses de fonctionnement fait l’objet d’une attention toute particulière. La note d’orientation générale du chef du gouvernement, qui a tracé les principes directeurs pour l’élaboration du PLF 2025, a insisté sur l’instauration de mesures d’économie et de rationalisation, que ce soit pour l’administration centrale, les établissements publics ou les Segma.

Cette politique a eu pour conséquence d’améliorer le ratio de couverture des dépenses ordinaires par les recettes fiscales, qui s’était dégradé après 2020. Au cours des trois dernières années, ce taux affiche une tendance positive, passant de 85,7% en 2020 à 89,8% en 2023.


Loi organique des finances : Les nouveautés de 2025
Le gouvernement mettra en œuvre durant l’année 2025 une série de réformes ambitieuses, dont notamment la poursuite de la réforme de la Loi organique relative à la Loi de finances (LOF), à travers l’adoption de la règle budgétaire reposant sur la définition d’un objectif d’endettement sur le moyen terme.

Par ailleurs, la réforme devrait inclure les établissements publics qui exercent des activités non commerciales dans le champ d’application de la LOF, à travers l’établissement des prévisions de l’ensemble des recettes et des charges de ces établissements, le plafonnement des ressources allouées et l’exécution des budgets de ces établissements selon les mêmes conditions que celles du budget général.

Il sera question également dans le cadre de cette réforme de plafonner les ressources définies et autorisées par la Loi de finances et le versement de leur excédent au budget général en vue de rationaliser la gestion des ressources allouées et assurer des ressources supplémentaires pour le budget général.