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BM-FMI : Des relations qui se renforcent depuis 65 ans
Le Royaume entretient des relations solides avec les deux institutions de Bretton Woods depuis 1958, prouvant une année
après l’autre sa résilience aux chocs aussi bien internes qu’externes. Retour sur les dates clés marquant l’histoire de ces liens.
Les relations qu’entretient le Maroc aussi bien avec la Banque mondiale (BM) qu’avec le Fonds monétaire international (FMI) ne datent pas d’hier. Elles remontent à très loin et les deux institutions se sont toujours montrées présentes pour rester au chevet du Maroc, en cas de besoin.
Aussi loin qu’on s’en souvienne, la présence du FMI au Maroc est connue par sa contribution à la sortie du Maroc de ses difficultés économiques dans les années 1980, avec le PAS (Programme d’ajustement structurel).
D’ailleurs, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, l’avait rappelé lors d’un entretien avec la directrice adjointe du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI. Cela dit, le Maroc est membre de ces deux établissements depuis 1958. Et comme tout pays membre, les relations de coopération portent notamment sur des missions de consultation, d’appui financier et d’assistance.
D’ailleurs, le wali de la banque siège au sein du Conseil des gouverneurs du FMI et conduit régulièrement une délégation de la banque pour prendre part aux manifestations de cette institution. Bank Al-Maghrib représente également le Maroc lors des rencontres organisées par d’autres institutions multilatérales et régionales. En 2005, le Maroc a souscrit à la Norme spéciale de diffusion des données (NSDD) du FMI, devenant ainsi le 62e pays membre ayant adhéré à cette norme et le 3e pays du Moyen-Orient.
La coopération avec le FMI a poursuivi son chemin puisque depuis 2012, le Maroc a conclu quatre accords LPL (ligne de précaution de liquidité) de 2 ans chacun, une sorte d’assurance contre les chocs exogènes extrêmes. Elle s’est avérée utile puisque le pays a puisé dans cette ressource financière pour atténuer les pressions de financement extérieur au début de la pandémie du Covid-19 et faire face aux retombées néfastes de la crise.
En avril 2023, et grâce à la résilience dont a fait preuve l’économie marocaine et à ses fondamentaux économiques très solides, le Maroc a réussi à accéder à un instrument de précaution similaire, la LCM (ligne de crédit modulable), qui est réservée à un club de pays plus restreint. D’un montant de 5 milliards de dollars, ce crédit s’inscrit dans le cadre d’une démarche anticipative qui vise à se prémunir contre les chocs externes et à contribuer à assurer les conditions propices à la poursuite de la mise en œuvre de l’agenda des réformes du Royaume.
En parallèle, le Maroc est soumis à un suivi régulier de son économie à travers des missions sur place réalisées par les équipes du Fonds, généralement une fois par an.
L’objectif de ces missions est de permettre un échange de vues avec le gouvernement et la banque centrale afin d’apprécier les développements récents de l’économie nationale et de ses perspectives, mais aussi d’évaluer les risques éventuels. Les entretiens organisés par les équipes du Fonds portent principalement sur la politique monétaire et de change, la politique budgétaire, ainsi que sur les réformes structurelles essentielles au plan macroéconomique. Au terme de leur mission, les services du FMI soumettent pour examen un rapport au conseil d’administration, dont l’opinion est ensuite transmise aux autorités nationales.
Maroc-Banque mondiale
La Banque mondiale a également montré son vif intérêt pour contribuer au développement du Maroc, en accordant des financements ici et là, et cela dans plusieurs domaines.
La première intervention de la BM dans le Royaume a eu lieu en 1964, lors de la première crise financière du pays, fraichement indépendant. Après l’application du PAS de 1983 à 1993, la Banque mondiale installe, en 1998, son siège au Maroc, à Rabat. L’implication de la Banque mondiale dans l’accompagnement de l’économie et des finances du Maroc a pris depuis la forme de cadre de partenariat stratégique (CPS). Dans le dernier, couvrant la période 2019-2024, trois axes ont été définis, à savoir la promotion de la création d’emplois dans le secteur privé, le renforcement du capital humain et la promotion d’un développement territorial inclusif et résilient.
Si l’on remonte juste depuis l’année 2019, le montant global des financements octroyés totalise près de 8 milliards de dollars. Cette enveloppe porte sur un portefeuille de projets multisectoriels dont l’éducation y accapare 18%, l’urbanisme 17%, l’énergie et le transport 9% chacun, et 8% pour chacun des secteurs de la santé, la protection sociale et les finances. Ainsi, la Banque mondiale a toujours apporté un appui structurel à l’ensemble des réformes menées par le Maroc.
À titre d’exemple, elle a alloué un budget de 500 millions de dollars pour le renforcement du capital humain, 450 autres au programme de réforme de la santé et le même budget pour la 3e opération d’inclusion financière et numérique.
Le montant des financements accordé par la BM au Royaume augmente d’année en année : de 1,10 milliard en 2020, l’enveloppe est passée à 1,85 milliard en 2023. Au terme de cette année fiscale, le Maroc se classe alors onzième pays bénéficiaire des financements de cette institution à l’échelle mondiale. Le classement du Maroc monte même à la 6e place, si l’on tient compte des pays bénéficiaires des programmes de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement.