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Alliances : Le renouveau se confirme

Après une très bonne année 2023, le groupe immobilier devrait consolider sa croissance en 2024 et surtout en 2025, profitant d’une conjonction d’éléments favorables. Analyse.

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Alliances Développement Immobilier (ADI) a décidément le vent en poupe, et le titre s’attire la faveur des analystes. Le groupe immobilier coté est dans les petits papiers de BMCE Capital Global Research (BKGR), qui recommande d’accumuler le titre dans les portefeuilles. Le bureau de recherche, qui a consacré une note d’analyse à ADI au titre évocateur («Vers un renouveau prometteur»), a relevé le cours cible de l’action à 287 dirhams, contre un ancien cours cible de 122 dirhams, offrant une belle décote de 19,4% par rapport au cours en bourse de 140,5 dirhams observé le 24 mai dernier. De quoi alimenter encore un peu plus la hausse de la valeur ADI, dont le cours a flambé de plus de 370% depuis le début de l’année 2023.

Il faut dire que les difficultés du secteur et les problèmes de trésorerie et d’endettement rencontrés par les grands groupes immobiliers, notamment Alliances, semblent aujourd’hui bien derrière, comme le suggèrent les performances de la compagnie en 2023. Son chiffre d’affaires consolidé a bondi de 26% à plus de 2 milliards de dirhams, tandis que l’endettement a reculé de 19%. Cerise sur le gâteau : un dividende de 3 dirhams par action sera payé, le premier depuis 2013 !

2025, année faste en perspective
La croissance robuste des résultats d’Alliances devrait se poursuivre au cours des deux prochains exercices. Déjà, au premier trimestre 2024, le groupe annonce un chiffre d’affaires consolidé de 650 MDH, en hausse de 24%, et une activité commerciale qui confirme sa reprise, avec des préventes en amélioration de 28%. Les prévisions de BKGR pour les indicateurs de performance d’ADI sont des plus prometteuses, que ce soit sur le plan des revenus ou des bénéfices. «Dès 2025, nous tablerons sur une amélioration notable des différents agrégats financiers qui devraient profiter de la concrétisation en termes de revenus du déploiement du plan d’aides au logement et des différents programmes engagés», souligne le bureau de recherche. Ce dernier table ainsi sur une croissance du chiffre d’affaires consolidé de 13,8% en 2024 et de 14,2% en 2025, pour atteindre respectivement 2,29 et 2,62 milliards de dirhams. Le résultat d’exploitation (REX) devrait suivre la même trajectoire. Il devrait gagner près de 20% en 2024 à 492 millions de dirhams, amenant la marge opérationnelle à 21,4% (contre 20,3% à fin 2023). En 2025, le REX devrait bondir de 31,4% à 647 millions de dirhams, portant la marge opérationnelle à 24,7%.

La profitabilité est elle aussi attendue en nette amélioration. Le RNPG devrait ainsi progresser de 7,3% en 2024 et de 26,1% en 2025, pour atteindre respectivement 256 et 323 millions de dirhams. En termes de distribution de dividendes, BKGR table sur le maintien d’une politique stable en 2024 avec un dividende par action de 3 dirhams, au même niveau que 2023, avant de le rehausser à 4 dirhams par action en 2025.

Le moyen standing en levier
L’embellie devrait aussi concerner le haut du bilan. En matière d’endettement (hors dettes additionnelles pour financer d’éventuels nouveaux projets), le groupe devrait poursuivre sa cure avec des remboursements de 300 millions de dirhams annuellement, anticipent les analystes de BKGR. Les perspectives prometteuses d’ADI seraient portées par une conjoncture qui s’annonce favorable pour le secteur immobilier. En effet, suite à une période prolongée de stagnation pour l’ensemble de l’activité, une reprise du secteur immobilier serait attendue à partir de 2024-2025, souligne BKGR. Cette reprise serait tirée principalement par l’opérationnalisation des aides au logement octroyées aux acquéreurs dans le cadre du programme gouvernemental et le développement escompté d’une nouvelle offre, notamment pour le moyen standing. «ADI devrait tirer profit de ces mesures gouvernementales ciblant, dès la première année, 114.000 logements dont 58.000 dédiés à la classe moyenne», estime le bureau de recherche de BMCE Capital. D’autant que le programme d’aide au logement connait un «engouement significatif» avec plus de 73.000 demandes d’inscription enregistrées au 25 mai.

Le moyen standing est d’ailleurs clairement identifié comme un relais de croissance pour ADI. BKGR indique à ce sujet que dans le cadre de la promotion gouvernementale du moyen standing, ADI est en cours d’autorisation d’un projet de 41,5 ha à Dar Bouazza où il devrait développer un programme important destiné à la classe moyenne sous la marque «Alliances Résidences». Dans le même temps, le groupe finalise la discussion pour reprendre tout ou une partie des 90 ha à Akenza portée par le Fonds de titrisation Domus (fonds qui a permis de restructurer une partie de la dette privée du groupe ADI, souligne-t-on). De même et à partir de 2025, le groupe ADI devrait développer une offre moyen standing à Marrakech avec le projet «Jnane Riad Marrakech».

Sur le haut standing, le groupe n’a pas dit son dernier mot. À compter de l’année 2024, ADI devrait reprendre sa dynamique dans ce segment avec le lancement prévu d’un nouveau projet à Marrakech et la poursuite du développement du projet Al Maaden dans la ville ocre, composé de 100 villas.

Revirement stratégique payant
On l’aura compris, ADI est idéalement positionné pour surfer sur la conjoncture favorable qui se dessine, à la faveur d’un revirement stratégique, consacré par le plan de développement 2022-2025. Ce plan, explique BKGR, basé sur un foncier sécurisé et des terrains déjà aménagés par le promoteur, s’articule autour de trois axes. Il s’agit d’abord d’un positionnement davantage prononcé sur le lotissement pour alterner sur des cycles courts et des cycles longs.

Le deuxième porte sur une expansion au-delà de l’axe Casablanca-Rabat afin de cibler davantage des villes moyennes en plein développement où la demande est encore présente (Tanger, Béni Mellal, Sidi Allal El Bahraoui, Fnideq, Mdiq…).

Enfin, le troisième axe porte sur le renforcement de l’activité africaine en Côte d’Ivoire et au Cameroun où le groupe a déjà livré 8 hôpitaux accompagnés de logements sociaux. En ce qui concerne le projet de construction de la tour d’entente à Abidjan, le revenu total prévu avoisine les 600 millions de dirhams.

Selon le management d’ADI, ces choix stratégiques, mis en œuvre à mi-chemin, devraient permettre au promoteur de surmonter les difficultés relatives aux ventes des biens tout en disposant de ressources financières suffisantes pour honorer ses engagements et financer les projets du prochain cycle de développement. Ce plan 2022-2025 compte plus de 20 projets qui devraient générer un chiffre d’affaires dépassant les 8 milliards de dirhams et un RNPG cumulé de plus d’un milliard de dirhams pour le groupe. De quoi entrevoir l’avenir avec sérénité.