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Akdital : Les raisons d’une expansion stratégique dans le Golfe

Pour ses premiers pas à l’international, le leader du secteur de la santé privée au Maroc met le cap sur les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite. Deux pays qui cumulent tous les ingrédients d’un écosystème hospitalier prometteur. Explications.

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Toujours en plein développement au Maroc, avec un pipe d’ouvertures de nouveaux établissements hospitaliers dans le Royaume bien rempli pour les prochaines années, Akdital opère en parallèle une nouvelle inflexion stratégique majeure dans sa trajectoire de croissance : l’internationalisation. «On me demande souvent c’est pour quand l’international.

Eh bien ! c’est pour maintenant !», a lancé Dr Rochdi Talib, PDG d’Akdital, lors d’une conférence de presse de présentation de la feuille de route à l’horizon 2030 du groupe de santé privé. L’un des axes de ce plan d’action consiste, en effet, en une expansion des activités du groupe dans les pays du Golfe, via l’ouverture de quatre établissements hospitaliers de 200 lits chacun entre 2027 et 2030 : deux aux Émirats arabes unis (dont un à Dubai) et deux en Arabie saoudite (à Riyad et Jeddah).

C’est peu dire que l’annonce a fait grand bruit et a été particulièrement bien accueillie par les professionnels du marché, la valeur de l’action Akdital ayant gagné plus de 5% dans les minutes qui ont suivi la diffusion de l’information !

Alors qu’on l’attendait plutôt sur le continent africain, et notamment en Afrique de l’Ouest, où les entreprises marocaines sont déjà présentes dans plusieurs secteurs d’activité, c’est finalement sur le Moyen-Orient que le groupe Akdital a jeté son dévolu pour faire ses premiers pas hors du Royaume.

Un choix «pragmatique» que le top management du groupe justifie par un environnement opérationnel «moins mature en Afrique, entre autres du point de vue des ressources humaines». Ce qui écarte, pour le moment, toute implantation sur le continent.

A contrario, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite sont considérés comme des marchés à fort potentiel, avec à la clé une rentabilité «intéressante». Surtout que 80% de la population dans ces pays bénéficie d’une couverture médicale.

Stratégiquement parlant, cette expansion vers le Golfe a tous les ingrédients d’une bonne affaire. Selon les résultats d’une étude diligentée par Akdital, les deux pays ciblés connaissent une «croissance exponentielle» d’une population assurée, alors que dans le même temps, l’offre de soins demeure somme toute limitée, avec moins de 2 lits pour 1.000 habitants en moyenne.

C’est ce «vide sanitaire» que le groupe marocain compte combler, en s’adressant en particulier au segment «mid-to-high» (segment de population medium), dont la demande en offre de soins est forte, notamment dans les périphéries de deux métropoles que sont Dubai et Riyad.

Ainsi, en dehors des grands centres urbains et de la clientèle premium qui sont bien desservis par les cliniques, il y a un véritable gisement de croissance à aller chercher. Aux Émirats, Akdital se positionne sur la zone de Dubai sud qui constitue un pôle stratégique pour l’investissement, le commerce et le tourisme, à travers notamment l’expansion de «Al Maktoum International Airport», l’un des plus grands du monde.

Pour ce qui est de la capitale saoudienne, le top management d’Akdital met en avant l’offre de soins «limitée dans une ville en plein développement économique». Dans le sud de la ville en pleine expansion démographique, l’offre ne dépasse pas 0,68 lit pour 1.000 habitants. De même, l’offre de services spécialisés est limitée dans la zone ciblée avec seulement un établissement et des services d’oncologie.

L’opportunité pour Akdital d’y lancer la construction d’un établissement hospitalier est d’autant plus tentante que les organismes publics de l’Arabie saoudite apportent leur soutien aux investissements, notamment dans des secteurs clés, tels que la santé.

Une tarification attractive
Au volet économique, les perspectives d’expansion sont tout aussi alléchantes, la tarification étant particulièrement attractive, puisqu’elle est en moyenne 3 à 4 fois supérieure à celle pratiquée au Maroc.

Pour certaines opérations, on est même sur un rapport de 1 à 10 : «Au Maroc, une opération de la vésicule biliaire c’est 7.500 dirhams. Aux Émirats, c’est 7.000 dollars», a fait remarquer à ce propos le PDG du groupe. Ce qui laisse présager une rentabilité intéressante pour le groupe et les investisseurs.

Pour concrétiser cette ambition internationale, Akdital mobilise un important investissement d’un milliard de dirhams pour les entités opérationnelles de ces établissements. Le modèle retenu est le même que celui appliqué au Maroc, avec une séparation entre les structures d’exploitation (OpCo) et les structures foncières (PropCo).

Un schéma qui a montré son efficacité, et qui a le mérite de limiter les risques financiers tout en conservant le contrôle opérationnel. Ainsi, les PropCo seront portées par des partenaires spécialisés externes. Les OpCo seront, elles, financées par la dette et l’investissement d’acteurs internationaux, sans faire appel au marché boursier marocain. «Aucune augmentation de capital n’est prévue», a tenu à préciser Rochdi Talib.

À en croire le top management d’Akdital, deux banques marocaines ont déjà exprimé leur vif intérêt pour accompagner le groupe dans ce projet au Moyen-Orient.

Cette diversification géographique devrait avoir un impact non négligeable sur les revenus du groupe. Selon les projections, d’ici 2030, le management table sur 20% du chiffre d’affaires généré à l’international, contribuant à un objectif global de croissance du chiffre d’affaires supérieur à +50% sur cet horizon.

Comme le résume Rochdi Talib, ces deux pays cumulent en définitive tous les ingrédients d’un écosystème hospitalier prometteur : «Une classe moyenne en quête de soins de qualité, une main-d’œuvre médicale qualifiée, des coûts d’exploitation maîtrisés et une demande croissante pour des services de santé modernes». Il promet de s’attaquer à l’international avec «la même détermination qu’au Maroc». À Dubai, les travaux démarrent. Les livraisons sont prévues après 15 à 18 mois.