Affaires
Stratégie industrielle : Les attentes des opérateurs d’Agadir Souss-Massa
Incitations financières publiques, implication des banques, désenclavement, réalisation de projets et équipements structurants majeurs…, élus et communauté d’affaires locale réclament plus d’accompagnement.
Plan d’accélération industrielle (PAI), nouvelles zones industrielles, nouveaux équipements structurants, Agadir, grande métropole du grand Sud, a pris depuis plus de trois ans, conformément à la vision et volonté royales, le virage industriel pour booster et réinventer son économie.
Une activité qui pendant longtemps a reposé sur ses piliers traditionnels que sont l’agriculture, le tourisme et la pêche. Des secteurs qui se basent sur les ressources naturelles locales qu’il faut préserver. Aussi, pour diversifier son économie, créer de nouvelles opportunités d’emploi et endiguer la trop forte dépendance aux moteurs économiques traditionnels, les décideurs publics et opérateurs économiques locaux se sont engagés à développer le secteur industriel dans la région.
La communauté d’affaires soussie accompagne, depuis le lancement, en janvier 2018, de la déclinaison régionale du Plan d’accélération industrielle, la diversification de l’activité économique et agit en convergence avec les décideurs publics locaux. La démarche a généré du concret. Cela se traduit par un engouement pour les nouvelles zones industrielles aujourd’hui à 90% attribuées.
Selon les chiffres du Centre régional d’investissement Souss-Massa, le montant des engagements enregistré en 2022 a dépassé les 10 milliards de dirhams avec en perspective plus de 10.000 emplois et la montée du secteur de l’industrie qui accapare 51%. Bien sûr, les investisseurs sont pour beaucoup au stade des aménagements et l’activité de ces nouvelles zones n’a pas encore décollé, mais il faut rendre hommage aux investisseurs locaux qui se sont impliqués dans de nouveaux projets pour faire du PAI régional un chantier en marche et en passe d’être une réussite avec à la clé des milliers d’emplois. «Les opérateurs économiques locaux ont maintenu leurs engagements malgré les deux années difficiles de Covid.
Et si aujourd’hui le grand chantier du PAI avance, c’est en grande partie grâce à leur implication», souligne Driss Boutti, président de la CGEM Souss-Massa. L’opérateur précise que les investisseurs attributaires ont décroché leur titre foncier il y a moins d’une année et déjà 80% d’entre eux ont commencé la construction de leur usine.
Le président de l’Union régionale de la CGEM déplore cependant dans ce processus la faible réactivité des banques et le manque d’implication des fédérations sectorielles, pourtant signataires de la déclinaison régionale du PAI. «Les subventions annoncées dans le cadre des programmes institutionnels Istitmar et Imtiaz tardent aussi à accompagner cette dynamique, alors que les investisseurs ont déjà commencé la réalisation de leur projet», a exposé le président Boutti au ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour.
C’était lors d’une rencontre à Agadir avec les acteurs et les opérateurs de la région de Souss-Massa dans le cadre du processus de concertation pour l’élaboration de la Nouvelle stratégie industrielle. S’exprimant lors de cette réunion, le wali de la région Souss-Massa, Saaïd Amzazi, a souligné que «La région Souss-Massa qui regorge de nombreux atouts est en mesure de devenir un pôle industriel capable de valoriser les richesses et promouvoir les secteurs productifs».
Bénéficier de la prime de territorialité
Pour les opérateurs économiques, l’attractivité de la région ne peut véritablement opérer sans la réalisation de projets structurants majeurs et désenclavant la destination, tel le projet du port sec, qui permettront d’atteindre les objectifs du PAI. A noter que le Conseil régional s’est impliqué dans ce chantier activement. Le président du Conseil de la région de Souss-Massa, Karim Achengli, a rappelé dans ce contexte la mise en place d’incitations à l’investissement en synergie avec le CRI à travers un fonds régional de 500 MDH qui octroie les primes à l’emploi aux investisseurs qui veulent s’installer dans le Souss.
Les élus comme les opérateurs locaux déplorent encore cependant l’exclusion de la préfecture d’Agadir Ida Outanane du bénéfice de la prime territoriale prévue par le dispositif principal de la Nouvelle charte de l’investissement. Le sujet est revenu encore une fois sur le tapis lors d’une rencontre de présentation de la Nouvelle charte de l’investissement, initiée à Agadir, la semaine dernière, par le CRI de Souss-Massa en partenariat avec le ministère de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques.
Pour être en mesure de jouer son rôle de locomotive de l’économie régionale, Agadir, chef-lieu du Souss-Massa, a pourtant besoin de ces incitations et bien plus encore pour aller de l’avant. Sur ce sujet et sur les projets structurants majeurs nécessaires au développement de la région, élus comme opérateurs économiques de Souss Massa comptent rester mobilisés. Il y va de l’avenir de toute une région vouée, conformément à la vision et volonté royales, à jouer son rôle de centralité du Royaume et de porte vers l’Afrique subsaharienne.
