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Matériel roulant : Comment la flotte actuelle sera élargie
Composée de 12 rames à grande vitesse (RGV), 33 rames automotrices TNR (train navette rapide) et de 5.000 wagons, la flotte ferroviaire du Royaume sera renforcée à travers un ambitieux plan d’acquisition de matériel roulant.
Le Maroc est cité en exemple en matière d’infrastructures de transport et de connectivité au niveau régional. Concrètement, avec plus de 2.200 km, le pays est doté du réseau ferroviaire le plus étoffé à l’échelle maghrébine et le deuxième au niveau africain. Cette performance en matière ferroviaire est la résultante d’un effort d’investissement colossal, consenti au cours des vingt dernières années.
D’ailleurs, lors de la 3e édition du Rail Industry Summit, qui s’est tenue récemment à Casablanca, Mohamed Rabie Khlie, DG de l’ONCF, a révélé que «près de 7 milliards d’euros, soit plus de 70 MMDH, ont été mobilisés dans le cadre de plusieurs projets structurants au cours des vingt dernières années». À l’évidence, l’acquisition du matériel roulant a mobilisé plusieurs milliards de dirhams d’investissements.
Le point sur le matériel roulant actuel
Selon les chiffres communiqués par l’ONCF, la flotte actuelle du Royaume est composée de 12 rames à grande vitesse (RGV), 33 rames automotrices TNR (Train navette rapide) et de 5.000 wagons. Ce n’est pas tout, puisque 100 locomotives électriques et 100 locomotives diesel transportent également les voyageurs tout au long de l’année.
Ceci dit, 18 FG font également partie de la flotte de l’ONCF. Précisons tout de même que l’un des projets les plus emblématiques de l’Office, à savoir la ligne à grande vitesse Tanger-Kénitra qui a mobilisé près de 24 MMDH pour sa réalisation, a des implications économiques avérées.
Dans le détail, près de 1.000 entreprises marocaines ont été impactées positivement en travaillant à la réalisation de la LGV Kénitra-Tanger, laquelle a généré pour l’économie nationale plus de 30 millions de journées de travail. Dans le même temps, selon l’ONCF, 65% de la valeur ajoutée, issue du projet, a été redistribuée au Maroc.
Au-delà de la flotte actuelle, dont le vaisseau amiral est Al Boraq qui a à son actif le transport de plus de 5,2 millions de passagers en 2023, le Maroc, via l’ONCF, dispose d’un ambitieux plan d’acquisition de matériel roulant d’ici l’échéance de 2030, l’année du Mondial qui sera organisé conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.
Les composantes du plan d’acquisition
Mohamed Rabie Khlie affirme que «l’ONCF saisit l’opportunité que présente le mégaprogramme de l’acquisition d’une centaine de rames automotrices pour mettre le cap sur le développement de l’écosystème industriel local».
Pour rappel, l’élaboration de ce plan est dictée par la réalisation de gains de performances opérationnelles pour l’ONCF, le renforcement des services régionaux, ainsi que l’augmentation du trafic attendue à l’horizon 2030. Selon les données rendues publiques par l’Office, ce qui est qualifié par de nombreux experts comme un ambitieux plan d’acquisition de matériel roulant mobilisera plus de 20 MMDH d’ici le Mondial 2030.
Dans le détail, à côté des projets de rénovation, la flotte actuelle sera renforcée entre 2025 et 2026 par 5 rames automotrices TNR, 70 voitures neuves, 350 wagons neufs et 40 locomotives diesel.
D’ici 2030, avec la mise en service de la LGV Kénitra-Marrakech, longue de 400 km, l’ONCF s’appuiera sur une vaste flotte, composée de 6.000 wagons, 30 rames à grande vitesse (construites par Alstom), 90 rames automotrices TNR et 50 rames automotrices Metropolitian. À cela s’ajoutent 214 voitures, 40 rames intercités HP, 70 locomotives électriques, 140 locomotives diesel et 18 FG.
Le câblage «made in Morocco» dans les futurs tgv
Lors de la 3e édition du Rail Industry Summit, Mehdi Sahel, directeur général d’Alstom Maroc, a fait une révélation importante concernant une partie du matériel roulant qui sera acquis par l’ONCF au cours des prochaines années.
Intervenant lors de la table ronde portant sur le matériel roulant, le numéro1 d’Alstom Maroc a confié que les futurs TGV acquis par l’Office public auprès d’Alstom pour l’exploitation de la LGV Kénitra-Marrakech avant 2030 seront équipés du câblage fabriqué au Maroc. À ce titre, il y a lieu de souligner que le groupe français Alstom emploie plus de 1.300 personnes au Maroc.
La compagnie industrielle, dont le siège est à Casablanca, a aussi une implantation spécialisée dans la signalisation à Rabat et une usine de câblage et de transformateurs embarqués pour les trains basée à Fès.
L’une des particularités de l’unité industrielle de cette dernière, c’est qu’elle est dédiée exclusivement à l’export. Autre information et non des moindres révélées par Mehdi Sahel : Alstom qui a déjà une présence industrielle très forte au Maroc compte créer prochainement un centre d’ingénierie dans le Royaume.
Matériel roulant et durabilité
La composante durabilité est un axe crucial pour l’élaboration des cahiers de charge, lorsque l’ONCF s’engage dans un plan d’acquisition de matériel roulant. L’Office est très regardant sur la durée de vie, le caractère durable des matériaux (recyclage) et la consommation d’énergie du matériel roulant.
Ces paramètres sont, en réalité, déterminants pour la réduction des coûts d’exploitation de l’Office, contraint de composer avec les exigences environnementales et de rentabilité pour la pérennité de son business. Il importe tout de même de préciser que toutes les rames à grande vitesse d’Al Boraq fonctionnent à 100% avec de l’énergie propre, notamment éolienne.

