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Maintenance ferroviaire: Comment l’ONCF prépare l’avenir

Le nouveau schéma directeur des sites de maintenance mis en place par l’Office national répond à l’impératif d’adapter les installations d’entretien et de modernisation de la flotte à leur future charge.

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La maintenance est aujourd’hui un enjeu majeur pour l’Office national des chemins de fer (ONCF). Le maintien de la flotte ferroviaire en bon état de marche est un impératif pour l’allongement de la durée de vie du matériel roulant, les gains de performance pour l’exploitation, la sécurité ainsi que le confort des voyageurs, de plus en plus exigeants en termes de qualité de services.

Conscient de la centralité de l’activité de maintenance pour l’essor de son business, l’ONCF a mis en place un nouveau schéma directeur des sites de maintenance.

Il vise, entre autres, à répondre aux besoins de modernisation des équipements et des installations d’entretien de la flotte et d’adapter les ateliers à leur future charge, en tenant compte du plan d’acquisition du nouveau matériel roulant d’ici 2030 et à l’horizon 2040.

À titre illustratif, le nombre de rames à grande vitesse (RGV) du Royaume passera de 12 actuellement à 30 d’ici 2030. Et le nombre des rames automotrices TNR sera porté à 90 à la même échéance (contre 33 actuellement). Le nouveau schéma directeur précité intègre également le principe de séparation (dans la mesure du possible) des sites de maintenance courante de ceux dédiés à la maintenance industrielle.

Ateliers de maintenance niveau 3
Le nouveau schéma directeur des sites de maintenance, élaboré par l’ONCF, prévoit la construction de trois nouveaux ateliers de maintenance de niveau 3 (Fès, Marrakech et Oujda) ainsi que le réaménagement de six ateliers de maintenance du même niveau. Concrètement, il s’agit des sites de Casa-voyageurs, Oujda, Nador, Casa-Port, Kénitra et Tanger Mghougha.

Dans le même ordre d’idées, 16 stations de maintenance de niveau 2 seront aménagées et dotées d’équipements pour l’expertise, le diagnostic et le dépannage rapide.

Au-delà des projections liées aux sites énumérés plus haut, Mohamed Essahbi, responsable au sein de l’ONCF, a évoqué, lors de la 3e édition du Rail Industry Summit de Casablanca quelques projets de rénovation inhérents au matériel roulant qui sont dans le pipe.

«Au registre de la modernisation de la flotte, avant l’été 2025, c’est au total une soixantaine de voitures voyageurs qui devront être rénovées dans les ateliers de l’Office. À cela s’ajoute la prise en charge de la rénovation de l’ergonomie des rames automotrices, afin de renforcer le niveau des performances d’exploitation et celui du confort des voyageurs», a-t-il révélé en substance.

L’Office public s’emploie également à tirer parti des avantages de la rénovation intelligente en introduisant par exemple de nouvelles technologies, des diagnostics de panne et des redondances pour améliorer la fiabilité de sa flotte ferroviaire.

Il importe de préciser que l’atelier de la Siana de Tanger, spécialisé dans la maintenance des rames à grande vitesse, est dimensionné pour accueillir jusqu’à 30 rames à grande vitesse de type Duplex à 2 niveaux. Aujourd’hui, sur certains projets, la télémaintenance permet aux équipes de l’ONCF d’agir pour prévenir des pannes. Ce qui à l’évidence est bénéfique à l’exploitation du matériel roulant.

Pour rappel, l’innovation, l’introduction des technologies de pointe, l’infrastructure numérique et la maintenance 4.0 sont des axes majeurs de la feuille de route du nouveau schéma directeur des sites de maintenance, dont le vaisseau amiral est le futur technicentre de Zenata.

Technicentre de Zenata
Future pièce maîtresse de l’écosystème ferroviaire en devenir, le site, doté d’une superficie de 29 ha et situé dans la zone industrielle de Zenata, mobilisera plus d’un milliard de dirhams d’investissements, financés par l’Agence française de développement (AFD).

Le prochain technicentre industriel de Zenata, dont les travaux seront lancés entre fin 2025 et début 2026, offrira à l’ONCF une solution globale de maintenance industrielle sur le moyen terme. En cela, il sera dimensionné pour couvrir entre 75 à 80% de la charge de maintenance industrielle du parc roulant national à l’horizon 2040.

Le projet, susceptible d’être dupliqué dans d’autres régions du Royaume, introduira un nouveau standard de maintenance au sein de l’ONCF, puisqu’il bénéficiera des dernières avancées technologiques en matière de maintenance industrielle, de maîtrise des flux et de connectivité.

«L’ambition est de mettre en place un atelier connecté et intelligent utilisant des processus digitalisés et optimisés», a expliqué récemment Imane Lahlali, cheffe du département Projets Nouveaux Technicentres au sein de l’ONCF.

La responsable a aussi révélé que la mise en exploitation de ce technicentre est prévue au quatrième trimestre 2027.

Ceci dit, en plus de sa fonctionnalité de base, notamment la maintenance industrielle (avec trois ateliers majeurs dédiés), le futur technicentre industriel de Zenata abritera un centre logistique intégré, lequel pilotera tous les flux logistiques et le stockage en amont et en aval de tous les centres de maintenance du réseau ferroviaire du pays (pièces de rechange).

Il convient tout de même de préciser que l’un des principaux facteurs de différenciation du technicentre de Zenata est qu’il sera totalement autonome et outillé pour la prise en charge intégrale du matériel roulant de l’ONCF.

Enfin, le site industriel abritera aussi des espaces dédiés à l’innovation, la recherche et développement, un centre de formation dans le domaine de la maintenance industrielle, ainsi que des salles de conférence.