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En Couv’. Infrastructures ferroviaires : L’ère de la modernisation
La réalisation de la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech générera des travaux colossaux de construction d’ouvrages d’art et bien plus. Pour l’ONCF, le projet global de la future LGV constitue un puissant levier pour moderniser et étoffer les infrastructures ferroviaires du Royaume.
À terme, le Maroc s’est fixé le grand objectif de se doter d’une ligne à grande vitesse (LGV) qui s’étalera sur 1.500 km. Celle-ci se déploiera sur deux grands axes. Le premier est la ligne Tanger-Marrakech qui desservira Agadir, et le second est la ligne Casablanca-Oujda.
Pour atteindre cet objectif ambitieux à l’échelle régionale, après la réalisation de la première ligne à grande vitesse Tanger-Kénitra sur environ 200 km, les équipes de l’ONCF mettront les bouchées doubles afin d’étendre la première LGV du Royaume à Marrakech, en l’occurrence sur 430 Km supplémentaires.
Une composante imposante
Pour la réalisation des infrastructures, nécessaires à l’opérationnalisation de la future LGV dans les délais impartis, notamment d’ici 2029, l’ONCF a lancé plusieurs appels d’offres internationaux qui se sont soldés par l’attribution d’une pléthore de marchés à des entreprises marocaines et étrangères adjudicataires.
C’est dans ce sens que l’Office a attribué le contrat d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour les infrastructures de la LGV Kénitra-Marrakech au groupement franco-marocain, composé d’Egis (mandataire), de Systra et de Novec, une filiale du groupe CDG.
Ces infrastructures englobent, entre autres, la construction de 430 km de ligne nouvelle à grande vitesse (rails, traverses, ballast), le réaménagement de 250 km de ligne classique, la réalisation de nouvelles gares, l’édification de nouveaux ouvrages d’art (ponts, tunnels, ponts-rails, etc.) et les équipements de signalisation. À cela s’ajoutent, parmi d’autres, les équipements de traction et d’alimentation (lignes électriques, aériennes, sous-stations électriques, etc.).
Au sujet du réaménagement des 250 km de ligne classique, Khalid Khairane, responsable au sein de l’ONCF, a expliqué lors de la 3e édition du Rail Industry Summit de Casablanca que «cette composante concerne des zones en cours d’exploitation (Casablanca, Rabat), pour lesquelles les voies seront doublées, voire quadruplées».
À l’évidence, ce projet de réaménagement des voies ferrées contribuera, au cours des prochaines années, à doper les performances opérationnelles de l’Office national qui fait de la modernisation de son matériel roulant et des infrastructures ferroviaires son principal cheval de bataille.
Ces ouvrages d’art à construire
La LGV Kénitra-Marrakech, qui impactera 4 régions (pesant 76% du PIB national) et 58% de la population nationale, occasionnera d’importants travaux de construction d’ouvrages d’art et reconfigura le paysage urbain de l’axe Kénitra-Rabat Agdal.
Notons que sur les 53 MMDH alloués au projet d’extension de la LGV, le génie civil accapare autour de 24 MMDH, soit un peu moins de la moitié du montant dédié au projet. C’est dire l’immensité des travaux en la matière. Concrètement, le tracé de la LGV traversera la zone urbaine de Salé et la vallée du Bouregreg par viaduc.
De plus, un tunnel de 3 km traversera la capitale administrative jusqu’à la gare de Rabat-Agdal. Le tracé de Rabat-Casablanca se dirigera vers la grande gare de la capitale économique et l’aéroport Mohammed V.
Et pour relier Casablanca à Marrakech, la LGV qui permettra de parcourir en un temps record la distance Tanger-Marrakech en 2h40 min (contre 7 heures actuellement) mobilisera une assiette foncière de plus de 3.500 ha. Autre atout de la future LGV : elle connectera deux aéroports (Rabat et Casablanca) et trois stades (Rabat,
Hassan II de Casablanca et Marrakech). Cette reconfiguration en matière de connectivité ferroviaire prouve que la LGV sera une pièce maîtresse pour la mobilité des férus du ballon rond qui iront au stade pour encourager leur équipe nationale durant le Mondial 2030.
Ceci dit, outre la pose de 170.000 tonnes de rails et l’installation de 700 km de caténaires, parmi les autres infrastructures importantes qui seront construites dans le cadre du vaste projet de la LGV Kénitra-Marrakech, citons quatre sous-stations électriques LGV, plus de 300 ponts et ponts-rails, 27 km de pont à haubans et de viaduc, 15 km de galerie, trois centres de maintenance, une dizaine de sites de remisage, ainsi que de nouvelles gares.
Quatre nouvelles gares à GV
En plus de la construction et du réaménagement de 33 gares RER au niveau de la ligne classique, le projet de la LGV Kénitra-Marrakech intègre la construction de quatre nouvelles gares à grande vitesse qui verront le jour dans le Royaume.
Le Grand Casablanca en abritera trois : il s’agit des gares Casa Sud et celles du Nouveau terminal et du futur Grand stade Hassan II de Benslimane qui sera érigé pour l’organisation du Mondial 2030. La ville ocre, de plus en plus attractive aux yeux des touristes venant des cinq continents, sera aussi dotée d’une gare à grande vitesse.
Selon le chronogramme de l’ONCF, consulté par «La Vie éco», les travaux des quatre nouvelles gares à grande vitesse s’achèveront en 2028, sachant que ceux relatifs à l’aménagement des 33 gares RER se termineront en 2027.
Il convient tout de même de rappeler que les gares à grande vitesse nouvelle génération de Tanger, Kénitra, Casa Voyageurs et Rabat-Agdal, en activité, ont mobilisé près de 2 MMDH d’investissements.
En définitive, à travers la construction des nouvelles gares RER dont 11 au niveau du Grand Casablanca (Sidi Bernoussi, Zenata, Nouvelle Médina, Hay Mohammadi…), l’ONCF cherche à la fois à moderniser ses sites, tout en améliorant leur accessibilité, ainsi que leur interopérabilité avec les transports publics.

