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Ces chantiers qui vont littéralement révolutionner le Royaume (2/3)

Zoom sur la station énergétique Noor Midelt, l’éco-cité Zenata et Casa-Anfa. Et un grand focus sur les Zones d’accélération industrielle de défense.

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Station Noor Midelt : un grand saut dans l’avenir énergétique

Si la méga-centrale solaire de Noor Ouarzazate, de «seulement» 580 MW, permet déjà d’alimenter près de deux millions d’habitants, que peut-on dire pour une centrale presque trois fois plus grande, avec une capacité de 1.600 mW.

Pour avoir une idée de sa dimension, la station Noor Midelt pourra en effet garantir la consommation électrique d’une agglomération de 5,5 millions d’habitants. Avec à la clé la possibilité d’émission de 2,27 millions de tonnes de CO2.

Le projet solaire Noor Midelt a été initié en 2018, la construction de la première tranche a été attribuée à un consortium mené par EDF Renouvelables, pour une puissance de 800 MW répartie entre CSP et photovoltaïque. Au total, ce mégaprojet devrait atteindre 1.600 MW, soit 600 MW de CSP combiné à 1.000 MW de photovoltaïque, en en faisant le plus grand complexe solaire multitechnique au monde.

C’est mieux que Noor Ouarzazate, non seulement en termes de capacité, mais aussi de par la technologie utilisée. Noor Midelt combinera réellement les deux technologies, ce qui permettra à la fois d’améliorer le rendement du complexe et d’optimiser le prix du kWh. Après avoir marqué une pause, le projet s’accélère. Tout récemment, l’ONEE a annoncé la mise en service de deux nouvelles lignes électriques à haute tension de 400 kilovolts, qui relient la future station solaire de Midelt au réseau national.

Ces deux lignes visent, par la même occasion, à accompagner l’intégration massive des énergies renouvelables dans le mix énergétique national. L’intérêt majeur de cette station est qu’elle permet d’utiliser les deux technologies ensemble, le photovoltaïque (PV) et l’énergie solaire concentrée (CSP), la centrale peut fournir de l’électricité de manière plus constante, même après le coucher du soleil grâce à la capacité de stockage du CSP.

Cela en améliora le dispositif de stockage qui intègre un système de batteries qui seront fort probablement fabriquées au Maroc. Au moment où la station entrera en activité, le Royaume aura déjà produit ses premières batteries fabriquées entièrement à l’échelle locale, à Kénitra, avec l’intégration de toute la chaîne de valeur.

Cette capacité de stockage par CSP ou par batteries dans les phases ultérieures est essentielle pour la gestion de la demande énergétique et la stabilité du réseau électrique, ce qui est une innovation cruciale dans le contexte de l’intégration massive des énergies renouvelables.

Casa-Anfa, Zenata… : pour la ville modèle du futur
Le Maroc prône la durabilité dans toutes ses stratégies. Les opérateurs privés ou publics s’inscrivent dans cette vision, en mettant en place des projets qui répondent aux exigences du développement durable. Le bâtiment n’en fait pas exception. À l’intérieur du Grand Casablanca, deux «villes» se démarquent : l’éco-cité Zenata et Casa-Anfa.

La première a déjà obtenu le label RSE de la CGEM ainsi que le label international «Eco-City Label», consécutivement à l’intégration de la dimension environnementale dans sa conception. Pour rappel, l’éco-cité est étalée sur une superficie de 1.830 ha, dont plus de 25% sont dédiés aux espaces verts seulement.

Ce qui représente environ 15 m² par habitant, soit bien au-delà des recommandations de l’OMS, promettant un cadre de vie sain et durable. La ville est conçue pour optimiser l’utilisation des ressources naturelles, avec des innovations comme la trame aéraulique pour le rafraîchissement naturel et la gestion de l’eau par des bassins de rétention.

Actuellement, cette ville qui hisse le positionnement de la métropole casablancaise attire autant les promoteurs que les investisseurs. Autre particularité, Zenata propose des logements pour toutes les classes sociales, favorisant ainsi une mixité sociale.

Avec un objectif de créer un emploi pour trois habitants, la ville met l’accent sur le développement de pôles économiques. Tout cela en fait un modèle pour le développement urbain du Maroc. Zenata n’est, d’ailleurs, pas la seule. Les bâtiments construits au niveau de Casa-Anfa, qu’ils soient à caractère professionnel ou commercial, ont également adopté cette conception.

L’idée est de réserver une grande partie aux espaces verts, aux espaces ouverts, mais aussi de privilégier l’utilisation de matériaux durables, de l’énergie solaire… C’est le cas également pour la Cité Mohammed VI Tanger-Tech. Ce sont des pôles urbains qui offrent des solutions urbaines durables aux défis de l’urbanisation rapide et de la croissance démographique et qui sont conçus pour être adaptés et reproduits non seulement au Maroc, mais dans d’autres contextes africains et émergents.

ZAI de défense : un tremplin industriel
Il y a quelques mois, l’Administration de la défense nationale a conclu un partenariat stratégique avec Tata Advanced Systems Limited (TASL) pour la production locale du véhicule de combat terrestre WhAP 8×8. Une partie de la production sera destinée à l’Afrique.

Plus récemment, dans le BO des annonces légales du 29 janvier, on apprend que le turc Baykar a créé une société de droit marocain, Atlas Défense, pour la maintenance et la fabrication de drones militaires. Des drones qui sont utilisés aussi de plus en plus aujourd’hui au Sahel pour la lutte contre le terrorisme et les groupes armés.

Auparavant, la société israélienne BlueBird Aero Systems avait annoncé qu’elle allait officiellement lancer son unité de production d’aéronefs sans pilotes (ASP) sur le sol marocain. Ce ne sont que des exemples qui montrent que l’industrie de défense est déjà une réalité au Maroc.

Pour ce faire, le Royaume a mis en place un cadre juridique et deux zones dédiées. Il s’agit d’un projet qui fera passer le Maroc dans une nouvelle dimension industrielle. Après le succès rencontré dans des industries civiles matures, comme l’automobile et l’aéronautique, le Royaume se lance désormais dans l’industrie militaire, avec la mise en place par le gouvernement de deux zones d’accélération industrielle de défense.

L’ambition affichée est de devenir un hub régional dans ce domaine. Ces deux zones dédiées ont pour vocation d’accueillir des entreprises spécialisées dans la fabrication d’armements, de munitions, ainsi que d’équipements militaires et de sécurité. Et cela a déjà commencé.

En plus des projets indien, israélien et turc, d’autres accords avec des partenaires étrangers, notamment américains, français et autres, sont également lancés ou sur le point de l’être. Blindage, assemblage d’équipements, drones, pièces de rechange pour chars, maintenance, etc., autant d’activités nouvelles susceptibles de propulser le pays et son économie dans une nouvelle ère industrielle, plus technologique, plus moderne et plus complexe.

De quoi aussi faire passer le Maroc, et c’est tout l’enjeu, d’importateur d’équipements militaires à exportateur, principalement vers les pays d’Afrique subsaharienne.