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Campagne agricole : Une année exceptionnelle en perspective

Le secteur bénéficie d’une pluviométrie abondante propice à la poursuite de la campagne actuelle. Tous les indicateurs sont au vert, que ce soit les barrages ou les superficies emblavées et surtout le moral des agriculteurs.

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La campagne agricole qui avait démarré le 14 novembre dernier sous le signe de la prudence et de la résilience est partie pour déjouer tous les pronostics, même les plus optimistes.

Les précipitations ininterrompues que connaît le pays depuis plus d’un mois ont contribué à améliorer les conditions de labour et d’installation des cultures.

Que ce soit pour les grandes cultures d’hiver ou pour les maraîchères, la campagne agricole s’annonce nettement meilleure que les précédentes. L’objectif de 50 millions de quintaux pourrait même être dépassé cette année, à condition que cette pluviométrie se poursuive jusqu’au mois de mars et qu’elle soit ponctuée par des épisodes d’ensoleillement.

«Longtemps attendues par les agriculteurs, ces précipitations envoient un signal encourageant, incitant à cultiver les terres et à poursuivre la mise en place des cultures.

Les conditions actuelles sont de nature à favoriser l’inscription des agriculteurs dans un nouveau cycle de production, en vue d’assurer l’approvisionnement du marché national dans de bonnes conditions», indique le ministère de l’Agriculture.

Toujours selon l’autorité de tutelle, les opérations de la campagne en cours affichent une progression soutenue. La superficie labourée a atteint 4,02 millions d’hectares pour les grandes cultures. De plus, il est prévu que les semis des cultures céréalières atteignent 3,5 millions d’hectares, notamment avec le semis tardif au niveau des zones de montagnes où cette opération devrait se poursuivre jusqu’à fin janvier.

Pour les cultures maraîchères, le programme du maraîchage d’automne, qui s’est achevé le 15 décembre, est bouclé avec 100.000 hectares réalisés, portant principalement sur les cultures maraîchères majeures et les cultures saisonnières.

Le maraîchage d’hiver, qui lui se poursuit jusqu’au 15 mars, démarre sur une dynamique très positive. Au cours des deux premières semaines, 20% du programme ont déjà été réalisés, avec plus de 13.400 hectares mis en place, notamment l’oignon et la pomme de terre.

Ces réalisations ont été rendues possibles grâce à une pluviométrie abondante qui a amélioré la situation de tous les barrages, notamment agricoles. En effet, les réserves des barrages à usage agricole se sont élevées à 5,2 milliards de m3, soit l’équivalent d’un taux de remplissage de 37%, contre 3,6 milliards de m3 pendant la campagne précédente.

En tout, le cumul pluviométrique entre le 1er septembre 2025 et le 5 janvier 2026 est de 252 mm, en hausse de 36% par rapport à la normale observée en moyenne ces 30 dernières années et 167% par rapport à l’année dernière.

Casablanca-Settat : Les objectifs dépassés
Dans ce contexte, il est des régions qui ont bénéficié de ce ciel clément plus que d’autres.

Si certaines en tirent pleinement profit, d’autres commencent à se redresser progressivement, après que les sept dernières années de sécheresse avaient enterré tout espoir du maintien d’une quelconque culture.

L’allusion est faite à la région Casablanca-Settat qui a lourdement pâti de la succession des périodes de déficit hydrique.

Les retombées des dernières précipitations ont incité certains agriculteurs à élargir les superficies consacrées aux cultures bour de saison, notamment les céréales, les légumineuses et les cultures fourragères destinées à l’alimentation du cheptel.

Ainsi, la superficie emblavée a plus que doublé cette année (+122%), atteignant 752.278 ha dont 21.236 ha en irrigué, selon la DRA de la région. Ce qui représente 85% du programme fixé à 880.000 ha, répartis entre 311.395 ha de blé tendre, 203.270 ha de blé dur et 237.113 ha d’orge.

Mieux encore, «avec le retour du beau temps, les semis tardifs peuvent encore se poursuivre jusqu’à la fin du mois, ce qui devrait permettre d’améliorer davantage ces superficies», précise la DRA.

Concernant la multiplication de semences sélectionnées de céréales, la superficie réalisée s’élève à 10.000 ha, soit 76% du programme (13.100 ha). Pour leur part, les superficies emblavées des cultures fourragères ont dépassé 77.965 ha, soit près de 83% de l’objectif (92.000ha).

La mise en place des légumineuses alimentaires, elle, se poursuit sur 10.095 ha, soit 22% du programme de 45.000 ha.

Sur un autre volet, le programme de culture de la betterave sucrière a été entièrement réalisé sur une superficie de 9.200 ha au niveau des provinces d’El-Jadida et de Sidi Bennour, qui se distinguent également par une forte dynamique des cultures maraîchères, notamment la pomme de terre.

À l’échelle régionale, les superficies réalisées en cultures maraîchères d’automne ont atteint 17.440 hectares, soit plus de 100% de la superficie programmée, concernant principalement la pomme de terre, la carotte et la tomate.

S’agissant du maraîchage d’hiver, la mise en œuvre du programme, qui couvre plus de 16.300 ha, a atteint un taux de réalisation de 47%.

Il est tout de même à préciser que la zone de Doukkala n’est pas encore totalement sortie de ses cendres, bien qu’en amélioration. Et pour cause, le barrage d’El-Massira n’est qu’à un taux de remplissage de 8%, contre même pas 2% une année auparavant.

En revanche, le barrage Ahmed
El Hansali a enregistré une capacité de 39% contre 3,7%. Toutefois, pour l’heure, les dotations en eau dans cette zone sont toujours arrêtées, jusqu’à nouvel ordre.

L’Oriental : La région renaît
La situation des barrages dans cette région est en amélioration également, le taux de remplissage ayant augmenté de 4,2 points en une année, à 41,3%. Ce qui a contribué à entamer la campagne agricole sous de bons auspices.

En effet, les céréales d’automne ont connu une nette amélioration des superficies emblavées, à 42.780 hectares, en progression de 66%. «Cette hausse est principalement due à l’intensification des opérations de semis durant la dernière semaine de décembre et le début du mois de janvier, favorisée par l’amélioration des conditions pluviométriques.

L’orge représente la culture dominante de 59%, suivie du blé tendre de 27% et du blé dur de 14%», apprend-on auprès de la DRA de l’Oriental. La campagne agricole en cours affiche des indicateurs globalement positifs, marqués par une nette progression de plusieurs filières.

Ainsi, la superficie consacrée à la multiplication de semences sélectionnées de céréales a atteint 275 hectares, contre seulement 76 hectares à la même période de la campagne précédente, celle destinée à la betterave sucrière a atteint 1.951 ha, dont 81% réalisés dans la province de Nador, et la surface portant sur les légumineuses alimentaires s’est élevée à 640 ha, en hausse de 65%.

Dans le même sillage, les cultures fourragères couvrent une superficie de 11.182 ha, au moment où les maraîchers ont atteint 3.323 ha, dominés par la pomme de terre avec 959 ha, suivie de l’oignon (316 ha) et de la tomate (163 ha).

Quant au maraîchage d’hiver, lancé à partir du 15 décembre, il démarre sur une dynamique encourageante, supérieure à celle observée lors de la saison d’automne. La superficie déjà réalisée atteint 164 hectares, avec des perspectives de progression au fil de l’avancement de la campagne agricole.

Par ailleurs, ces précipitations ont eu un impact positif sur l’état des parcours pastoraux et des parcours forestiers dans l’ensemble des provinces de la région, lesquels se trouvent actuellement dans une situation moyenne.

Il est prévu que le couvert végétal des parcours s’améliore au cours des prochaines semaines, après la fin de la période de froid. De plus, la situation des parcours pourrait devenir excellente en cas d’enregistrement de précipitations supplémentaires durant les mois de février et mars prochains, notamment dans les provinces de Figuig, Jerada et Taourirt, qui concentrent plus de 90% des superficies pastorales de la région.

TTA : Avancement satisfaisant
La campagne 2025-2026 démarre sur un registre nettement meilleur dans la région. La pluviométrie est au-dessus de la normale, les barrages sont à un taux de remplissage de 62,9% contre 45,6% un an plus tôt, le programme des grandes cultures atteint 64% de l’objectif pour les céréales et 62,5% pour les légumineuses et le maraîchage d’automne a dépassé la cible avec 104,8%.

Sur toute la région, ce sont 260.085 ha de céréales qui ont ainsi été plantés, 53.464 ha de légumineuses, 1.027 ha de canne à sucre et 6.171 ha de betterave sucrière.

D’un autre côté, c’est bien parti pour le maraîchage d’automne également avec des superficies qui dépassent l’objectif fixé à 22.273 ha (104,8%). Pour sa part, le semis direct progresse mais reste encore en phase de montée en puissance.

À date, 1.330 ha sont déclarés réalisés sur 15.000 ha programmés (8,9%). «L’enjeu est moins la vitesse que la réussite technique : réglages, gestion des résidus, fertilisation et désherbage», explique la DRA de la région. En définitive, «la phase décisive se joue désormais sur la régularité des pluies d’hiver, la gestion prudente de l’eau et la maîtrise des risques sanitaires.

Si ces conditions sont réunies, la région peut transformer l’amélioration hydrique en performance agricole et en meilleure stabilité d’approvisionnement», précise la DRA.


Les parcours : La régénération en marche
Les agriculteurs restent fortement engagés à poursuivre leur activité et même à élargir les superficies plantées, compte tenu du contexte largement favorable.

Au-delà, ces pluies favorisent également la régénération des parcours, offrant une ressource fourragère disponible dès le mois de mars et réduisant la pression sur les aliments du bétail.

Elles devraient donc contribuer à l’allègement des charges des éleveurs grâce à la baisse du coût des aliments et à l’amélioration des conditions de production animale, notamment dans le cadre du programme national de reconstitution du cheptel.