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Marché des couvertures : L’hiver, véritable moteur de la demande

Le marché connaît, depuis plusieurs années, une crise structurelle qui a entraîné la fermeture de nombreuses unités. La consommation reste modeste, impactée par des produits étrangers bon marché.

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La filière des couvertures, niche du linge de maison, pourrait, selon des industriels, enregistrer sur les quatre prochaines années une croissance annuelle de 4 à 5%, expliquée d’une part par l’expansion de la classe moyenne et d’autre part par l’organisation d’événements comme la Coupe du monde.

«Il est certain que les besoins d’ameublement et de décoration, notamment avec la construction de nouveaux hôtels et l’offre des logements locatifs, vont booster la demande en couvertures», avance un industriel.

Hormis cette conjoncture favorable à la hausse des ventes de couvertures, à chaque baisse des températures, ce marché sort de sa relative discrétion pour devenir un produit de première nécessité.

L’hiver agit comme un catalyseur de la demande, aussi bien dans les villes que dans les foyers ruraux, faisant des couvertures un segment stratégique de la filière du linge de maison.

Aucune estimation exacte du marché n’est disponible, mais selon des opérateurs, sa valeur se situerait entre 300 et 500 millions de dirhams. La fabrication locale couvre, selon les estimations des professionnels, près de 90% des besoins. Le reste est exporté vers l’Afrique et vers l’Europe. Ce marché absorbe 3,1% des exportations nationales de couvertures.

La consommation de couvertures est fortement saisonnière. Les ventes s’intensifient dès l’automne pour atteindre leur pic, estimé entre 20 à 30%, entre novembre et février. Et ce, en particulier dans les zones froides.

Pour de nombreux foyers, la couverture est un achat récurrent. En moyenne, les ménages achètent 1 à 3 unités par an. Les ventes, dit-on dans le secteur, portent essentiellement sur des produits de moyenne gamme, vendus autour de 350 dirhams.

La contrefaçon et la friperie inondent le marché local
Le prix des couvertures varie selon la catégorie avec une distinction marquée entre le bas de gamme (synthétique bon marché) et le haut de gamme (laine ou coton prémium).

Pour une couverture bas de gamme, il faut compter entre 130 et 400 DH. Cette catégorie domine les marchés populaires et le e-commerce. Ces couvertures proviennent généralement d’Asie. Pour le haut de gamme, les articles sont faits en laine ou en soie-coton. Et le prix varie entre 1.500 et 5.000 dirhams.

Distribuées par des enseignes d’ameublement et de linge de maison de luxe, ces couvertures sont destinées aux catégories socioéconomiques A+ ainsi qu’à l’hôtellerie.

L’offre de moyenne gamme porte, quant à elle, sur des articles en coton-polyester commercialisés dans les GSM (Grandes et moyennes surfaces) à un prix allant de 500 à 1.200 dirhams.

La distribution moderne représente aujourd’hui près de 25% des ventes de couvertures, notent les professionnels. «La demande s’oriente beaucoup plus vers des couvertures légères et durables. Un segment qui serait en expansion», expliquent-ils.

Durant ces cinq dernières années, la consommation de couvertures a été influencée par la croissance de l’urbanisation et de la distribution moderne ainsi que par l’essor du e-commerce.

Cependant, le marché, malgré les bonnes perspectives à l’horizon 2030, est laminé par les importations illégales.

Globalement, les importations représentent 60% du marché de la couverture importée légalement. Ce qui représente un volume estimé entre 50.000 et 70.000 unités par an.

Principalement des articles bas de gamme en provenance de Chine et de Turquie. Les flux illégaux, également du bas de gamme, importés par voie terrestre en provenance de Mauritanie, Sebta et Melilia, représentent 40% du marché, avec un volume annuel de 20.000 tonnes.

Le décrochage de prix variant entre 40 et 60% pénalise fortement les producteurs locaux dont un grand nombre a mis la clé sous le paillasson. Historiquement, cette filière comptait près de 30 usines dont une vingtaine sont aujourd’hui à l’arrêt en raison de la forte concurrence déloyale.

Ces fermetures d’usines ont fortement impacté la filière qui pourrait, même s’il n’y a pas d’estimation officielle, atteindre un milliard de dirhams.

Pour protéger cette industrie, des mesures fiscales ont été introduites, notamment des hausses de droits de douane sur les produits concurrents ainsi que des baisses de 30% sur les intrants essentiels comme le coton ou encore la laine synthétique.