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Nabil Amar : «L’année 2024 sera un tournant pour l’usage des m-wallets»

Dématérialisation des transactions, avenir des m-wallets, perspectives des fintechs, inclusion financière… Le Maroc est promis à un bel avenir selon le président de CashPlus.

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Comment voyez-vous l’évolution de la dématérialisation des transactions et l’amélioration de l’accès aux services financiers au Maroc ?
Le Maroc a connu ces dix dernières années une révolution en termes de dématérialisation des transactions. Cette évolution, portée par l’engagement actif des institutions publiques et des entreprises privées, a grandement facilité l’accès des citoyens aux services e-gov, tels que les démarches administratives et le paiement des taxes, impôts et divers droits. L’accélération de ce processus a également favorisé l’externalisation de ces services vers des établissements de paiement munis d’un savoir-faire phygital, offrant ainsi à ceux moins initiés au numérique la possibilité de réaliser des opérations quotidiennes au sein des points de service agréés et spécialement formés à cet effet. Ces réseaux ont démontré leur capacité à être un vrai relais de services financiers pour l’État, comme la distribution des aides Covid à plus de 5 millions de Marocains ou plus récemment la distribution des aides aux sinistrés du séisme d’Al Haouz.

Le paiement mobile reste peu développé au Maroc. Pourtant, plus de 8 millions de m-wallets ont été créés. À quoi revient le manque de dynamisme de ce marché ?
L’ouverture de plus de 8 millions de wallets montre au contraire le dynamisme des établissements de paiement dans la bancarisation des citoyens. Il faut savoir que derrière chaque wallet, il y a un RIB, qui permet à l’utilisateur de domicilier son salaire ou ses allocations familiales. L’année 2024 sera un tournant pour l’usage des m-wallets grâce à l’initiative de Sa Majesté le Roi visant l’inclusion financière des citoyens les plus démunis.
Cette initiative prévoit l’attribution d’une aide financière variant entre 500 et 1.500 dirhams à environ 5 millions de ménages au Maroc. L’écosystème a réussi la bataille de l’équipement du consommateur où la réception de virements domine actuellement les usages. Cependant, il reste des défis à relever pour d’autres fonctionnalités, comme le paiement mobile qui nécessite un grand effort de persuasion des commerçants, mais aussi le transfert d’argent qui recèle encore un potentiel important à aller chercher.

Le secteur des fintechs, lui, connaît une bonne évolution, mais avec peu d’impact sur le secteur financier. Quel regard portez-vous sur la fintech ?
Je reste très optimiste quant à l’avenir de la fintech au Maroc. Nous avons la chance d’avoir un régulateur qui est très ouvert, avec des initiatives portées par des institutions, telles que le programme 212 Founders porté par la CDG qui permet à des start-up d’adresser des cas d’usage autour des services financiers comme le transfert d’argent, le crédit type BNPL (buy now pay later)…, tout en collaboration avec des acteurs bancaires de la place.

Comment CashPlus contribue à l’amélioration de l’inclusion financière des «exclus» du système financier et que prévoit votre fintech pour les prochaines années ?
Depuis 10 ans, CashPlus n’a cessé de développer ses services pour être toujours plus proche des Marocains et faciliter leur quotidien. Avec plus de 150 services disponibles sur 8.000 points de vente, plus de 10 millions de clients sont servis annuellement par des services financiers ou autres.
Nos clients peuvent ouvrir un compte doté d’une carte de paiement, envoyer un colis, déposer un dossier CNSS ou se faire rembourser un sinistre automobile.
Cette diversité des opérations n’est possible qu’à travers le développement en continu d’un système d’information fiable permettant de traiter un grand nombre d’opérations par jour et de procédures opérationnelles aux meilleurs standards répondant aux exigences de qualité requises par les partenaires nationaux, internationaux et Bank Al-Maghrib.