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Mines : Cinq projets prometteurs en cours de développement
Un peu partout dans le Royaume, du nord au sud, des compagnies minières explorent, sondent et forent le sous-sol marocain à la recherche d’argent, de cuivre, de zinc, de plomb, d’étain, d’antimoine, ou de tout autre minerai digne d’intérêt pour les besoins de la transition énergétique. Round-up des projets les plus prometteurs.
De l’Anti-Atlas au Moyen Atlas, en passant par Drâa-Tafilalet, les projets miniers se multiplient, dans un contexte propice à l’investissement. Certains sont déjà bien avancés, d’autres demeurent des prospects à confirmer. Tour d’horizon.
Argent à Boumadine
Parmi les projets les plus prometteurs figure celui de Boumadine. Situé dans la région de Drâa-Tafilalet, il est aujourd’hui l’un des plus importants projets miniers hors phosphate au Maroc.
Détenu et développé par la société canadienne Aya Gold & Silver, qui développe déjà avec succès la mine d’argent de Zgounder, le projet de Boumadine consiste en un gisement polymétallique à forte teneur en argent, mais aussi en or, zinc et plomb, avec des occurrences locales de cuivre.
La concession couvre 339 km², au sein d’un district minier encore largement sous-exploré. Les dernières estimations font état de ressources remarquables d’environ 5 millions de tonnes, avec des teneurs élevées en argent et en or, positionnant Boumadine comme un actif à fort potentiel à l’échelle régionale.
Après un programme intensif de forage, le projet se situe en 2026 en phase de prédéveloppement, avec le lancement, fin 2025, de l’évaluation économique du projet, ouvrant la voie à la construction d’une usine de traitement dès 2028. En cas de concrétisation, ce projet consoliderait davantage la position du Maroc en tant que leader incontesté de la production d’argent dans la région.
Cuivre à Agadir Melloul
Autre projet prometteur, celui d’Agadir Melloul, dans la province de Taroundant, développé par la société britannique Critical Mineral Resources (CMR), en joint-venture avec le marocain Coppernicus Mining.
Les premières estimations tablent sur une ressource de cuivre de l’ordre de 150.000 à 200.000 tonnes. Les forages, réalisés durant le second semestre 2025, ont donné de nouveaux résultats «très encourageants».
En effet, selon la compagnie, la configuration géologique des gisements découverts ouvre la voie à un développement minier à faible coût, notamment par extraction à ciel ouvert.
Critical Mineral Resources vise désormais une première estimation de ressources pour le premier semestre 2026, qui devrait être suivie d’études de faisabilité et des évaluations environnementales nécessaires à une mise en production à l’horizon 2027. Une unité de traitement d’une capacité pouvant aller jusqu’à 1.000 tonnes par jour est prévue.
Étain à Achmmach
Le projet minier d’Achmmach, près de Meknès, concerne l’exploitation d’un important gisement d’étain, considéré parmi les plus grands au monde. Ses ressources sont estimées à 39,1 millions de tonnes de minerai avec une teneur moyenne de 0,55% d’étain, soit environ 213.000 tonnes d’étain contenu, un composant majeur des soudures pour cartes électroniques.
Initialement détenu par Atlantic Tin, le projet est passé fin 2025 dans le giron du groupe chinois Xingye Yinxin Mining, marquant une nouvelle phase pour le projet, qui se concentre sur l’approfondissement des études techniques et la consolidation du financement pour lancer la production, avec des estimations de démarrage de production commerciale dès 2026-2027.
Ce projet stratégique utilise des méthodes d’extraction souterraine efficaces en ayant recours au foudroyage mécanisé. Il doit permettre de répondre à la demande mondiale croissante d’étain pour l’électronique et la 5G.
Antimoine à Moulay Bouazza
La compagnie australienne Zeus développe près de Moulay Bouazza, dans la province de Khénifra, un projet de mine d’antimoine, un composant crucial pour la transition énergétique, en particulier pour les panneaux solaires photovoltaïques et les éoliennes.
Baptisé «Casablanca Antimony Project», il est considéré comme l’un des rares projets d’exploration d’antimoine à haute teneur dans le monde. Le projet couvre six permis d’exploration octroyés sur une superficie totale de 79 km².
Il comprend de nombreux sites d’exploitation artisanale, anciens et récents, et permet d’extraire des échantillons de roche à haute teneur, dont certains atteignent 46,52% d’antimoine.
En cas de concrétisation du projet, le Maroc se positionnerait en tant que fournisseur clé d’antimoine, un métal critique, répondant à la demande croissante des secteurs de la transition énergétique et de la défense, dans un contexte d’offre mondiale très tendue, où la Chine, principal producteur mondial, impose des restrictions sur les exportations.
Cuivre à Timarighine
La mine de Timarighine s’impose comme l’un des projets cuprifères émergents les plus prometteurs du sud-est marocain. Situé dans la province de Zagora, au cœur de l’Anti-Atlas oriental, ce projet est développé par la société Morocco Strategic Minerals, qui y détient des permis couvrant environ 64 km² dans une zone à fort potentiel minéral.
Le projet se distingue par des minéralisations de cuivre à très haute teneur, avec des échantillons en surface atteignant jusqu’à 16,16%. Après une première phase d’exploration concluante (tranchées, échantillonnages et cartographie), un programme de forage initial a été lancé à la mi -2025.
À ce stade, Timarighine reste en phase d’exploration avancée. Mais les résultats attendus, s’ils confirment le potentiel, ouvriraient la voie à un développement du projet en vue de son exploitation.