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Les barber shops poussent au Maroc

Les barbiers modernes sont en plein essor. Comment expliquer cet engouement pour ces nouvelles enseignes et comment tiennent-elles leur business. Réponses.

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Alors que les salons de coiffure étaient les seules à prodiguer des soins de coiffures au Maroc, un nouveau type de prestations, plus haut de gamme, servies par ce qu’on appelle des «Barber shops» fait son apparition. Ce modèle de salons de coiffure qui a émergé plus tôt dans les pays européens devient une tendance cette dernière décennie.

Abderrahmane Rachad, gérant de « The Barber Shop », a expliqué que c’est le propriétaire de la boutique qui a, le premier, introduit ce concept au Maroc après avoir remarqué un manque de certaines prestations dans le secteur de la coiffure. Il a déployé une approche holistique des soins masculins, allant au-delà des simples coupes de cheveux. Le salon propose des soins de visage, l’épilation et, bien sûr, une attention particulière à la barbe. Les clients viennent non seulement pour entretenir leur apparence, mais aussi pour prendre soin de leur peau. «Quand on parle d’un salon pour hommes, il faut savoir qu’il faut prodiguer certains soins. Comme les soins de visage, l’épilation, etc. Il y a d’autres salons qui font de la manucure, la pédicure. Nous, on ne fait pas ça, car ce n’est pas quelque chose qui est encore très demandé par les hommes au Maroc. Ce qui n’est pas le cas des soins de visage pour enlever les points noirs par exemple», explique le professionnel.

Rachad note que de plus en plus d’hommes au Maroc laissent pousser leur barbe, mais ils ne s’arrêtent pas là. Ils utilisent des produits pour la lisser, la densifier et même pour lui donner une nouvelle teinture. Cette nouvelle tendance a favorisé la demande de services de barbiers modernes qui offrent des soins spécialisés. «Nous, notre cœur de métier, ce sont les coupes et la barbe. Généralement, les clients reviennent vers nous tous les 10 ou 15 jours pour entretenir leur visage, car ils souhaitent garder le même look tout le temps», explique notre source.

Une clientèle exigeante
Les tenants de ce nouveau concept proposent une approche haut de gamme de la coiffure masculine. Les coiffeurs visagistes de la boutique conseillent les clients en fonction de la forme de leur visage, plutôt que de simplement demander leur choix de coupe. Les tarifs reflètent cette qualité de service, avec des prestations allant de 120 à 400 dirhams. La clientèle est prête à payer pour cette expertise et cette attention personnalisée. «Oui, notre clientèle peut être qualifiée de premium, par exemple il faut compter 250 dirhams pour un combo coupe et barbe. On y compte le brushing, le shampoing, un coiffeur visagiste. Contrairement aux coiffeurs normaux, notre artisan doit maîtriser la coiffure, la coloration, le visagisme.» En tant que précurseur, «The Barber Shop» a établi des normes strictes en matière de décoration et d’hygiène. Le succès du modèle a incité d’autres à suivre son exemple. Cependant, certaines boutiques ont même copié le nom de l’enseigne, ce qui a conduit à des litiges. «« The Barber Shop » a dû prendre des mesures légales pour protéger sa marque, et l’un de ces cas a abouti à une amende de 80.000 dirhams en leur faveur », nous confie Abderrahmane Rachad.

Investissement dans l’hygiène
Dans ce genre de boutique, l’accent est mis sur l’hygiène. Des gants jetables coûteux et des serviettes utilisées une seule fois sont la norme. Chaque serviette utilisée est immédiatement lavée, parfumée et emballée dans du plastique. Cela entraîne des charges supplémentaires pour le pressing, avec un coût mensuel de 3.000 dirhams rien que pour le nettoyage. Même son de cloche de la part de Cheikh Fall, propriétaire de «The premier barber shop». Ce natif de Dakar réside au Maroc depuis une quinzaine d’années. Après avoir exercé chez un professionnel de la coiffure pour quelque temps, il a décidé d’ouvrir son propre business en 2002. Et ça marche : sa boutique est constamment prise d’assaut. «Notre succès reflète notre professionnalisme et notre originalité et, bien sûr, l’importance que revêt pour nous l’hygiène», souligne Cheikh Fall. Dans son échoppe, une table de billard est même mise à disposition des clients au centre de son salon. De quoi les inciter à prendre du plaisir tout en s’adonnant à un loisir populaire auprès des Casablancais.

Signe de la bonne marche de son entreprise, Fall nous affirme qu’il emploie douze coiffeurs ainsi que 3 femmes de ménage. De son côté, Abderrahmane, gérant de «The Barber Shop», emploie un personnel diversifié, dont cinq coiffeurs, un caissier, une femme de ménage, un responsable, un comptable, et même un chauffeur pour les clients. Le modèle commercial exige des investissements financiers importants pour maintenir le niveau de qualité et d’hygiène requis.

L’émergence de ce nouveau concept nous renseigne sur la tendance et l’évolution des attentes des hommes en matière de soins personnels. Les clients recherchent désormais une expérience de haute qualité, personnalisée et hygiénique, prêts à payer le prix pour se sentir et paraître au mieux.