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La CNSS lancera la feuille de soins électronique en 2024
L’accélération de la digitalisation des prestations de la CNSS se poursuit. La Caisse investira régulièrement sur les sept prochaines années, recrutera des profils pointus et créera une filiale pour la gestion de ce volet digital.
À la Caisse nationale de sécurité sociale, l’heure est à la transformation digitale. Ce chantier qui a déjà été entamé en 2003 fait, depuis le début de l’année, l’objet d’un plan, annoncé en janvier dernier, et qui sera déployé sur les sept prochaines années. «C’est un plan avant-gardiste qui permet à la CNSS de faire face aux nouveaux défis opérationnels de la Caisse suite à la généralisation de la couverture sociale et donc l’augmentation de la population assurée», explique Lahcen Laghdir, directeur adjoint à la CNSS. En effet, l’accélération de la transformation digitale vise la dématérialisation totale des processus de l’AMO et la numérisation des prestations ainssi que l’optimisation de la gestion des ressources. Ce qui permettra également, selon la Caisse, d’optimiser les parcours et de rajeunir l’image de l’institution dans le contexte actuel de généralisation de la protection sociale et d’offre de prestations de qualité.
Une priorité pour le développement de la CNSS
La transformation digitale se traduira, au fil des 7 prochaines années, par la mise en place d’un large éventail de solutions technologiques et novatrices permettant une gestion transparente et rapide de la relation client, ainsi que la dématérialisation progressive de l’ensemble des prestations, du processus de gestion et de recouvrement. Cela nécessitera, souligne Laghdir, le développement d’une cinquantaine de solutions qui feront l’objet de fréquentes mises à jour pour répondre aux besoins de la Caisse.
Parmi les plus importants chantiers de digitalisation, on retiendra celui de la feuille de soins électronique. Celle-ci constituera, précise Lahcen Laghdir, «une véritable révolution pour la gestion des relations avec les assurés et les prestataires de soins». La plateforme regroupera tous les intervenants du parcours de soins, notamment les médecins, les pharmaciens, les radiologues, les biologistes, les établissements de soins et les assurés.
Un investissement annuel moyen de 150 Mdh jusqu’en 2029
Prévue pour l’année 2024, la mise en place de la feuille de soins électronique se traduira par une dématérialisation complète des procédures du parcours de soins. Concrètement, et grâce à une interopérabilité avec les prestataires de soins, la prescription médicale, l’achat des médicaments, les analyses et autres examens radiologiques se feront désormais en ligne. Ce qui aura un impact certain, notamment une réduction du temps de gestion des dossiers, dont 90 à 95% dématérialisés, et évitera les déplacements des assurés auprès des agences de la CNSS.
Si au départ cette prestation concernera les médecins, les pharmaciens, les biologistes et les radiologues, elle sera étendue l’année suivant son lancement, aux kinésithérapeutes, aux opticiens, ainsi qu’aux dentistes. Actuellement, ce projet est en discussion avec l’Ordre national des médecins pour les sensibiliser à l’importance du projet et les impliquer dans sa mise en place.
Au-delà de la facilitation du traitement des dossiers maladie, la feuille de soins électronique permettra, par ailleurs, au gestionnaire de l’AMO des salariés de recouper les informations et de disposer, de l’avis de Lahcen Laghdir, «d’un gisement de données utilisables pour identifier les prestations et éviter les éventuelles fraudes».
Le plan de transformation digitale permettra également le développement de plusieurs nouvelles solutions informatiques, notamment T3aouidati concernant les allocations familiales, les allocations de décès, les indemnités de maladie et de maternité. Soit un portail qui permettra, selon les responsables de la CNSS, «d’analyser le profil de l’assuré et de suivre sa situation» et d’informer sur les diverses démarches à faire et le dépôt des dossiers. Pour coordonner avec les assureurs privés dans le cadre de leur offre de produits complémentaires, il est prévu un guichet unique reliant les 150 agences de la CNSS avec les compagnies en vue d’un traitement rapide des dossiers.
L’accélération de la transformation digitale nécessitera un investissement annuel de 140 millions de dirhams en moyenne. L’enveloppe globale s’élève à 1,2 milliard de dirhams. Et également un investissement en ressources humaines. La CNSS a lancé le recrutement de profils pointus d’informaticiens et de développeurs et prévoit la création d’une filiale, Digital Factory, qui aura pour mission de gérer tout le côté digital. Cependant, la création de la filiale devra attendre la modification du Dahir de 1972 réglementant le statut de la CNSS. Un amendement qui autorisera cet organisme social à créer des filiales.