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Investissement et Marocains du Monde : Le Maroc veut transformer l’essai

Drainer une part plus importante des transferts des Marocains résidant à l’étranger vers des secteurs productifs constitue désormais une priorité pour le Royaume qui se révèle être une terre d’opportunités pour les 6 millions de citoyens formant la diaspora marocaine à l’étranger.

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Passer d’une logique de solidarité familiale à celle de l’investissement productif, tel est le grand défi qui se pose aux transferts des Marocains du monde (MDM), estimés en 2025 à plus de 122 MMDH. À fin mars 2026, ils ont également emprunté une trajectoire haussière, avec une progression de plus de 11,7%, à près de 30 MMDH.

À l’évidence, ces fonds constituent un puissant levier économique et financier, notamment en termes  d’impact positif sur les comptes extérieurs et la consommation, une force motrice de la croissance. Mais le Maroc ambitionne d’aller plus loin en trouvant des mécanismes idoines à même de drainer une part substantielle de cette manne financière colossale vers des secteurs productifs, créateurs de valeur ajoutée et surtout d’emplois stables.

Les chiffres sont édifiants : aujourd’hui, seuls près de 10% des transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) sont consacrés à l’investissement, sachant que l’immobilier accapare la part du lion (avec 8%). Ce qui laisse une faible marge aux autres secteurs productifs dans lesquels le Royaume performe et gagne en compétitivité et en attractivité (industrie, tech, énergies renouvelables, logistique…).

Force est de constater que le Forum national sur « L’investissement et les Marocains du monde », placé sous le thème « Marocains du Monde : une contribution productive au développement du Royaume », arrive à point nommé.

Le Maroc, une terre d’opportunités pour les MRE

La manifestation qui se tient à Tanger, du 21 au 22 mai, réhaussée par la présence effective du chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, a mis en lumière les réformes structurantes engagées par le Royaume afin de favoriser l’investissement productif, notamment l’allègement des procédures administratives (via le digital) et la nouvelle Charte de l’investissement, à travers ses dispositifs incitatifs  au profit des investisseurs.

L’évènement était aussi l’occasion pour  le ministère de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, de valoriser les potentialités économiques des différentes régions du Royaume et surtout de confirmer le positionnement du pays en tant que terre d’opportunités pour les 6 millions de MRE.

D’ailleurs, lors de son allocution, le chef du gouvernement n’a pas manqué, devant l’auditoire des  300 participants, dont plus de 150 investisseurs marocains du Monde, de préciser que la Commission des investissements a approuvé, depuis le début de l’actuel mandat gouvernemental, 381 projets de conventions d’investissement et d’avenants. Et ce, pour un montant global d’environ 581 MMDH, qui devraient permettre, à terme, la création de plus de 245.000 emplois directs et indirects.

C’est dire l’attractivité du pays pour les investisseurs. Ceci dit, même si du chemin reste encore à faire pour drainer  une grande partie des transferts des MRE vers les secteurs productifs, des initiatives visant à mobiliser l’épargne de la diaspora marocaine peuvent aujourd’hui être envisagées. À titre d’exemple, il y a lieu de citer les obligations dédiées. De plus, certains mécanismes, comme MDM Invest déployé par Tamwilcom, sont à dupliquer afin d’accompagner les MRE entrepreneurs de plus en plus nombreux à investir des secteurs en lien avec la tech et l’innovation.

Outre leur grande capacité à investir dans des secteurs à fort potentiel dans le Royaume, les Marocains du Monde sont des pourvoyeurs d’expertise et des leviers d’influence auxquels le Royaume accorde une très grande importance. D’ailleurs, cela est amplement conforté par le Forum national de Tanger.