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Football, naissance du soft power sportif marocain

La prestation de l’équipe nationale au Mondial du Qatar a eu l’effet d’un déclic. Tout un pan du sport national s’est relevé, enchaînant les victoires et les trophées. L’image du Maroc s’en trouve renforcée. Encore plus avec l’organisation de la CAN 2025 et le Mondial 2030.

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Qui n’a pas été interloqué en suivant le ballet cet été des stars de football qui ont rejoint les clubs d’Arabie saoudite ? Le Royaume s’est acheté une nouvelle image à coup de millions de dollars. Du coup, dans l’imaginaire populaire, en songeant au Royaume wahhabite, ce sont les images des vedettes de foot qui nous viennent à l’esprit plutôt que des scènes de décapitation en public le vendredi, ou de brutalités contre des femmes qui tentent de briser l’interdiction de conduire une voiture. Le pouvoir du foot est là, et contrairement au Qatar qui, en l’espace d’une Coupe du monde, s’est offert un quart d’heure de gloire, l’Arabie saoudite veut inscrire ce soft power dans la durée. Au Maroc, le pouvoir du sport, du foot en particulier, en termes d’image, est une donne inscrite dans la diplomatie parallèle dans notre pays.

La coorganisation du Mondial 2030, aujourd’hui acquise, en est un exemple parlant de l’importance accordée en haut lieu à ce soft power. Avant même l’annonce par le Cabinet royal du mercredi 4 octobre, le Souverain a nommé, le 16 juillet, Fouzi Lekjaa président du Comité chargé de la candidature du Maroc au Mondial 2030 de football, dans le cadre d’une candidature conjointe Maroc-Espagne-Portugal. Quelques mois plus tôt, le 14 mars 2023, le Roi avait annoncé la décision du Maroc de présenter, avec l’Espagne et le Portugal, cette candidature conjointe. C’était à l’occasion de la remise à Kigali du Prix de l’Excellence de la Confédération africaine de football pour l’année 2022, décerné au Souverain.

Le chemin est ainsi balisé pour le Maroc, et par-delà toute l’Afrique derrière lui, de coorganiser cette compétition avec ses deux voisins ibériques. Tout le monde le sait, le football n’est pas qu’un sport. C’est un puissant outil de soft power d’un État. Et la prestation de l’équipe nationale au Qatar a donné au Maroc un élan considérable et une notoriété internationale sans commune mesure, dont le pays commence à peine à engranger les bénéfices. C’est d’ailleurs dans les coulisses du Mondial du Qatar, en décembre, que le Maroc, l’Espagne et le Portugal ont pris la décision d’une candidature commune pour abriter le Mondial 2030.

Son annonce officielle a été faite par le Maroc, dans les conditions que l’on connaît. Rappelons-le, c’était au moment où tout le monde étudiait les chances du Royaume d’organiser la CAN 2025 (qu’il finit par obtenir) que le Maroc sort de sa manche cette candidature au Mondial 2030 qu’il a aussi décrochée. Un véritable coup de génie diplomatique. Et l’on sait combien le Maroc pourra gagner, en image, certes, mais aussi en points de croissance et paliers de développement avec l’organisation, par le trio ibéro-nord-africain du Mondial 2030. A peine l’annonce tripartite a été faite, des analystes du domaine étaient déjà unanimes du fait que ce sera grâce au soutien africain et arabe du Royaume que le trio maroco-ibérique pourrait gagner la course de 2030. En fin de compte, il n’y a même pas eu besoin de passer au vote. C’est finalement une candidature unique.

Une nation de sport
Évidemment, dans un monde où la diplomatie et l’influence, sous toutes ses formes, se mélangent aux prouesses sportives, il est difficile de ne pas reconnaître la place que le Maroc a pu se faire dans le concert des nations. L’influence aujourd’hui incontestable du Royaume au sein de la CAF en est un exemple concret. La politique africaine du Royaume, sa diplomatie ouverte et active, ses partenariats multilatéraux font que sa voix est de plus en plus entendue parmi les nations.

Cela dit, l’organisation de la Coupe du monde ce n’est pas uniquement des stades à aménager, des infrastructures à mettre en place ou à niveau, des services à améliorer, une capacité d’accueil touristique au point, des hôpitaux aux standards mondiaux, des services de télécommunication performants, un dispositif de sécurité infaillible. C’est tout cela et bien plus. C’est un puissant catalyseur de développement, un facteur de repositionnement économique et géostratégique du Royaume. Pourquoi n’en serait-il pas ainsi vu que sa prestation éclatante au Mondial du Qatar a servi de déclic pour les autres disciplines ! Depuis cette prestation, on assiste à une véritable renaissance du Maroc en tant que «nation de sport». Et ce n’est qu’un début.