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RSE : Un engagement continu des entreprises marocaines…

Plus que jamais, la RSE est aujourd’hui au cœur des stratégies des entreprises. Se conformant aux politiques des maisons-mères ou répondant aux exigences de leurs partenaires, de grands groupes et startups se mobilisent pour le développement durable.

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L’intégration volontaire par les entreprises des préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités commerciales. C’est ce qu’on appelle le concept de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Il s’agit en fait de l’ensemble des pratiques mises en place par les entreprises dans le but de respecter les Objectifs du développement durable (ODD).
La notion de RSE émane des associations écologiques et humanitaires qui réclament une prise en compte des impacts sociaux et environnementaux dans les activités des entreprises. L’objectif principal d’une entreprise est lucratif certes, mais le «bien social» est désormais considéré comme une obligation morale. Car cela permet d’améliorer l’image et la notoriété de l’entreprise et aussi son chiffre d’affaires.
Cette notion n’est pas récente, elle remonte au début du XIXe siècle lorsque l’on commença à parler du paternalisme de l’entreprise. Et c’est en 1950, aux USA, qu’un homme d’église, Howard Bowen, a parlé de «Corporate Social Responsability».

Ce qui implique un devoir de l’entreprise dans le bien-être des travailleurs. Concrètement, les actions RSE sont mises en place par les entreprises pour contribuer à la protection de l’environnement, à l’amélioration des produits et services et l’inclusion sociale. Au Maroc, l’introduction de la RSE a été le fait des filiales des multinationales dupliquant les politiques des maisons-mères et qui, par conséquent, s’engagent dans les processus de RSE et sensibilisent leurs partenaires.

Par ailleurs, la RSE est une obligation faite aux entreprises marocaines dans le cadre de leurs activités et échanges avec des clients étrangers exigeant des certifications pour décrocher des commandes. Globalement, on peut dire que l’on a assisté, durant ces dernières années, à une prise de conscience de l’intérêt d’une stratégie RSE dans le milieu de l’entreprise. «Le Maroc a été le tout premier pays africain et arabe à s’intéresser de façon institutionnelle à ce sujet», explique Fouad Benssedik, directeur général du cabinet Vigeo Eiris. Aussi, les entreprises marocaines seraient parmi les plus avancées en termes de RSE au niveau de la région MENA.

Les grandes entreprises investissent régulièrement
Sur le terrain, la RSE s’exerce dans plusieurs domaines, notamment en matière de protection de l’environnement (par exemple la fabrication de produits écologiques, le traitement des déchets, etc.) ou encore en termes d’enjeux sociaux en participant à des actions solidaires, à des programmes d’inclusion sociale ou en mettant en place des programmes de prévention, de santé ou de bien-être au travail.

Devenue un axe majeur de la stratégie de l’entreprise, la RSE ne peut être, selon plusieurs opérateurs, que bénéfique dans la mesure où elle contribue à une amélioration de la gestion des ressources de l’entreprise, de sa productivité interne et aussi de sa notoriété auprès de ses partenaires.
Au Maroc, de grands groupes et start-up ont aujourd’hui largement adhéré aux démarches RSE. Selon M. Benssedik, «les entreprises qui figurent à l’indice ESG que la Bourse de Casablanca avait créé avec Vigeo Eiris sont des stratégies et des comportements probants. Et il y a des Top Performers pour qui les questions de durabilité font partie du management stratégique et opérationnel».
Ainsi, on peut citer le programme d’investissement vert du Groupe OCP qui s’inscrit dans la transition énergétique et de développement des énergies renouvelables.
Couvrant la période de 2023 à 2027 et d’un montant de 130 milliards de dirhams, il vise l’accroissement des capacités de production d’engrais tout en s’engageant à atteindre la neutralité carbone avant 2040. Ainsi, l’augmentation des capacités porterait la production de 12 millions de tonnes d’engrais actuellement à 20 millions de tonnes en 2027. Il est également prévu une extension des capacités minières via l’ouverture d’une nouvelle mine à Meskala ainsi que l’installation d’un nouveau complexe chimique et minier à Mzinda.

Développement et financement durable
En investissant dans le solaire et l’éolien, le Groupe OCP projette d’alimenter l’ensemble de son outil industriel en énergie verte d’ici 2027. Cette énergie décarbonée alimentera les nouvelles capacités de dessalement d’eau de mer afin de répondre aussi bien aux besoins du Groupe qu’à l’alimentation en eau potable et d’irrigation des zones riveraines de ses sites. Ce programme permettra au Groupe OCP de consolider ses relais de croissance en soutenant l’émergence d’un écosystème national industriel innovant via des programmes d’appui aux PME industrielles et la création de nouvelles opportunités d’emploi et d’insertion professionnelle pour les jeunes.
Pour le développement durable de la Région Casablanca-Settat, Lydec a adopté une stratégie qui s’articule autour de trois principaux engagements. Premièrement, l’entreprise se mobilise pour renforcer l’approche partenariale au service du bien commun. Pour cela, il faut valoriser le capital humain, développer une approche collaborative avec les parties prenantes, pérenniser la confiance en développant la culture d’intégrité et les pratiques d’éthique et, enfin, s’assurer du respect des droits humains dans les relations avec les parties prenantes. Deuxièmement, l’activité de Lydec étant liée à la préservation des ressources naturelles et de l’environnement, il est prévu d’agir en faveur de la gestion durable des ressources naturelles, de la biodiversité et du climat. Cela passe par le développement des solutions pour la gestion durable de la ressource en eau, la préservation des milieux récepteurs et l’adaptation aux changements climatiques.
Enfin, Lydec se mobilise pour le développement des solutions adaptées aux enjeux des territoires de demain, pour la contribution à la qualité du cadre de vie et à l’attractivité des territoires, pour le développement de l’accès durable aux services essentiels et, enfin, le développement local inclusif.
Le Groupe Bank Of Africa a, dès la fin des années 2000, inscrit le développement durable dans ses axes stratégiques. Ce qui s’est traduit par la déclinaison de son approche via l’intégration des risques environnementaux et sociaux dans ses activités de financement, le lancement de lignes de refinancement adossées à des partenaires multilatéraux (BERD, BEI, AFD…) pour l’efficacité énergétique, les chaînes de valeur vertes, les ressources en eau, le genre, ou encore la sensibilisation des parties prenantes internes et externes, en faisant évoluer la culture d’entreprise responsable via notamment une approche de management intégré. La signature de la Charte de responsabilité sociétale RSE en 2018 a permis à la banque d’être «Top Performer RSE 2021». Ces trois entreprises sont des exemples, parmi tant d’autres, de groupes socialement responsables.