Affaires
En Couv’. Ces start-up marocaines à la conquête du monde
E-commerce, healthtech, fintech, edtech, agritech…, de nombreuses jeunes pousses marocaines ont déjà commencé à se faire un nom
au-delà de nos frontières, en développant des produits innovants dans différents secteurs.
Par définition, la croissance d’une start-up est rapide. Son but est de se développer en un minimum de temps, et idéalement de s’exporter. Sur ce point, les jeunes pousses marocaines sont en train de faire bouger les lignes : elles innovent, elles créent, elles offrent des solutions dans divers secteurs, et surtout elles contribuent à la croissance économique du pays.
E-commerce, healthtech, fintech, edtech, agritech…, de nombreuses start-up marocaines ont déjà commencé à se faire un nom à l’international. Grâce à leur esprit d’entreprise et à leur volonté d’innover, elles se sont positionnées comme des acteurs clés de la transformation numérique et de la modernisation de l’économie marocaine.
Au-delà de leur impact financier, ces start-up marocaines apportent également des solutions innovantes aux problèmes sociaux et environnementaux du pays. Certaines d’entre elles se sont spécialisées dans le développement de technologies propres, visant à réduire l’empreinte écologique du Maroc et à promouvoir un développement durable. D’autres se sont engagées dans des projets sociaux, utilisant la technologie pour améliorer l’accès à l’éducation, à la santé et à l’emploi, en particulier dans les régions rurales.
L’Afrique très prisée pour faire fructifier le business
Sans surprise, l’Afrique reste la destination de prédilection de nos champions pour faire fructifier leur business. «Nos start-up ont la nécessité de trouver des marchés en Afrique ou au Moyen-Orient dans des secteurs comme l’agritech, l’edtech ou la healthtech, car ces marchés sont assez similaires au nôtre. En revanche, pour des domaines comme l’IoT où la technologie est pointue, les acteurs doivent faire face à une concurrence forte, notamment en Europe», souligne Mehdi Alaoui, fondateur de la StartupStation, structure d’accompagnement des start-up. Parmi les plus prometteuses, il y a notamment DabaDoc, structure spécialisée dans la e-santé.
Présente au Maroc depuis 2014, elle l’est aussi en Algérie, en Tunisie et en Côte d’Ivoire. Après 9 ans d’existence, plus de 10.000 professionnels de santé transitent par la plateforme, bientôt déployée dans de nouveaux pays avec ses partenaires Orange et AXA. La start-up a accueilli dans son tour de table ces deux investisseurs stratégiques. Les deux groupes ont suivi de près l’évolution de DabaDoc, croyant en son potentiel et celui de son marché, et dès 2018 le groupe AXA Assurance a souhaité contribuer à l’essor, rejoint en 2021 par le groupe Orange pour accélérer le développement géographique de la plateforme et le développement de la e-santé de manière générale en Afrique.
Ouverture de filiales pour certaines
Certaines jeunes pousses ne se contentent pas de faire des affaires dans le continent, elles y ouvrent des filiales. C’est le cas d’Alikar, spécialisée dans le domaine de la conciergerie automobile. L’entreprise s’est implantée dans le sud de la France et sa plateforme sera bientôt opérationnelle au Canada et en Côte d’Ivoire. Selon Omar Maqboul, cofondateur d’Alikar, «c’est une erreur de se limiter au marché national.
L’expansion à l’international offre l’opportunité d’élargir la clientèle, d’accéder à de nouveaux marchés mais permet aussi de réduire la dépendance vis-à-vis d’un seul marché». L’internationalisation offre à ces jeunes pousses la possibilité d’accéder à des ressources et à des compétences, d’établir des partenariats stratégiques avec des entreprises étrangères, d’intégrer des écosystèmes d’incubation ou encore de bénéficier d’investissements internationaux pour soutenir leur croissance. Malgré leur dynamisme et leur créativité, ces start-up sont confrontées à une myriade de difficultés, allant de l’inadéquation de l’infrastructure à l’accès limité au financement, en passant par le manque de main-d’œuvre qualifiée et la complexité réglementaire. En dépit de ces obstacles, plusieurs d’entre elles parviennent à s’imposer et à se faire un nom au-delà de nos frontières.
Avec un soutien accru de l’État, des investisseurs et des partenaires internationaux, les jeunes pousses ont le potentiel de devenir les moteurs de la transformation économique. C’est ainsi que naissent des licornes, ces entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars. Des pays comme le Nigéria, le Kenya ou encore la Tunisie en comptent déjà quelques-unes à leur actif. A ce stade, nos start-up sont encore des gazelles… mais ce n’est qu’une question de temps.
Global Startup Ecosystem Index : encore des places à grignoter
Selon le Global Startup Ecosystem Index 2022 publié par le centre de recherche Start-up Blink, l’écosystème marocain des start-up est classé à la 79e place sur 100 pays. Si le Royaume a gagné 16 places par rapport au précédent classement, il occupe la 6e place au niveau continental, derrière l’Afrique du Sud, le Nigéria, le Kenya, l’Égypte et l’île Maurice. Au niveau arabe, le Maroc est 7e, derrière les Émirats arabes unis (27e mondial), Bahreïn, l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite et le Liban. Enfin, le rapport note que la ville de Casablanca maintient sa dynamique de croissance à partir de 2021 et a gagné 39 places pour se hisser au 325e rang mondial. La capitale économique est désormais 7e en Afrique et 2e en Afrique du Nord, devant Tunis.