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Echanges

Chakib Alj : «Le Mexique partage beaucoup de points communs avec le Maroc»

Le président de la CGEM dresse le bilan de la mission d’affaires effectuée récemment au Mexique et décortique également les complémentarités entre les deux économies, ainsi que leurs forces respectives.

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Les échanges commerciaux entre le Maroc et le Mexique augmentent et affichent un potentiel de progression important. Le point avec le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Quelle est la situation des échanges commerciaux entre le Maroc et le Mexique ?
Les échanges progressent, mais restent encore en deçà de ce qu’ils pourraient être. En 2024, le Maroc a exporté vers le Mexique près de 360 millions de dollars, principalement des phosphates et des produits agroalimentaires, et a importé environ 230 millions de dollars de produits mexicains, notamment de l’automobile, les machines et l’électronique.

Ce sont des chiffres encourageants, mais modestes. L’enjeu désormais, ce n’est pas seulement d’augmenter les volumes, mais d’aller plus loin en bâtissant de véritables partenariats et des investissements communs.

Vous avez conduit une délégation de la CGEM au Mexique. Quel bilan tirez-vous de cette mission d’affaires ?
C’est un bilan très positif. Nous avons été accueillis avec beaucoup de chaleur par nos homologues mexicains, et je tiens à remercier tout particulièrement l’ambassadeur de Sa Majesté au Mexique, SEM. Abdelfattah Lebbar, qui a effectué un travail remarquable pour la réussite de cette mission.

Le moment fort a été la signature de partenariats avec la Confédération des Chambres industrielles mexicaines et le Conseil entrepreneurial coordinateur (CCE), qui est le patronat du Mexique. Des partenariats qui viennent formaliser notre coopération. Nous avons aussi lancé le Conseil économique Maroc–Mexique, une structure permanente qui va permettre de donner un suivi concret à nos initiatives en termes de commerce et d’investissement.

Enfin, je tiens à souligner que le patronat mexicain a clairement réitéré sa reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud. C’est un geste fort et historique qui marque une nouvelle étape dans notre relation et qui sera porteur de projets économiques.

Avez-vous identifié des secteurs d’intérêt commun ?
Oui, et ils sont nombreux. L’automobile, l’aéronautique, l’agroalimentaire, le textile, l’industrie pharmaceutique, les mines… Ce sont des secteurs où le Maroc a bâti une expertise solide et où nous voyons beaucoup de synergies possibles avec les entreprises mexicaines.

L’agriculture est aussi un terrain d’action, notamment autour de la gestion de l’eau et de l’innovation.

Le tourisme, bien sûr: le Mexique est une référence mondiale, le Maroc a un potentiel exceptionnel, ensemble, nous pouvons créer des offres attractives et durables. Et puis il y a les énergies renouvelables: le savoir-faire mexicain peut apporter beaucoup dans ce domaine.

Le Mexique est une puissance industrielle mondiale, avec une main-d’œuvre dynamique et une ouverture exceptionnelle grâce à ses accords de libre-échange. C’est un pays qui attire, innove et partage beaucoup de points communs avec le Maroc. Je crois sincèrement que nos deux économies ont une complémentarité naturelle et il faudra en profiter.

Dans un contexte économique mondial incertain, quelle est l’importance de renforcer les relations entre le Maroc et le Mexique ?
Justement, c’est ce contexte qui rend nos partenariats encore plus essentiels. Nous vivons une période où les chaînes de valeur mondiales se redessinent.

Le Maroc et le Mexique, grâce à leurs positions stratégiques, peuvent jouer un rôle majeur en attirant de nouveaux investissements, en diversifiant leurs partenaires et en créant ensemble de la valeur. Pour nous, c’est une opportunité à saisir maintenant.