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E-commerce : Les métiers qui ont le vent en poupe

Growth Hackers, UX Designers, Data Scientist…, le e-commerce fait appel à de nouveaux profils pointus dans leur domaine. En raison du manque de formations sur place, la plupart des candidats s’initient sur le terrain.

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La vague du commerce électronique déferle depuis des années, prenant une ampleur sans précédent pendant la pandémie de Covid-19. Selon les données révélées par le Centre monétique interbancaire (CMI), le premier trimestre de cette année a été marqué par une croissance exponentielle : pas moins de 7,9 millions de transactions ont été enregistrées sur les plateformes marchandes affiliées, totalisant un chiffre colossal de 2,9 milliards de dirhams. Ce volume représente une hausse vertigineuse de près de 30% par rapport aux chiffres précédents, remodelant radicalement le paysage du commerce moderne. Cette montée en flèche du e-commerce a métamorphosé le visage du commerce moderne et, avec lui, a engendré une pléthore de nouveaux métiers indispensables à son bon fonctionnement.

Mehdi Alaoui, directeur général de la Startup Station, souligne un potentiel immense pour de nombreux postulants, mais déplore cruellement la rareté de profils qualifiés. Alors que le Maroc compte environ 4,5 millions de diplômés chômeurs, le secteur informatique et du digital affiche un besoin de 5 millions d’emplois. Une part significative de ces individus pourrait se reconvertir dans les métiers du numérique pour combler ce fossé.
Malgré cela, les formations spécifiques en matière du commerce électronique demeurent peu courantes au Maroc, la plupart des candidats s’initiant sur le terrain. Cependant, des initiatives novatrices, telles que celles de Le Wagon, 3W Academy ou l’association Hach & Pitch, via son programme Ebtikar, accompagnent chaque année des cohortes d’aspirants entrepreneurs dans le développement de leurs activités numériques, leur offrant ainsi une première expérience concrète dans ce domaine en pleine expansion.

Ce n’est là qu’un début, car les nouvelles technologies, telles que les données et l’intelligence artificielle, promettent d’attirer les clients avec une efficacité toujours croissante. Une bonne opportunité pour l’emploi, car les acteurs de la grande consommation devront embaucher en masse des professionnels allant de la gestion des plateformes en ligne à la logistique et au marketing digital.

En marketing digital, beaucoup de candidats sont autodidactes
Selon Habiba Benjelloun, fondatrice du cabinet Digital Nomads Agency, «l’univers du e-commerce offre une variété de possibilités professionnelles en constante évolution. Ces métiers exigent souvent des compétences multidisciplinaires et une adaptation rapide aux nouvelles technologies et tendances du marché, que ce soit dans la gestion des plateformes en ligne, l’analyse des données ou l’optimisation de l’expérience client». Et de poursuivre qu’«en marketing digital, par exemple, beaucoup sont autodidactes et vont préférer offrir leurs services sur des plateformes de freelancing et travailler avec des start-up internationales. Ce secteur au Maroc étant encore peu dynamique».

Parmi les profils les plus recherchés, les Growth Hackers figurent en premier lieu. Ils sont présents notamment dans les start-up, visant à maximiser les ventes le plus rapidement possible. Leur défi majeur? Gagner en visibilité rapidement. Cette nouvelle fonction, également appelée chercheur de croissance, vise à attirer un maximum d’utilisateurs à moindre coût via des méthodes astucieuses : référencement sur Google (SEO), opérations virales, animation des réseaux sociaux, publicités en ligne, entre autres. «Avoir des compétences en développement est indispensable pour gagner en rapidité», souligne Karim Banaoui, DG de Link Up Value. Cependant, aucune école ne forme spécifiquement à ce poste.

Autre profil recherché, l’UX Designer. Dans le monde du commerce en ligne, à peine une infinité de visiteurs d’un site passe à l’acte d’achat ! C’est là que l’intervention du UX Designer prend toute son importance. Sa mission ? Concevoir des interfaces (sites web, sites mobiles, applications) aussi intuitives que possible. «Une navigation fluide jusqu’au paiement augmente les chances de fidéliser l’internaute», poursuit Karim Banaoui.
Les rémunérations varient : les juniors débutent autour de 8.000 à 10.000 DH par mois, tandis qu’un confirmé peut dépasser les 20.000 DH dans une grande entreprise. À un niveau plus avancé, on assiste à l’essor du responsable de l’expérience client, chargé de garantir un parcours «omnicanal» sans faille, que ce soit en ligne ou en magasin.

Pour leur part, les Data Analysts ont pris une grande ampleur dans les entreprises, comme l’explique le DG de Link Up Value. «Les données sont au cœur du e-commerce moderne. Les analystes de données e-commerce examinent les tendances d’achat, les habitudes des consommateurs et les performances des produits pour fournir des informations exploitables. Ces données aident les entreprises à prendre des décisions stratégiques et à personnaliser leurs offres», explique-t-il.

Enfin, la sécurité des transactions en ligne demeure cruciale. Habiba Benjelloun souligne l’importance de la sécurisation des données qui représente une véritable problématique dans notre société et les entreprises doivent pouvoir garantir les données de leurs utilisateurs. Les responsables de la sécurité des transactions évaluent, mettent en œuvre et surveillent les protocoles de sécurité pour garantir des paiements sécurisés et la protection des données sensibles des clients. Dans certains cas, les profils expérimentés peuvent toucher des rémunérations dépassant les 30.000 DH dans les grandes structures.