Affaires
Deux as du marketing pour piloter la transformation
Abdelhamid Addou, PDG de RAM, et Adel El Fakir, DG de l’ONDA, sont deux figures distinguées qui ont la responsabilité de transformer le visage du secteur aérien au cours des prochaines années. Portraits de deux experts du marketing, une discipline névralgique pour l’aérien.
Étudier la transformation du secteur aérien et les stratégies nationales en la matière, mises en place pour accompagner la feuille de route 2030 du tourisme, sans s’intéresser aux parcours et aux profils des dirigeants de Royal Air Maroc et de l’Office national des aéroports (ONDA), c’est prendre le risque de se lancer dans un exercice parcellaire et incomplet.
C’est un truisme de préciser que les profils sont déterminants pour la réussite des stratégies nationales et des politiques publiques qui sont mises en œuvre par des hommes et des femmes.
Abdelhamid Addou, PDG de RAM, et Adel El Fakir, DG de l’ONDA, ont respectivement la lourde responsabilité de porter, pour le premier, la flotte d’aéronefs de RAM de 50 à 200 d’ici 2037 et de permettre au Maroc, pour le second, d’avoir une capacité aéroportuaire de 80 millions de voyageurs par an d’ici 2030.
Et ce, par le truchement de l’agrandissement et de la modernisation des principales plateformes aéroportuaires du pays. Le riche parcours des deux dirigeants conforte amplement leur capacité à mener à bien le chantier de la transformation de l’aérien, dont le trafic est appelé à se développer substantiellement au cours des prochaines années.
Plusieurs points de ressemblance
Cela peut sembler anecdotique, mais Abdelhamid Addou et Adel El Fakir sont de la même génération. Ils sont tous les deux nés au début des années 70. Autres points édifiants de ressemblance : lauréat d’école d’ingénieurs pour le premier et d’école de commerce pour le second.
Les deux dirigeants qui ont été des employés de la Compagnie Coca-Cola ont une expertise pointue dans le domaine du marketing, une discipline névralgique pour l’aérien et le tourisme.
Autres faits confortant leurs qualités managériales : après avoir occupé plusieurs postes de responsabilité dans le secteur privé, Abdelhamid Addou et Adel El Fakir ont tous les deux accédé à leur premier poste de patron d’entité publique en étant jeunes. En 2016, à 44 ans seulement, Abdelhamid Addou a été nommé PDG de RAM, devenant ainsi le plus jeune patron de l’histoire de la compagnie nationale.
Adel El Fakir, lui, a pris les rênes de l’ONMT en 2018, à l’âge de 45 ans, en tant que DG de l’Office public. Au-delà des parcours similaires à maints égards, les deux hommes, qui ont aussi occupé le poste de DG de l’ONMT, ont plusieurs faits d’armes militant en leur faveur.
Deux hommes ayant fait leurs preuves
L’ère d’Abdelhamid Addou a été marquée par le bras de fer entre la direction générale de la RAM et le Syndicat des pilotes de ligne. Les talents de négociation et la franchise d’Addou ont pesé lourd dans la balance, permettant à la compagnie de s’affranchir de cette crise sociale majeure.
C’est aussi sous le magistère d’Addou que la RAM renoue avec les bénéfices pour la période post-Covid-19, dès 2023, avec un résultat net de 447 MDH. Et ce, après deux exercices bridés par des pertes abyssales. Sur le même registre, il y a lieu de noter qu’aujourd’hui, grâce au chantier de la transformation, lancé à partir de 2020 sous la férule d’Abdelhamid Addou, les indicateurs de performance de la RAM ont été supérieurs à ceux de la période avant Covid-19.
Par ailleurs, le bilan d’Adel El Fakir en tant DG de l’ONMT n’est pas en reste, surtout en termes de créativité. À titre illustratif, l’actuel DG de l’ONDA a lancé la marque internationale «Maroc, Terre de lumière» en 2022 et «Light In Action», plan d’action de l’ONMT pour la période 2023-2026, visant à appuyer la feuille de route du tourisme sur la même période.
Résultat des courses: le Maroc a accueilli, en 2024, plus de 17,4 millions de touristes, soit une avance de deux ans sur les objectifs de la feuille de route touristique 2023-2026.
Au regard de ce qui précède, tout porte à croire qu’Adel El Fakir relèvera les multiples défis liés à l’implémentation de la Stratégie nationale Aéroports 2030. Le préjugé est aussi favorable pour Addou, censé assurer l’incursion de la RAM dans la cour des grandes compagnies aériennes à l’échelle mondiale.
