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Comment le HCP obtient ses indicateurs

Même s’ils sont conformes aux normes du Bureau international du travail, les résultats de l’Enquête nationale de l’emploi sont discutables. Ils sont basés sur les déclarations des membres de l’échantillon sondé.

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Pourquoi les chiffres du HCP sont toujours contestés et ont été, à maintes reprises, à l’origine de clashs avec des membres du gouvernement ? La réponse à cette question est à la fois simple et complexe. Simple, parce que les indicateurs de l’emploi et du chômage, relevés par le HCP, proviennent d’une enquête sur le terrain, l’Enquête nationale de l’emploi (ENE) lancée en 1976, devenue régulière depuis quelques années. Elle représente aujourd’hui la principale source d’informations sur le marché du travail au Maroc. Complexe, parce que les chiffres relevés dépendent de la bonne foi des représentants des ménages sondés et de la fiabilité de leurs déclarations. Ses conclusions ne sont donc pas scientifiquement irréprochables. Complexe aussi, parce que les concepts utilisés par l’ENE pour la production des statistiques sur l’emploi sont conformes aux recommandations internationales du Bureau international du travail (BIT). Donc méthodologiquement irréprochables et mondialement acceptés.
Ainsi, pour le HCP, est considérée comme chômeur toute personne active âgée de 15 ans et plus, qui n’a pas une activité professionnelle et qui cherche activement ou passivement un emploi (c’est le cas, par exemple, des personnes qui ne cherchent pas activement un emploi à cause d’une promesse d’embauche). En d’autres termes, pour être considérée comme telle, une personne en chômage doit répondre à trois critères. C’est une personne qui, au moment de l’enquête, est sans travail, à la recherche d’un travail (qui a pris des dispositions appropriées pour cela) et qui est disponible pour travailler. La notion de recherche d’un emploi est utilisée au sens large dans la mesure où elle n’est pas forcément active. L’enquête cible l’ensemble des personnes résidentes sur le territoire national, c’est-à-dire les personnes qui se trouvent dans leurs résidences principales au moment de l’enquête ou qui en sont temporairement absentes pour une durée inférieure à six mois. Le champ de l’ENE est constitué des personnes occupant, au moment de l’enquête, un logement dit «ordinaire», qui vivent à la fois dans les zones urbaines et rurales, quelle que soit leur nationalité.
Le schéma d’échantillonnage suivi par l’ENE obéit aux principes d’un sondage dans l’espace et dans le temps. L’échantillon annuel est d’environ 90.000 ménages (dont 30.000 ruraux), représentatif des différents groupes socioéconomiques et régions du pays. Accessoirement, l’Enquête nationale de l’emploi vise à définir les caractéristiques démographiques et culturelles de base de la population marocaine et à déterminer le volume et les caractéristiques socioprofessionnelles de la population active et de ses diverses composantes, à savoir la population en emploi, en chômage, ou encore la population sous-employée. L’ENE a également pour objectif d’informer sur les conditions d’habitation et de mesurer l’accès de la population aux services sociaux de base. Ce qui explique sans doute le caractère contesté des chiffres relevés par l’enquête, parce que ne reflétant pas la réalité de l’emploi. Et ce, contrairement aux chiffres publiés par la CNSS qui, eux, représentent exactement le nombre de postes de travail créés dans le secteur privé ou encore, quoique moins significatifs, le nombre des demandeurs d’emploi inscrits auprès de l’Anapec et ceux accompagnés durant leur processus d’intégration professionnelle. Mais à défaut de statistiques plus exhaustives et donc plus fiables, que l’on finira sans doute d’obtenir un jour grâce notamment à la généralisation des prestations sociales, y compris l’indemnité pour perte d’emploi, en plus des allocations familiales et de la pension de retraite, mais aussi grâce aux avancées de la digitalisation, on va continuer à dépendre du HCP pour avoir ne serait-ce qu’un baromètre du marché du travail.