SUIVEZ-NOUS

Carrière

Quand le management sportif monte en puissance

Le Maroc mise sur la formation pour structurer son écosystème sportif. De plus en plus de programmes en management sportif voient le jour, attirant une nouvelle génération de cadres prêts à conjuguer passion, stratégie et gouvernance.

Publié le

Le sport marocain ne se joue plus uniquement sur les pelouses ou dans les salles d’entraînement. En coulisses, une autre partie se joue : celle du pilotage stratégique, du développement commercial et de la structuration de projets sportifs.

Le management sportif, discipline hybride mêlant marketing, gestion, communication, droit et logistique, gagne ses lettres de noblesse dans le Royaume.

Depuis une dizaine d’années, plusieurs formations se sont ouvertes dans ce domaine, en réponse à une demande croissante de professionnalisation. Pionnière en la matière, l’Université Internationale de Casablanca (UIC) avait lancé, dès le début des années 2010, un MBA en management sportif en partenariat avec l’École d’études universitaires Real Madrid.

Un programme d’envergure, résolument tourné vers l’international, intégrant des modules en marketing sportif, gestion d’infrastructures et stratégies de développement. Objectif: Offrir une vision globale des modèles de gestion à travers l’expertise d’un acteur mondialement reconnu : le Real Madrid.

«Dès le lancement, notre ambition était claire : former une élite capable d’accompagner la montée en gamme du sport marocain», explique Dr Saïd Benamar, directeur de la formation Executive à l’Université Internationale de Casablanca (UIC).

«Nous avons accueilli des cadres en reconversion, mais aussi des passionnés souhaitant évoluer vers des fonctions à responsabilités dans les clubs, les fédérations ou les entreprises spécialisées.» Pour ce dernier, le sport ne se résume plus au divertissement : il est devenu un secteur économique à part entière.

Et de souligner la richesse des compétences transmises : «Nous ne formons pas seulement des gestionnaires, mais de véritables stratèges capables de négocier un contrat de sponsoring, piloter une académie, professionnaliser un club ou organiser un événement d’envergure.»

Côté débouchés, les perspectives sont variées. «Nos diplômés travaillent dans des clubs professionnels, des fédérations, des agences spécialisées en marketing sportif, aussi bien au Maroc qu’à l’international. Le savoir-faire est très recherché, surtout dans un contexte où le Royaume ambitionne de devenir un hub sportif continental.»

Parmi les pionniers également de la formation en management du sport, l’ISCAE s’illustre avec son master spécialisé dans cette discipline. D’une durée d’un an, ce cursus est accessible aux titulaires d’une licence et vise à répondre aux besoins croissants du secteur.

Face à cet engouement, d’autres institutions ont suivi le mouvement. L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), via sa filiale EvoSport, propose désormais des formations pointues en ingénierie du sport et en gestion d’infrastructures sportives de haut niveau.

Les Écoles nationales de commerce et de gestion (ENCG) ne sont pas en reste : celles d’Agadir, de Casablanca ou encore de Settat ont lancé des masters en management et gouvernance du sport, élaborés en partenariat avec les acteurs du milieu sportif afin de coller au plus près aux réalités du terrain.

Préparer davantage une élite de managers
Ce dynamisme s’inscrit dans une mutation profonde de l’écosystème sportif marocain. Entre la professionnalisation des clubs, l’organisation de grands événements (avec des candidatures à des compétitions africaines et mondiales) et le développement accéléré d’infrastructures (stades, complexes, académies), les besoins en compétences managériales se font de plus en plus pressants.

La passion seule ne suffit plus : il faut désormais des profils capables de conjuguer rigueur stratégique et culture du terrain.

«Le management sportif, ce n’est pas seulement gérer un club. C’est savoir construire une stratégie de marque, attirer des sponsors, piloter des budgets, animer des communautés de fans et organiser des événements de qualité», poursuit le directeur de la formation Executive à l’UIC.

Les formations ciblent à la fois les jeunes diplômés et les professionnels en reconversion. Elles misent sur des pédagogies actives : business cases liés à des clubs marocains, simulations de lancement d’académies sportives, visites d’équipements, conférences d’athlètes et de dirigeants du monde sportif. Certaines écoles vont plus loin en proposant des stages dans des clubs ou fédérations, voire des modules à l’étranger.

Mais le chemin est encore long pour hisser le management sportif marocain aux standards internationaux. L’absence de reconnaissance formelle de certains diplômes, le manque de structuration de certaines entités sportives et la faible culture managériale dans le monde du sport amateur freinent parfois l’ascension des jeunes talents formés.

Pourtant, les signaux sont positifs. Avec la montée en puissance des formations, l’ébullition des projets et l’ambition d’accueillir les plus grands événements mondiaux (comme la Coupe du monde 2030, les CAN féminines et bien d’autres événements), les futurs managers du sport ont clairement un terrain à conquérir.