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Agriculture

Le Maroc cultive son succès à l’export

Avec 2,4 millions de tonnes exportées à fin juillet, le Maroc signe une progression de 19% en un an. Des produits considérés secondaires, comme les asperges, les concombres ou les carottes, confirment actuellement leur potentiel.

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Le Royaume s’impose de plus en plus sur la scène agricole mondiale. Les produits marocains trouvent des débouchés à l’international, dans les quatre coins du globe. Il ne s’agit plus que de tomates, d’agrumes ou des fruits rouges.

Les écoulements de la production agricole marocaine se sont étendus à d’autres produits, tels que les carottes, les concombres, les asperges.

Même si le pays reste en proie à plusieurs contraintes, climatiques notamment, avec une succession d’épisodes de sécheresse ou d’inondations, il a réussi à assurer une production soutenue et préserver sa place de fournisseur essentiel de fruits et légumes à plusieurs pays.

Cela, grâce surtout à une stratégie agricole innovante, prônant la durabilité et l’adoption des meilleures pratiques agricoles, intégrant aussi bien l’irrigation de précision, l’agriculture intelligente, ou encore la maîtrise des sols.

A fin juillet de cette année, les exportations agricoles ont atteint un volume de 2,4 millions de tonnes, enregistrant ainsi une augmentation de 19% par rapport à la même période de l’année 2024, selon les données du ministère de l’Agriculture.

Les fruits et légumes frais ont attient un volume de 1,6 million de tonnes, soit une part de 67% contre un volume d’environ 1,4 million de tonnes à la même période en 2024, ce qui représente une croissance de 17%.

Dans ce cadre, trois catégories de produits agricoles marocains se démarquent : les agrumes avec un volume d’exportations de 397.000 tonnes, en hausse de 44%, les produits maraîchers avec 1,2 MT en croissance de 11% et les produits agricoles transformés avec 805.000 tonnes, en progression de 24%.

Carottes, record les 5 dernières années
Dans certains produits maraichers exportés, le Maroc monte en puissance. Il s’agit par exemple des carottes qui ont signé un nouveau record à l’export pour la 5e année consécutive en 2024, avec un volume de 68.000 tonnes, en croissance annuelle moyenne de 27%.

La valeur de ces exportations s’est établie à 200 MDH. Le Maroc se positionne comme fournisseur régional majeur avec près de 90% des volumes destinés vers l’Afrique de l’Ouest.

Ainsi, la Mauritanie demeure le premier importateur, avec 47,5% des exportations marocaines en 2024, suivie par le Sénégal avec 25,3% et le Burkina Faso 11%.

D’autres marchés sont preneurs, à l’instar du Mali et de la Côte d’Ivoire avec respectivement 6,2% et 5,2% des exportations. C’est le cas des concombres également.

Depuis six campagnes agricoles d’affilée, les exportations de ce produit s’inscrivent en hausse continue, avec un taux de croissance annuel moyen de 32%. En 2024, ce sont 28.000 tonnes qui ont été écoulés, pour une valeur de 300 MDH. La tendance se poursuit jusqu’à fin juillet avec 18.000T exportés.

L’Espagne et le Royaume-Uni demeurent les premiers pays clients de ce produit, avec toutefois l’émergence d’autres pays comme l’Italie et les Pays-Bas avec des volumes en croissance, mais qui restent encore timides.

Cette performance témoigne de l’efficacité de la filière, de l’amélioration des techniques agricoles mais aussi de la maîtrise de la stratégie d’exportation.

Le Maroc a tellement diversifié ses exportations que d’autres produits, considérés marginaux dans les volumes des écoulements, commencent à gagner en importance. Allusion faite aux asperges qui s’imposent comme une culture prometteuse et à fort potentiel.

Entre juillet 2024 et mai 2025, le Royaume en a commercialisé 968.000 tonnes, pour une valeur de 5,6 millions de dollars, soit une hausse de 47% par rapport à la saison précédente et de 70% en moyenne les cinq dernières années.

Diversification des débouchés
Si l’Espagne, la Belgique, la France et le Royaume uni représentent les marchés classiques destinataires de l’asperge marocaine, le Maroc a étendu ses expéditions vers d’autres pays, pendant cette saison, à l’instar des Émirats arabes unis, le Canada, l’Arabie saoudite et la Turquie.

Les premiers se sont particulièrement démarqués et ont intégré, dès la première année d’importation, le trio de tête des pays importateurs.

Ces produits agricoles continuent leur percée sur le marché agricole mondial, sans pour autant rivaliser avec la tomate ou encore les fruits rouges dont les myrtilles par exemple. Alors que le Maroc s’adjugeait la 7e position comme pays exportateur, il est devenu 4e exportateur de ces baies en 2024, disputant la même place avec l’Espagne et le Chili.

Ce sont 69.000 tonnes qui ont été expédiées en 2024 et 67.000 à fin juillet de cette année, pour un montant de 4,1 MMDH et 85 MMDH, respectivement.

C’est une croissance annuelle moyenne de 43% en 15 ans, qui a été affichée, grâce à la conjugaison de plusieurs facteurs dont les conditions agricoles et climatiques favorables, l’intégration de nouvelles zones de production, comme Dakhla et les régions de l’Atlas, ainsi que les rendements élevés.


Des défis réglementaires surmontés avec brio
Autant le Maroc se positionne comme fournisseur de taille des produits et légumes pour de nombreux pays de par le monde, autant il reste quotidiennement confronté à des défis importants en terme de conformité aux normes des marchés destinataires.

Emballage, étiquetage, utilisation de pesticides, certification…, sont autant d’obligations, en constante évolution, auxquelles le Maroc doit répondre. Et combien de fois les produits marocains ont fait l’objet de contrôles en Espagne, en France ou encore aux Pays-Bas.

Jusqu’à présent, aucun pays n’a rejeté les produits marocains. Preuve que le ministère de l’Agriculture, l’ONSSA et le Morocco Foodex continuent d’accompagner efficacement les agriculteurs marocains dans leurs opérations à l’export.