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Agriculture

Campagne agricole : Tous les voyants passent au vert

Le secteur agricole renoue avec des perspectives particulièrement favorables, grâce au retour des pluies. Toutefois, derrière cette embellie, les enjeux de souveraineté alimentaire et de résilience restent toujours d’actualité.

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La campagne agricole 2025-2026 serait des plus favorables. Elle serait inscrite dans les annales, surtout après sept années consécutives de sécheresse que le Maroc a subies.

Une année de grand répit que les agriculteurs ont bien accueillie, puisqu’elle a connu des précipitations pluviométriques importantes et bien réparties sur tout le pays.

Au 10 avril, le taux de remplissage des barrages a atteint près de 75%, avec des ressources en eau disponibles s’élevant à 12,7 milliards de m3, soit plus de 100% par rapport à la même période de l’année précédente.

Le ciel était non seulement clément, mais équitable également, puisque les pluies étaient bien réparties entre les différentes régions agricoles.

L’espoir des agriculteurs était ravivé et il l’est encore plus avec ces précipitations du mois d’avril nécessaires pour les cultures céréalières en termes de formation et de remplissage des épis et d’amélioration des rendements.

Mais pas que. Que ce soit pour les grandes cultures d’hiver, pour les maraichers, ou encore les cultures printanières, la campagne agricole afficherait une production record.

D’ailleurs, les prévisions du gouvernement et des autres institutions n’auraient aucun mal à se réaliser.

En effet, la valeur ajoutée du secteur est attendue à 15% par le gouvernement et à 14,4% par
Bank Al-Maghrib, pour une récolte céréalière des trois principales cultures de 82 millions de quintaux, prévue par l’institution. Ce qui devrait enregistrer une progression de 9,2 points par rapport à 2025.

Ces pluies ne profitent pas seulement aux cultures. Elles insufflent une nouvelle dynamique aux nappes souterraines et redonnent de la vigueur aux pâturages. La filière animale n’est pas en reste.

Les précipitations enregistrées depuis octobre 2025, avec une fréquence continue et ininterrompue, ont permis aux parcours naturels de se régénérer et au pâturage de se reconstituer.

Ce qui a été bénéfique aux éleveurs qui ont limité le recours aux produits composés, allégeant donc leur fardeau financier.

Cela, combiné à l’aide directe en faveur des éleveurs, lancée par le ministère de l’Agriculture, contribue fortement à la production animale.

Rappelons que le ministère de tutelle a mobilisé une enveloppe budgétaire de 12,8 milliards de dirhams au profit des éleveurs sur deux années, dans le cadre d’un programme national de reconstitution du cheptel.

D’ailleurs, les derniers chiffres font état d’une forte et large adhésion à ce dispositif, avec 1,15 million d’éleveurs bénéficiaires, au titre de la première tranche, pour un budget mobilisé de 5,5 milliards de dirhams.

Et c’est dans un contexte nettement favorable que se tient la 18e édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), du 20 au 28 avril, sous un format élargi à 9 jours et dont la thématique est «La durabilité de la production animale et souveraineté alimentaire».

L’occasion alors de consolider les stratégies agricoles menées par le Maroc, notamment Génération Green 2020-2030, en matière de renforcement de la souveraineté alimentaire, de restructuration des filières fragiles, d’optimisation de la consommation de l’eau, d’accélération de l’innovation, d’adaptation des cultures au climat sans cesse changeant…

Toutefois, il est un constat. Le Maroc demeure dépendant des marchés internationaux, notamment à la volatilité des coûts des intrants, aux importations des céréales et à l’approvisionnement en aliments de bétail.

Dans un contexte où les crises géopolitiques se multiplient, les chaines d’approvisionnement se perturbent et les coûts de transport atteignent des sommets…, le Maroc devra renforcer le secteur agricole et améliorer la résilience d’un secteur qui constitue l’un des piliers de la sécurité alimentaire et de l’équilibre socioéconomique du monde rural.

Pour la filière céréalière, qui constitue le pivot de la souveraineté alimentaire du pays, la Comader (Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural) et les professionnels du segment ont, lors d’une rencontre, mis en avant la nécessité de réduire la dépendance aux intrants étrangers, dont notamment les semences, tout en accélérant les cycles de multiplication semencière.

D’ailleurs, la stratégie Génération Green prévoit, à l’horizon 2030, de porter à 40% la part des semences certifiées utilisées dans la filière céréalière, et à 50% la part issue de variétés d’origine nationale.

Un autre volet, souvent négligé, est celui des pertes post-récolte. Jusqu’à 40% de la production céréalière se perdrait avant d’atteindre le consommateur, soit près de 20 millions de quintaux par an, alors que la consommation avoisine les 100 millions.

D’où la nécessité de mettre à niveau l’ensemble des infrastructures, qu’il s’agisse de collecte, de stockage ou de logistique, et, mieux encore, une meilleure intégration entre les producteurs, les négociants et les minotiers.

C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’un accord de modération a été conclu entre la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses, le Crédit Agricole du Maroc et la Fédération nationale de la minoterie, portant sur la commercialisation de la production nationale de blé tendre.

Il s’agit d’un engagement conjoint des pouvoirs publics et des professionnels à améliorer l’organisation du marché et les conditions de valorisation de la production nationale, notamment à travers le renforcement des capacités de stockage, l’appui au financement et l’adaptation des mécanismes de régulation.

En définitive, le secteur agricole continue de prouver sa résilience face aux défis environnementaux et poursuit le déploiement des efforts nécessaires pour assurer des chaines d’approvisionnement durables.


Financement agricole : Le CAM au cœur du dispositif de soutien
Le soutien financier au secteur se poursuit, à travers notamment le groupe Crédit Agricole du Maroc qui continue à lui accorder une importance capitale.

Les encours du crédit ont atteint 48 milliards de dirhams, dont 34 milliards de dirhams consacrés à l’agriculture et 14 milliards destinés à l’industrie agroalimentaire.

C’est alors une part de 87% du portefeuille qui est réservée au secteur. La banque intervient sur toute la chaine à travers des crédits d’investissement, de campagne, ou destinés au conditionnement et à la valorisation.

Cela, en plus de l’accompagnement des opérateurs dans leurs opérations à l’international.
Le CAM propose également des financements et un accompagnement aux agriculteurs touchés par les périodes de fortes sécheresses ou d’inondations.