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Agriculture

Al Moutmir 2024-2025 : Semer l’espoir, irriguer l’avenir

Au Maroc, la terre suffoque sous un climat qui cogne. Al Moutmir itinérant 2024-2025 s’invite avec ses 6.500 agriculteurs touchés et ses 30 provinces sillonnées, armé de solutions vertes pour une résilience à prouver.

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Au Maroc, où la terre est à la fois promesse et fardeau, le dispositif Al Moutmir itinérant revient pour sa cuvée 2024-2025 avec une ambition affichée : verdir l’agriculture, la rendre résiliente, durable, et – soyons fous – à l’épreuve du climat qui s’emballe.

Plus de 6.500 agriculteurs croisés, 30 provinces sillonnées, 131 communes rurales dans le radar : les chiffres claquent comme une campagne bien rodée. Mais derrière ces escales provinciales de trois jours, c’est une petite armée de solutions qui débarque, entre science pointue et proximité rugueuse, pour secouer les habitudes des petits et moyens agriculteurs, ces oubliés des grands discours.

Ici, on ne rigole pas avec les mots d’ordre. Fertilisation raisonnée ? Merci les 4R – bonne source, bonne dose, bon moment, bon endroit–, un credo pour ne plus asphyxier les sols. Agriculture de conservation, diversification des cultures, gestion d’une eau qui fout le camp : Al Moutmir coche toutes les cases d’une agriculture qui veut se refaire une santé.

Ajoutez une pincée de mécanisation durable, un zeste de digital – @tmar, Agripedia, ces applis qui rêvent de faire du paysan un geek des champs – et une technologie futuriste, la LIBS (Laser Induced Breakdown Spectroscopy), qui scanne les sols comme dans un blockbuster de SF. Objectif ? Rendre l’agriculteur maître de ses intrants et la terre un peu moins martyrisée par des décennies de forcing.

Mais Al Moutmir, c’est aussi du lien, du vrai. L’atelier Sawlouna Njawboukom (Posez-nous vos questions, nous vous répondons) met les experts au piquet : 1.230 interrogations récoltées lors de 30 séances sans chichi, où les agriculteurs visiteurs – 763 au compteur– vident leur sac et les agronomes jouent les dépanneurs. On est loin des tours d’ivoire de la capitale : ici, on se salit les mains, on parle fort et les idées sentent la sueur.

Enracinons demain, aujourd’hui
Cette année, le dispositif fait peau neuve et voit large. On parle bétail – rationaliser l’alimentation des bêtes quand l’eau et le fourrage se font rares, un casse-tête brûlant sous le soleil qui cogne. On parle irrigation – économiser chaque goutte avec des solutions taillées pour les champs, pas pour les rapports bien proprets.

On parle machines – des prototypes bricolés avec les paysans, pas parachutés par des ingénieurs en costard, pensés pour alléger la pénibilité sans ruiner la planète. Et puis, il y a ce virage inclusif : 417 agricultrices dans la boucle, parce que le rural marocain ne tourne pas qu’avec des moustaches et des voix graves. Avec plus de 150 encadrants – 90 agronomes, 10 experts, 30 accompagnateurs, 50 partenaires distributeurs –, Al Moutmir veut coller aux sillons, pas aux PowerPoint.

Le dispositif ne s’arrête pas là. Nutricrops et les vendeurs d’engrais, avec leurs smart blenders et leurs stocks bien alignés, jouent les entremetteurs pour booster la consommation d’engrais malins. Dix étapes bouclées, 15 coopératives branchées – souvent portées par des femmes –, 319 étudiants des instituts agricoles embarqués pour passer le relais aux générations futures : le tableau a de la gueule. On sent l’élan, cette envie de tricoter un réseau où l’agriculture ne serait plus une bataille en solo face aux éléments.

Pourtant, dans ce Maroc où le thermomètre grimpe et les nappes phréatiques s’effacent comme un souvenir, Al Moutmir ne se contente pas de promettre : il agit, il inspire. Derrière les chiffres bien alignés et les ateliers rodés, les petites exploitations, malgré la sécheresse, les dettes et les espoirs fanés, trouvent un souffle nouveau.

Le dispositif sème à tout-va – des graines, des idées, des prototypes–, et si les vents mauvais du pays soufflent encore, ils n’éteignent pas la flamme. Pour l’instant, le Maroc rural observe, tend l’oreille, s’implique. Et au bout du chemin, porté par ces voix qui chantent la terre et ces mains qui la soignent, un futur plus vert ne se contente pas de germer : il fleurit, audacieux et vivant, prêt à défier les orages d’aujourd’hui pour éclore demain.